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Coopérer dans les accidents de transport de matières dangereuses

À Aix-en-Provence, Dinhill On

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Le premier exercice Transaid s'est tenu en novembre à l'École nationale supérieure des officiers sapeurs-pompiers. L'occasion d'illustrer grandeur nature l'organisation et la coopération entre les secours et les industriels.

Démontrer l'engagement des industriels dans le travail de gestion de crise. Tel est l'objectif de l'exercice qui s'est tenu le 25 novembre sur le plateau technique de l'École nationale supérieure des officiers sapeurs-pompiers (ENSOSP) d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Organisé à l'initiative de l'Union des industries chimiques (UIC) en collaboration avec la Direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), cet exercice visait à reconstituer l'organisation des services de secours en cas d'accident de transport de matières dangereuses dans le cadre du protocole Transaid. Il s'agit d'un dispositif d'aide d'industriels de la chimie aux services de secours pour les situations d'accidents hors sites industriels. « Lors d'une situation d'accident, les industriels volontaires peuvent être consultés pour leur expertise en matières dangereuses afin d'opter pour la meilleure solution pour prendre en charge l'accident », décrit Céline Caroly, responsable Environnement et Transport de matières dangereuses à l'UIC. Avant de continuer : « Il existe trois niveaux d'expertise. Le premier niveau comprend du conseil à distance (mail, téléphone). Pour le deuxième niveau d'aide, l'industriel se déplace sur place pour conseiller et aider à la décision. Enfin, le dernier niveau correspond à une intervention de l'industriel sur place, mobilisant des moyens matériels et humains de l'industriel en complément de ceux des sapeurs-pompiers ». Pour le dernier niveau, la dernière mouture du protocole Transaid signée en mars dernier a permis de lever plusieurs freins existants dans la précédente version. « Le nouveau protocole permet aux secours de solliciter une intervention à titre gratuit*. Quant aux industriels sollicités, ils revêtent le statut de "collaborateur occasionnel du service public". Ils sont alors sous la responsabilité de la Direction des opérations de secours (DOS) », explique Céline Caroly. Ainsi, les industriels pourront aussi bien intervenir sur les accidents de transport de matières dangereuses sur route, par voie ferrée ou fluviale. En outre, le protocole Transaid met à disposition des services de secours une base de données recensant les sites industriels pouvant fournir une aide ainsi que les produits chimiques listés par nom ou code ONU.

 

Une intervention coordonnée

 

Dans la pratique, l'exercice effectué sur le plateau technique de l'ENSOSP a permis de déterminer la démarche des services de secours. Le scénario de l'exercice simulait un accident impliquant deux camions citernes transportant des matières dangereuses et un blessé inanimé : le premier de l'acide sulfurique sous forme liquide, le deuxième de l'éthylène gazeux très inflammable. L'accident a provoqué une fuite de la citerne d'acide sulfurique, dégageant des vapeurs toxiques au fur et à mesure qu'il s'écoule sur le sol. Sous l'autorité du Commandant des opérations de secours (Cos), la gestion de l'accident débute par l'intervention d'une cellule mobile de reconnaissance composée de deux sapeurs-pompiers équipés d'EPI adaptés. Ils viennent évaluer la situation sur place et évacuer la personne blessée. Pour éviter tout risque d'explosion par effet thermique, l'équipe met en place un système de rideau d'eau à proximité de la source de chaleur. Non seulement ce dispositif permet de refroidir la citerne en surchauffe, mais elle évite également la propagation des vapeurs toxiques. Après l'installation des premières mesures de précaution, la cellule mobile d'intervention chimique (Cmic) entre en scène. Après une inspection de l'intégrité de la citerne, elle est chargée de remédier à la fuite d'acide sulfurique. D'une part, une cuve est mise sous la citerne afin de récupérer la fuite liquide. D'autre part, la fissure responsable de la fuite est obturée à l'aide de pinoches en téflon. L'équipe d'intervention en profite pour s'emparer des documents à bord du véhicule, en particulier la fiche de données de sécurité, et la « lettre de voiture » identifiant formellement les produits transportés et leur quantité. Après avoir étudié la situation en fonction des produits concernés, les services de secours mettent en place des zones de danger en fonction des conditions climatiques et topographiques et ciblent les éléments à protéger (personnes, biens, etc.). Après sécurisation de la zone, le Cos décide d'activer le protocole Transaid pour prendre en charge le reste des produits chimiques dans les camions-citernes. Ainsi, une équipe comprenant des experts de PetroIneos et d'Air Liquide est dépêchée sur place. L'acide sulfurique est alors vidangé de la citerne accidentée vers un autre poids-lourd de réception. Quant à l'éthylène gazeux, les équipes d'intervention estiment qu'il est trop risqué de le récupérer, et décident de s'en débarrasser sur place via une torchère mobile.

Cet exercice grandeur nature a donc permis de démontrer la pertinence du protocole Transaid pour la gestion des accidents de transport de matières dangereuses. Elle souligne la complémentarité des expertises et moyens déployés pour la gestion d'une situation de crise de ce type. Reste au dispositif d'inclure davantage d'industriels adhérents afin d'enrichir l'expertise et les moyens pouvant être mis en place. Actuellement, Transaid ne recense qu'une centaine d'industriels de la chimie. Sachant que l'objectif est d'étendre l'ensemble du dispositif à l'ensemble du territoire, Transaid a encore de beaux jours devant lui.

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