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Croissance “senior” pour la pétrochimie française

Cédric Ménard
Pas de révolution dans la pétrochimie française en 2005. Mais des évolutions significatives. Jean-Louis Besson, président du Scob (Syndicat de la chimie organique de base) et de Total Petrochemicals France, a tiré un bilan plutôt positif pour le secteur, qualifiant toutefois sa croissance de « senior ». Un qualificatif qui devrait rester valable dans l'avenir. La production d'éthylène en France est en progression de 1 % à 1,7 Mt/an sur 2005, contre une croissance de 2,7 % en Europe (3,8 Mt/an), notamment en raison des grands arrêts des vapocraqueurs de Carling et de Gonfreville. Pour le propylène, la situation est plus dynamique: avec une hausse de 3 %, « la production a retrouvé son bon niveau de 2003 », estime J.-L. Besson.
Une hausse qui est plus forte au niveau des raffineries (+ 4,2 %) que des vapocraqueurs (+ 1,4 %), « ce qui confirme l'intérêt d'un propylène différencié de l'éthylène », souligne le président du Scob. Pour ces oléfines, l'autre évolution s'est située au niveau de leur prix relatif. Traditionnellement plus bas que ceux de l'éthylène, les prix du propylène font jeu égal, depuis la fin 2005. Les prix spot du propylène ont même parfois dépassés ceux de l'éthylène. Une évolution liée à la vivacité de la demande en aval du propylène (oxyde de propylène et acryliques). Bien entendu, les prix de ces produits ont également fortement progressé en 2005, avec la flambée du pétrole, et donc du naphta: leurs niveaux sont supérieurs de 135 % à la moyenne enregistrée entre 1994 et 2004. « Un schéma qui a totalement pris à contre-pied les pétrochimistes », explique J.-L. Besson. Notamment au troisième trimestre, où la hausse des prix du naphta, fixés quotidiennement, a été plus forte que ce que les producteurs d'éthylène avaient anticipé pour les prix contrat, fixés chaque trimestre. « Ce problème de concordance des temps est un vrai souci pour les industriels », souligne J.-L. Besson, tout en reconnaissant que pour le moment, aucune solution ne se profile, même si ce point fait l'objet d'intenses discussions. D'autant qu'en aval, la répercussion de la hausse des matières premières au long des chaînes de dérivés « devient de plus en plus difficile », avance le président du Scob. Autre nouveau paradigme, les prix du naphta décrochent progressivement de ceux du brut. En 2005, leur ratio a tourné autour de 8, alors que ce rapport est traditionnellement plus proche de 10.
Quant aux perspectives, aucune capacité supplémentaire n'est dans les cartons. Les extensions se font ailleurs en Europe. Et uniquement par dégoulottage. Les industriels français travaillent leur compétitivité en modifiant leurs installations pour qu'elles puissent être alimentées avec un plus large panel de charges, afin de jouer sur les prix des différentes matières premières. « Il existe pourtant des opportunités sur les deux grands bassins pétrochimiques français, proches des marchés, mais elles nécessitent tout d'abord leur connexion au réseau européen de pipelines européens », estime-t-il. Autres dossiers importants pour le secteur, le nécessaire toilettage de la réglementation française, en prévision de la mise en place de Reach, et surtout la formation. Car le secteur va devoir « renouveler tous ses personnels dans les cinq prochaines années », avertit J.-L. Besson. Cédric Ménard

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