Nous suivre Info chimie

Contractions chez DuPont

Julien Cottineau

Sujets relatifs :

, ,

Le géant américain a les yeux rivés vers l'avenir. Un avenir prometteur qu'il doit partager avec son compatriote Dow pour former le mastodonte DowDuPont. Au second semestre si tout va bien, avant d'entamer une séparation en trois poids lourds de l'agrochimie, des matériaux et des spécialités. Et à en croire Edward Breen, le patron de DuPont, cette fusion « est en bonne voie et nous avons commencé à planifier la création des trois business indépendants ».

Cette projection vers l'avenir est certainement saine. Et probablement nécessaire au regard des résultats annuels que le chimiste américain vient de présenter. Car sur ce plan, le bilan est plutôt décevant. Le chiffre d'affaires du groupe, qui évolue désormais sans Chemours, son ancienne division Performance Chemicals, a chuté de 11,5 % en un an, à 25,13 milliards de dollars (22,9 Mrds €). Comme ses concurrents américains, DuPont n'a pas échappé aux conséquences du renchérissement du dollar. L'impact des effets de change est évalué à 8 %. Soit bien plus que les changements de portefeuille (2 %) et les baisses de volumes (3 %). Le groupe de Wilmington accuse des ventes en berne dans toutes les régions du monde. Celles aux États-Unis et au Canada (-6 %, à 10,75 Mrds $) limitent la casse. Dans la zone Asie-Pacifique, elles se sont contractées de 9 %, à 5,62 Mrds $. Au-delà, les chutes sont à deux chiffres. La zone Europe-Afrique-Moyen-Orient affiche des ventes de 6,04 Mrds $, soit un différentiel de 17 % par rapport à 2014, principalement dû, sans surprise, à des taux de change défavorables (-15 %). En Amérique latine, la dégringolade est de 23 %, à 2,71 Mrds $, principalement aussi à cause des devises (-15 %) mais également en raison d'une chute des volumes de 9 %. Là non plus ce n'est pas une surprise au regard de la très difficile conjoncture en Amérique du Sud en 2015, et de la situation très défavorable sur les marchés agricoles pour les agrochimistes internationaux. Lesquels ont été doublement pénalisés par leurs produits devenus chers en raison des taux de change, et par une demande moindre en raison des bons rendements agricoles.
 

Cette situation se reflète évidemment sur le premier segment de ventes de DuPont : la division Agriculture. Laquelle affiche une baisse de son chiffre d'affaires de 13 % sur un an, à 9,8 Mrds $. Avec un impact de 9 % dû aux taux de change et de 6 % aux volumes. Face aux difficiles conditions conjoncturelles, le bénéfice d'exploitation a, de son côté, plongé de 30 % en un an, à 1,65 Mrd $ pour cette division. De loin la plus grande contraction de bénéfice d'exploitation par segment. Après l'Agriculture, la plus affaiblie a été la division Sécurité et protection (-9 %), tandis que plusieurs progressent, en premier lieu la division Électronique et communications (+7 %).

Côté rentabilité, DuPont a également publié un bénéfice par action de 2,77 $, bien plus faible que les 3,36 $ de 2014. Et le résultat net du groupe a plongé de 46 %, à 1,95 Mrd $.
 

Pour 2016, DuPont envisage des perspectives moyennement engageantes. Le groupe prévoit des conditions toujours difficiles sur les marchés agricoles et une croissance plus faible dans les pays émergents. Fin décembre, il avait annoncé le lancement d'un vaste plan de restructuration, dont l'objectif annoncé était de réduire ses coûts annuels de 700 M$ en 2016 par rapport à 2015. L'objectif vient d'être porté à 730 M$. Ces mesures, DuPont les aurait engagées même sans la fusion avec Dow, jure Edward Breen. Mais le mariage à venir incite peut-être à plus redoubler d'efforts.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

[Édito] : L’abominable scénario de 2020

[Édito] : L’abominable scénario de 2020

L’année avait mal commencé. En cause, un ralentissement assez notable de l’économie mondiale en 2019, avec une baisse de la demande dans de nombreux secteurs industriels en aval de la chimie, dont[…]

11/01/2021 | Edito HebdoCoronavirus
[Édito] : Yara chamboule l’ammoniac

[Édito] : Yara chamboule l’ammoniac

[Édito] : Le CIR à double tranchant ?

[Édito] : Le CIR à double tranchant ?

[Édito] : Le double agenda de Thierry Le Hénaff

[Édito] : Le double agenda de Thierry Le Hénaff

Plus d'articles