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Consolidation et restructuration des portefeuilles en 2015

La rédaction

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L'année qui vient de s'achever a été jalonnée d'opérations de consolidations et de restructuration au sein de l'industrie chimique. Avec au premier plan les acteurs américains qui auront signé la majorité des grandes opérations.

 

JANVIER 
 

  • Chemours est né

Le groupe DuPont a enclenché le processus de spin-off de sa division Performance Chemicals fin 2014. The Chemours Company est officiellement né début 2015 et est introduit à la Bourse américaine en juillet.

 

  • QP et Shell annulent leur complexe

Le projet de 6 Mrds $ porté par QP et Shell au Qatar est annulé. Le complexe d'oléfines Al Karaana est jugé trop gourmand en capitaux.

 

FEVRIER

 

  • Tronox s'empare du carbonate de FMC

L'Américain FMC s'accorde avec son compatriote Tronox pour lui céder sa division Alkali Chemicals, centrée sur le carbonate de soude, dans le cadre d'une transaction de 1,64 Mrd $.

 

  • Yara et BASF investissent dans l'ammoniac

Les groupes norvégien et allemand donnent le feu vert à leur projet d'un complexe d'ammoniac à Freeport, au Texas. Ce projet de 600 M$ permettra à Yara et BASF de disposer fin 2017 d'un complexe américain de 750 000 t/an.

 

MARS

 

  • Arkema investit dans le PEKK

Le chimiste français annonce un doublement de ses capacités de poly-éther-ketone-ketone (PEKK) à Couterne en France pour mi-2016 et une possible construction de capacités à Mobile, aux États-Unis.

 

  • DSM associé avec CVC

Le chimiste néerlandais se désengage partiellement de ses activités Intermédiaires polymères et résines composites, lesquelles sont versées dans la coentreprise NewCo détenue à 65 % par le fonds CVC.

 

AVRIL

 

  • Dow s'associe à Olin pour son chlore

Le producteur américain de chlore et de chlorovinyliques Olin s'engage dans une transaction d'une valeur de 5 Mrds $ pour combiner ses activités avec celles de Dow dans le domaine et créer un leader mondial du chlore.

 

  • Total prévoit de se muscler aux États-Unis

Le groupe français dépose des demandes de permis environnementaux pour un projet de vapocraqueur au Texas, où il détient déjà des capacités d'oléfines aux côtés de BASF à Port Arthur. En septembre, Total annonce le lancement d'une étude d'ingénierie d'avant-projet détaillé.

 

MAI

 

  • Tessenderlo veut construire en France

Le groupe belge annonce un projet de construction d'une unité d'engrais liquides près de Rouen. La mise en service de ce projet estimé à plusieurs millions d'euros est entrevue courant 2017.

 

  • Dow cède Agrofresh

Dow cède le contrôle de sa filiale Agrofresh au fonds Boulevard Acquisition pour environ 900 M$. Cette filiale est spécialisée dans les spécialités à base de 1-méthylcyclopropène.

 

  • Monsanto tente de séduire Syngenta

Le géant américain des semences met près de 40 Mrds € sur la table pour s'emparer du géant mondial des phytosanitaires. Le feuilleton Monsanto-Syngenta va animer tout l'été et agiter fortement le secteur de l'agrochimie, avant le retrait de l'offre fin août face au refus catégorique du groupe suisse.

 

  • Isobutène vert : Global et Cristal Union veulent construire en France

Regroupés au sein de la coentreprise IBN-One, Global Bioenergies et Cristal Union lancent un projet de construction d'une usine inédite d'isobutène vert en France, probablement dans le Nord du pays. La mise en service est envisagée en 2018. Le projet nécessiterait des fonds de plus de 130 M€.

 

JUIN

 

  • Apollo et Platform se partagent OMG

Le fonds Apollo lance une offre de 1 Mrd $ sur l'Américain OM Group. En parallèle, il conclut un accord avec Platform Specialty Chemicals pour lui céder a posteriori deux business units d'OMG focalisées sur les matériaux pour l'électronique dans le cadre d'une transaction de 365 M$.

 

  • Attentat chez Air Products

Le site isérois d'Air Products à Saint-Quentin-Fallavier est la cible d'un attentat le 26 juin. Un employé d'un sous-traitant tente de faire exploser des bouteilles de gaz avec son véhicule. L'acte ne fait aucune victime sur place mais le patron de l'entreprise sous-traitante a été assassiné au préalable. Cet événement inédit en France relance la question de la sécurité et de la sécurisation des sites Seveso sur le territoire.

