Nous suivre Info chimie

« De plus en plus d'industriels s'adressent à nous »

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

Sujets relatifs :

, ,
« De plus en plus d'industriels s'adressent à nous »

Hervé Grimaud, directeur général de Récylum.

Créé en 2005 en parallèle de la publication de la réglementation européenne DEEE, l'éco-organisme Récylum prend son essor dans la collecte et le traitement des équipements électriques et électroniques professionnels. Hervé Grimaud, son directeur général, détaille son positionnement.

Comment est né Récylum ?
 

Hervé Grimaud : Récylum est né en 2005 avec la réglementation européenne sur les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE ou D3E). Ce texte incarne la responsabilité élargie du producteur. Dans le cadre de la protection de l'environnement, la responsabilité des fabricants a été étendue du produit à la gestion de sa fin de vie. Les détenteurs d'équipements électriques usagés peuvent les faire reprendre gratuitement car la collecte et le traitement sont payés dans le prix d'achat des équipements neufs depuis 2005. C'est ainsi que les particuliers ont la possibilité de ramener les équipements électriques en magasin ou de les faire enlever gratuitement lors de la livraison du neuf. Pour les professionnels, c'est la même chose. Ils ont la possibilité de faire appel soit au fabricant de l'équipement, soit à un éco-organisme.

 

Pouvez-vous présenter Récylum ?
 

H.G. : Récylum est un éco-organisme, c'est-à-dire une organisation à but non lucratif, agréé par arrêté ministériel. Nous sommes financés par les fabricants d'équipements électriques et électroniques qui ont choisi d'agir collectivement au sein d'un éco-organisme. Les autres fabricants de ces matériels s'occupent eux-mêmes de la collecte des équipements usagés issus de leurs ventes. En France, il existe trois éco-organismes pour la collecte et le traitement des DEEE. Les deux autres sont plutôt orientés vers les déchets électriques des particuliers. Récylum est spécialisé sur les DEEE des professionnels. Nous intervenons dans toutes les sociétés et les industries.

 

Quels sont les avantages de faire appel à Récylum ?
 

H.G. : Les détenteurs qui nous confient leurs équipements électriques usagés ne paient rien. Pour eux, c'est d'abord une source d'économie car ils n'ont plus à stocker ces équipements ou à payer un prestataire pour les évacuer. Cela leur assure également une sécurité juridique à l'industriel qui est responsable du recyclage de ses équipements, sauf quand il les confie à un éco-organisme. Enfin, nous garantissons un traitement de l'équipement respectueux de l'environnement, ce qui est intéressant dans le cadre de politique RSE. Nous ne sommes pas des prestataires de recyclage mais nous prenons en charge la responsabilité complète du traitement, c'est-à-dire la dépollution et le recyclage des équipements électriques.

 

Quels sont les équipements concernés ?
 

H.G. : Un industriel peut faire appel à Récylum pour l'ensemble des équipements électriques des bâtiments comme les éclairages, les éléments de détection incendie... Nous intervenons également pour les équipements électriques de l'industrie, notamment les moteurs de porte industrielle, les pompes, les électrovannes, les automatismes de commande et contrôle de process, les outils de mesure et de maintenance... Sont aussi concernés les équipements électriques de la recherche, avec par exemple les instruments de mesure et les agitateurs et centrifugeuses. Enfin, nous collectons les équipements électriques du médical, en allant des ordinateurs de traitement de données de patients à des IRM.

 

Qui sont vos adhérents ?
 

H.G. : Nous avons aujourd'hui plus de 1 400 sociétés adhérentes. Il s'agit de fabricants d'équipements électriques. Il y a notamment 3M, Sartorius Stedim Biotech, Axflow, Schneider Electric... Il a fallu que les fabricants comprennent leurs obligations et se tournent vers Récylum. Depuis 2012, les choses se mettent en place. Aujourd'hui, fort de cette base d'adhérents, nous communiquons sur notre service d'enlèvement gratuit.

 

Vous avez conclu en 2014 un accord avec le Comité interprofessionnel des Fournisseurs du laboratoire (CIFL). Comment cela se traduit-il ?
 

H.G. : Les syndicats professionnels ont un rôle important à jouer. Un certain nombre de syndicats nous ont rejoints. À l'exemple du Snitem et du Gimélec. Ils nous aident à bien comprendre les enjeux de leur secteur. Mais les relations contractuelles ne sont signées qu'avec les fabricants directement.

 

Qu'en est-il de l'industrie chimique et pharmaceutique ?
 

H.G. : Des sociétés comme Solvay, Bayer, font appel à nous pour les débarrasser des équipements dont ils n'ont plus besoin. Nous sommes parfois confrontés à des équipements qui ont été en contact avec des produits dangereux. Il y a des précautions à prendre. Nous avons ainsi identifié des types d'équipements qui en nécessitent, c'est le cas par exemple des sorbonnes dans les laboratoires. Pour les autres, nous demandons aux industriels de nous indiquer les risques potentiels ou de réaliser une décontamination si nécessaire. Les équipements électriques se trouvent dans toutes les industries. Il n'y a pas de particularité insurmontable dans la chimie.

 

Une fois collectés, que deviennent ces DEEE ?
 

H.G. : En tant qu'éco-organisme, nous gérons la collecte et le traitement en faisant appel à des sous-traitants. Nous mettons ainsi en place des filières de recyclage. Le traitement de ces DEEE a pour objet la protection de l'environnement et des ressources. Nous voulons donc éviter que des polluants ne soient pas traités et faire en sorte de récupérer un maximum de matière pour les recycler.

 

Quels sont les objectifs fixés pour Récylum ?
 

H.G. : Nos objectifs reposent sur le taux de collecte et le taux de recyclage. Le taux de collecte est le rapport entre les quantités d'équipements vendus et ce que nous collectons. Nous visons un taux de collecte de 65 %, contre 20 % actuellement. Nos adhérents nous financent sur une base de 70 000 tonnes d'équipements vendus chaque année. Cette année nous devrions atteindre 20 000 tonnes de DEEE collectés, soit le double de 2015. Nous sentons une montée en puissance de la collecte. Avec un taux de recyclage de plus de 80 %, nous sommes au-dessus de l'objectif réglementaire. Pour autant nous continuons de travailler sur l'amélioration des performances de recyclage. Par ailleurs nous finançons des travaux de R&D dans le domaine de la récupération des métaux stratégiques pour les industriels.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Metron contribue à « l'intelligence énergétique » des industriels

Metron contribue à « l'intelligence énergétique » des industriels

L'entreprise technologique Metron a développé une solution d'intelligence artificielle au service de la performance énergétique. Elle permet à l'industriel de s'inscrire dans l'usine 4.0[…]

25/02/2019 | Génie des procédésZoom
Les coraux digèrent mal l'octocrylène

Les coraux digèrent mal l'octocrylène

Axelera en route pour la phase IV

Axelera en route pour la phase IV

Les micro-organismes d'Agrauxine améliorent la santé des plantes

Les micro-organismes d'Agrauxine améliorent la santé des plantes

Plus d'articles