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Covid-19 : Entretien exclusif avec Pascal Remy, p-dg de SNF

Sylvie Latieule
Covid-19 : Entretien exclusif avec Pascal Remy, p-dg de SNF

© SNF

Alors que des appels à cesser le travail ont été lancés sur les sites chimiques en France pour protéger les salariés de l’épidémie de coronavirus, Pascal Remy, président-directeur général du groupe SNF, en appelle à la raison. Spécialisé dans les produits chimiques pour le traitement de l’eau, le site chimique d’Andrézieux dans la Loire est vital pour le bon fonctionnement des stations d’épuration en France et en Europe. L’entreprise a par ailleurs pris de nombreuses mesures pour assurer la continuité de l’activité en toute sécurité pour ses salariés.

Pouvez-vous présenter le site de production d’Andrézieux ?

Andrézieux est un site qui réalise 800 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 20% du chiffre d’affaires de l’ensemble du groupe qui est de 3,4 milliards d’euros. Ce site qui emploie 1300 personnes est spécialisé dans la production de polyacrylamides. Le traitement de l’eau représente 65% de l’activité sur le site. Les autres marchés se situent dans les domaines de l’hygiène personnelle,  la détergence, le papier et l’oil&gas.

Y a-t-il encore de la demande pour l’ensemble des marchés ?

Pour le moment nous n’avons pas vu de réduction de notre demande mais pour réduire nos effectifs présents sur le site, nous avons procédé à la fermeture des unités pour nous concentrer sur le traitement de l’eau. Par ailleurs, de nombreux collaborateurs ne peuvent plus se rendre sur site, soit parce qu’ils sont en quarantaine de retour de l’étranger, soit parce qu’ils doivent garder leurs enfants scolarisés, soit parce qu’ils ont répondu à des appels à la grève. Nous devons nous adapter au jour le jour.  

Pourquoi est-il si important de maintenir cette activité de production pour le traitement de l’eau ?

La quasi-totalité des stations municipales de traitement d’eau de France et une grande majorité des stations industrielles utilisent les produits de SNF. Ces stations ne peuvent fonctionner sans ces produits et une rupture dans l’approvisionnement engendrerait une crise sanitaire majeure. Un rejet des boues non traitées dans les rivières conduirait non seulement à une catastrophe environnementale endommageant la faune et la flore mais surtout à une pollution des rivières utilisées comme prises d’eau potable par les villes en aval. Les autorités sont bien conscientes du caractère stratégique de nos productions. Un arrêt de notre production serait une catastrophe.

Ces stations d’épuration ne sont-elles pas en mesure de tourner sur leurs stocks ?

Compte tenu de la faiblesse des stocks de produits des différentes stations en France - quelques semaines au mieux -, le site de SNF doit continuer à produire. Ceci est d’autant plus critique que SNF a vu ses commandes augmenter d’environ 60% depuis le début de la crise car tous les clients cherchent à augmenter leurs stocks.

Comment gérez-vous la situation avec des collaborateurs qui manquent à l’appel ?

Comme je l’ai indiqué, seuls les ateliers qui fabriquent des produits pour le traitement d’eau et quelques industries essentielles sont opérationnels. Cela nous a permis justement de réorganiser les équipes de production. Par ailleurs, SNF a décidé très tôt de prendre toutes les mesures permettant d’assurer la continuité de son activité. Les personnels dont la présence sur site n’est pas indispensable restent chez eux. Pour les autres, des mesures barrières sont strictement appliquées et les horaires ont été aménagés pour éviter tout croisement d’équipes. Les salles de contrôle, les vestiaires, les douches ont été régulés en fonction des mesures de distanciation. Du personnel dédié a été désigné pour s’assurer que les mesures sont bien respectées sur l’ensemble du site. Des mesures de nettoyage très strictes sont appliquées : poignées, rampes, écrans, claviers, sont désinfectés deux à trois fois par jour. Du gel hydroalcoolique est mis à disposition dans la limite des stocks disponibles qui diminuent très vite car certains emportent le gel chez eux.  

Rencontrez-vous des problèmes d’approvisionnement en matière première ?

Arkema est l’un de nos principaux fournisseurs. Il nous livre de l’Adame et de l’acide acrylique en provenance de Carling. Nous recevons également de l’acrylonitrile en provenance de Hollande et d’Allemagne. Pour l’instant, nous ne rencontrons pas de problèmes de logistique, sachant que nous sommes livrés et nous livrons principalement par camions.

Participez-vous à l’effort national de la filière chimie en matière de producton de gel hydroalcoolique ?

SNF a commencé à fabriquer du gel hydroalcoolique, le facteur limitant étant la disponibilité de l’alcool. Les premières distributions de gel aux établissements médicaux ont commencé le 23 mars. Enfin, via ses sites Chinois, SNF a commandé des masques FFP2 qui sont distribués au fur et à mesure de leur réception aux hôpitaux de la région stéphanoise. A ce jour SNF a distribué 3500 masques répartis entre le CHU, le HPL, la Clinique mutualiste et l’hôpital de Montbrison.  

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