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Covid-19 : "La France ne manquera pas d’alcool pour fabriquer du gel hydro-alcoolique" - SNPAA

Sylvie Latieule
Covid-19 :

© SNPAA

L’alcool agricole est un produit aux multiples usages. Dans les gels hydro-alcooliques, il est apprécié pour son pouvoir désinfectant capable de tuer le coronavirus. Détails avec Sylvain Demoures, secrétaire général du Syndicat national des producteurs d'alcool agricole ou SNPAA.

Pouvez-vous présenter brièvement le SNPAA ?

Le SNPAA  rassemble l’ensemble des producteurs industriels d’alcool agricole situés en France. La production française d’alcool d’origine agricole - betterave, céréales - représente 25% de la production européenne et est destinée, pour les 60%, au marché des biocarburants (bioéthanol) et, pour 40%, aux usages traditionnels de l’alcool, dans l’alimentaire, la chimie, la pharmacie et la parfumerie. Notre syndicat a pour vocation de promouvoir les intérêts professionnels de ses membres.

Quelle différence y a-t-il entre un éthanol carburant et un alcool pharmaceutique ?

L’alcool éthylique pour la pharmacie subit une étape supplémentaire de distillation, appelée rectification. Cela permet d’enlever l’odeur et le goût pour aller sur les marchés de la pharmacie, de l’hygiène mais aussi de l’agroalimentaire.

Quelle est aujourd’hui la disponibilité en alcool pour la pharmacie et en particulier pour la production de gel hydro-alcoolique ?

L’alcool pour la fabrication des gels hydroalcooliques est un marché à petit volume qui est, en temps normal, de l’ordre du pourcent des débouchés. Néanmoins, étant donné que, avec le confinement dans deux nombreux pays, des marchés comme ceux des carburants ou de la parfumerie et des spiritueux se sont effondrés, des volumes très importants peuvent être réorientés vers la fabrication d’alcool pharmaceutique. C’est ce que font les deux grands producteurs d’alcool français que sont Tereos et Cristal Union, avec des volumes livrés multipliés par 5, ainsi que Ryssen Alcools. Il n’y a donc pas de rupture d’approvisionnement à craindre sur l’alcool, dans les conditions actuelles. Il faut juste le temps d’ajuster la montée en charge des colonnes de rectification et la mise en place des chaines d’approvisionnement.

Qu’en est-il de la disponibilité de la matière première, à savoir la betterave à sucre, sachant que l’on n’en récolte pas toute l’année ?

La campagne sucrière pendant laquelle on transforme la betterave en sucre, en alcool et en sirops de sucre, ne dure que de septembre à janvier. Pourtant, les usines de production d’alcool tournent toute l’année car, hors de la campagne, elles utilisent ces sirops de sucre qui ont été stockés. Par ailleurs, la betterave n’est pas la seule matière première utilisée pour produire de l’éthanol puisque l’on peut aussi partir du blé ou du maïs. Ces céréales ont aussi l’avantage de pouvoir être stockées et travaillées toute l’année. Cristal Union, Tereos, Roquette et Vertex ont des lignes de production sur base céréales.

 

 

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