 

  • PotashCorp se lance à l'assaut de K+S

Le géant canadien des engrais lance un raid hostile sur l'Allemand K+S. L'offre de près de 8 Mrds € ne cessera d'irriter le groupe allemand. Lequel s'échinera pendant plusieurs mois à convaincre ses actionnaires que la proposition est sous-évaluée et manque de garanties. PotashCorp finira par abandonner en octobre.

 

JUILLET

 

  • Explosions criminelles chez LyondellBasell

Deux explosions criminelles secouent le site pétrochimique de LyondellBasell à Berre L'Étang le 14 juillet. Des systèmes de mise à feu sont retrouvés sur deux cuves d'essence et de naphta, et un troisième n'a pas fonctionné. L'enquête n'avait pas encore abouti fin 2015.

 

  • Platform se lance dans l'acquisition d'Alent

L'Américain Platform Specialty dépose une offre de 2,3 Mrds $ pour le Britannique Alent, centré sur les spécialités pour le traitement de surface et les matériaux d'assemblage pour l'électronique. L'occasion pour Platform de rééquilibrer son portefeuille devenu très agrochimique.

 

  • Solvay s'envole avec Cytec

Le géant chimique belge offre 5,5 Mrds $ pour s'emparer de l'Américain Cytec. L'opération, bouclée en décembre, permet à Solvay de se placer comme n°2 mondial des matériaux composites pour l'aéronautique.

 

AOUT

 

  • CF Industries veut convoler avec OCI

L'Américain CF Industries lance une offre de près de 8 Mrds $ sur les activités européennes et américaines d'OCI. L'opération, qui n'était toujours pas finalisée fin 2015, doit permettre de créer un géant mondial des engrais azotés.

 

  • Explosions catastrophiques à Tianjin

Deux explosions massives surviennent dans un entrepôt de produits chimiques au coeur de la gigantesque zone industrielle du port de Tianjin, en Chine. La catastrophe, sur fonds d'irrégularités administratives, a causé la mort de plus de 170 personnes et près de 800 blessés ont été dénombrés.

 

SEPTEMBRE

 

  • Air Products se recentre sur les gaz

Le géant américain des gaz industriels annonce le spin-off de sa division Materials Technologies. Renommée Versum Materials, cette future entité indépendante est centrée sur les matériaux pour l'électronique et les matériaux de performance. Air Products se concentre ainsi essentiellement sur les gaz industriels.

 

  • Lanxess s'allie à Saudi Aramco

En difficulté ces dernières années, le groupe allemand signe avec le géant saoudien un accord pour constituer une coentreprise à parts égales, à laquelle il verse la majorité de ses activités et actifs caoutchoucs, tandis que Saudi Aramco s'acquitterait de 1,2 Mrd € en numéraire.

 

OCTOBRE

 

  • Kraton acquiert Arizona Chemical

Dans le cadre d'une transaction de 1,37 Mrd $, l'Américain Kraton Performance Polymers, spécialiste des polymères et des copolymères blocs styréniques, se lance dans l'acquisition de son compatriote Arizona Chemical, focalisé sur les dérivés du pin.

 

  • Superior Plus reprend Canexus

Les deux groupes canadiens spécialistes des produits chlorés se mettent d'accord pour une fusion. Superior Plus offre environ 930 M de dollars canadiens pour former un leader mondial du chlorate de sodium.

 

NOVEMBRE

 

  • Biométhodes construira dans les Vosges

À travers la coentreprise BioSkog, l'entreprise française Biométhodes projette avec le papetier norvégien Norske Skog de construire une bioraffinerie dans les Vosges d'ici à 2018. Une unité pilote est prévue pour 2016. Le projet est évalué à environ 50 M€.

 

  • Air Liquide lance une offre sur Airgas

Le géant français des gaz industriels propose plus de 13 Mrds $ pour l'acquisition du groupe américain. L'offre est séduisante pour toutes les parties. Airgas pourrait ainsi se désenclaver des Amériques tandis qu'Air Liquide pourrait considérablement renforcer ses positions nord-américaines.

 

DECEMBRE

 

  • Dow et DuPont fusionnent pour mieux se séparer

Les deux géants américains, sous pression de fonds activistes, se lancent dans une fusion à parts égales d'une valeur de 130 milliards de dollars. L'objectif de DowDuPont est de procéder à une séparation fin 2016 pour créer trois acteurs majeurs dans les domaines de l'agrochimie, des matériaux et des spécialités.

INTERVIEW ... Philippe Goebel, président de l'Union des Industries Chimiques (UIC)

Il y a eu plusieurs grands mouvements de consolidation ou de rationalisation dans le secteur en 2015. Doit-on s'attendre à des évolutions similaires en 2016 ?

