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Covid-19 : « Les 15 sites de production de Messer en France sont pleinement opérationnels »

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Covid-19 : « Les 15 sites de production de Messer en France sont pleinement opérationnels »

© Messer

Nicolas Denis, président de Messer France, nous explique comment sa société a pu maintenir son activité sur ses sites en cette période de crise sanitaire liée au Covid-19. Selon lui, c’est grâce à une bonne anticipation et à une solide politique HSE.

Info Chimie Magazine : Pouvez-vous tout d’abord rappeler l’activité de Messer en France ?

Nicolas Denis : Messer est une entreprise familiale allemande spécialisée dans la production et la distribution de gaz industriels tels que l’azote, l’oxygène, le dioxyde de carbone, l’argon, le xénon, etc. En France, l’activité a été fondée en 1973 sous le nom d’Airgaz à la suite du rapprochement de plusieurs sociétés. Ce n’est qu’en 1997 qu’elle a adopté sa dénomination actuelle de Messer France. Son activité représente un chiffre d’affaires de 135 millions d’euros en 2019. L’entité française, dont le siège se situe à Suresnes (Hauts-de-Seine), emploie actuellement un effectif d’environ 350 salariés. Grâce à nos implantations (usines de production, sites de remplissage et agences régionales), nous livrons des gaz industriels, alimentaires, spéciaux et médicaux en vrac ou en bouteilles pour différentes industries : agroalimentaire, énergie, traitement de l’eau, métallurgie, médical, etc. Nous disposons également de plusieurs unités de récupération de CO2 implantées sur des sites industriels, notamment à Lavéra (Bouches-du-Rhône), à Lacq (Pyrénées-Atlantiques) ou encore à Nangis (Seine-et-Marne).

Quel a été l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur l’activité de vos sites de production ?

N.D. : L’épidémie de Covid n’a quasiment pas eu d’impact sur notre activité au niveau hexagonal : l’ensemble de nos 15 sites de production en France sont pleinement opérationnels. Cela est notamment le résultat d’une bonne anticipation de nos équipes, nos partenaires et nos clients. Dès janvier, nous avons mis à jour notre plan de continuité d’activité, que nous avons activé fin février. D’ailleurs, début mars, nous avons démarré avec succès l’activité de conditionnement d’oxygène médicinal (bouteilles et cadres de bouteilles) de notre nouvel établissement pharmaceutique fabricant situé sur notre site de Saint-Georges d’Espéranche (Isère), et ce, dans un contexte de forte demande pour ce médicament. Les principales difficultés ont été rencontrées par les chauffeurs pour le transport, en particulier les premières semaines qui ont suivi le confinement (conditions d’accès aux sites clients non précises, aires d’autoroute fermées…). Le cas échéant, nous avons aménagé des espaces sur nos sites pour pouvoir les accueillir et leur permettre de se restaurer en appliquant les gestes barrières et des mesures d’hygiène strictes. Nous continuons d’être en contact permanent avec nos partenaires de transport pour que les chauffeurs puissent effectuer leurs missions dans les meilleures conditions.

Comment vous êtes-vous concrètement organisés pour maintenir cette production ?

N.D. : Notre plan de continuité d’activité nous a permis de rapidement mettre 3/4 de nos effectifs en télétravail, en particulier pour les fonctions administratives, les ressources humaines, commerciales, etc. Et en ce qui concerne les opérations sur site, nous avons réorganisé nos ateliers de telle sorte que les mesures barrières et de distanciation puissent être respectées. Pour maintenir le niveau de production, nous avons multiplié les rotations d’équipes. Nous avons aussi renforcé nos effectifs avec quelques intérimaires pour le conditionnement de bouteilles et formé des équipes supplémentaires dédiées à la préparation des bouteilles d’oxygène médicinal pour faire face à la hausse de la demande ou remplacer une personne si besoin. Je tiens à saluer chaque collaborateur pour son engagement lors de cette période. Chaque personne travaillant chez Messer France a conscience que l’entreprise a une activité essentielle au fonctionnement d’autres secteurs industriels.  

Avez-vous constaté des répercussions de l’épidémie de Covid-19 sur les commandes de gaz industriels ?

N.D. : Effectivement, la crise sanitaire actuelle a eu des répercussions sur la demande en gaz industriels. Si le volume de commandes s’est maintenu dans les secteurs de l’énergie, de l’agroalimentaire ou encore du traitement de l’eau, la métallurgie et l’automobile ont fortement réduit leur demande de gaz en vrac. En revanche, la consommation du secteur médical a augmenté de 30 % en moyenne, avec des pics de l’ordre de 200 à 300 %. Pour ce qui est des gaz en bouteilles, il y a eu une baisse de l’ordre de 30 % dans l’industrie. Sur le panel de gaz vendu, Messer a pu constater bien évidemment une hausse de 30 % puis un plateau pour l’oxygène médical. En ce qui concerne l’approvisionnement, nous n’avons pas eu de souci particulier, la matière première utilisée pour fabriquer la plupart de nos produits étant l’air qui nous entoure. Par ailleurs, nous constatons une légère reprise ces derniers jours et nous n’avons pas de crainte particulière pour l’avenir. Mais les répercussions des effets économiques de l’épidémie pourraient être visibles en 2021 et donc retarder la reprise de certains secteurs comme l’aéronautique, la métallurgie ou encore l’automobile.

 

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