L'industrie chimique mondiale est très atomisée, contrairement à d'autres grands secteurs industriels dont les poids lourds représentent à eux seuls la quasi-totalité du marché mondial. Dans la chimie, la part de marché du plus gros ne dépasse pas les 3 et 4 % de l'ensemble. D'une part car le secteur est extrêmement varié, d'autre part du fait de la multiplicité d'entreprises de toute taille, des grands internationaux jusqu'aux PME locales. De tout temps, il y a eu des phénomènes de rapprochement, de concentration, même s'ils sont plus fréquents dans les périodes de difficulté économique. Je ne trouve pas que 2015 ait été particulière en termes de fusion-acquisition dans le secteur, à part le rapprochement exceptionnel entre les deux géants américains. Fondamentalement, c'est un phénomène qui existe toujours dans notre industrie, il y a des rapprochements et aussi des spin-off. D'ailleurs DowDupont devrait déboucher sur la création de trois entités cohérentes et homogènes qui voleront de leurs propres ailes. Plutôt que de rechercher la taille absolue, le plus important dans la chimie est d'atteindre la taille critique dans les secteurs où vous êtes actifs.

 

2015 avait plutôt bien démarré pour la croissance de l'industrie chimique, en Europe et en France, mais a marqué le pas au second semestre. Comment envisager 2016 ?

L'année 2014 avait affiché une croissance en volume assez forte. On se doutait bien qu'on ne resterait pas sur cette tendance. Le ralentissement constaté en 2015 est dû, d'une part à une demande en France mais aussi en Europe qui n'a pas été très dynamique. D'autre part, la croissance mondiale en 2015 devrait être autour de 2,5 %, alors qu'elle était plutôt de 3 % ces dernières années. En France, la demande intérieure s'est améliorée dans l'automobile, mais n'est pas repartie dans d'autres secteurs, comme la construction. On a aussi observé un autre phénomène : la croissance des volumes importés. Même si on a réussi, en profitant de la baisse de l'euro, à améliorer les volumes à l'export. Au total on a toutefois continué d'améliorer le solde de nos échanges extérieurs. Au final pour 2015, la croissance aura été atone à cause de ces phénomènes de demande intérieure, de demande mondiale et d'effet de rattrapage après 2014. Pour 2016, en France et en Europe, trois facteurs positifs perdureront : la quasi-parité euro/dollar, des taux d'intérêt extrêmement bas, et des prix de l'énergie plus bas. Mais sur ce dernier point on ne compense toujours pas l'écart avec nos grands concurrents américains. En conservant les facteurs macroéconomiques actuels, avec une croissance en Europe qui continue de progresser pas à pas, je pense que 2016 devrait être une année un peu plus favorable.

 

Les questions énergétiques restent très présentes. Avez-vous le sentiment que l'industrie chimique est mieux entendue ? Et l'accord de la Cop 21 va-t-il dans le bon sens ?

La réponse est oui, aux deux questions ! Depuis trois ans et demi, le comité stratégique de filière Chimie et matériaux nous a donné l'opportunité de faire comprendre aux pouvoirs publics quels étaient les enjeux de la chimie et quel était l'impact du prix de l'énergie sur l'industrie. Nous avons été entendus, aussi bien par les ministres de l'Économie et de l'Industrie que de l'Environnement. Dans la loi de transition énergétique, certains articles s'attachent bien à préserver la compétitivité des industriels électro-intensifs. Le danger actuel serait toutefois de penser que sous prétexte que le prix du pétrole a été divisé par trois par rapport à l'été 2014, il n'y a plus de problème pour la compétitivité de l'industrie chimique en France et en Europe. Il faut continuer de s'assurer que nous disposions de conditions de concurrence équivalentes à nos grands concurrents mondiaux, que les règles du jeu soient identiques pour les secteurs exposés à la concurrence internationale. Au sujet de la Cop 21, j'insiste sur le fait que pour l'industrie chimique, la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique constituent en premier lieu une opportunité. Les innovations pour lutter contre le changement climatique mettent en oeuvre des solutions issues de la chimie. Je prendrai trois exemples : l'allégement des véhicules, l'isolation thermique des bâtiments, ou les énergies renouvelables. L'accord défini lors de la Cop 21 est un succès en soi car il n'était pas évident d'obtenir l'accord de 195 États, prêts à s'engager à maintenir le réchauffement climatique sous la barre des 2 degrés ; de plus une révision des engagements est prévue tous les cinq ans, dans le but d'aller plus loin. Cela permet de penser que, progressivement, les entreprises évolueront dans des contextes de concurrence plus proches. Cela ne va pas se faire en un jour et il faut rester vigilant pour protéger la compétitivité de l'industrie française et européenne mais c'est un pas dans la bonne direction.

Propos recueillis par Julien Cottineau

 

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