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Des liaisons covalentes entre support et revêtement

Aurélie Dureuil

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FICHE D'IDENTITE DE PEGASTECH

Création en juillet 2009

Effectifs : 6 personnes

Spécialité : Greffage d'un film organique mince et uniforme grâce à un amorçage chimique sur tout type de supports.

Financements : aides diverses : 800 000 euros

Capital : 40 000 euros

CA 1e année : 500 000 euros

Levée de fonds début 2011 : 1,5 M€

Des liaisons covalentes entre support et revêtement

Pegastech peut traiter les fibres de carbone.

© Pegastech

La jeune société Pegastech propose des technologies permettant de fonctionnaliser un grand nombre de surfaces avec un procédé plus « vert ».

Les polymères, le verre, le bois, le téflon... Tout est bon pour Pegastech. Créée en juillet 2009, la société propose d'apporter des fonctions telles que la métallisation sur différents supports habituellement difficiles à travailler. « La caractéristique principale de notre technique de traitement de surface est de ne pas proposer un dépôt comme pour la peinture mais la création d'un lien chimique extrêmement fort puisqu'il s'agit d'une liaison covalente », se félicite Christian Maennel, directeur général délégué et cofondateur de Pegastech. La société s'est créée autour du procédé Graftfast développé par une équipe du Laboratoire de chimie des surfaces et interfaces (LCSI) de l'Institut du rayonnement matières de Saclay (Iramis) au sein du CEA. Équipe dont faisait partie Sébastien Roussel, cofondateur et p-dg de Pegastech. Ce procédé permet le greffage d'un film organique mince et uniforme grâce à un amorçage chimique. L'entreprise francilienne a signé des licences exclusives mondiales sur les 11 brevets détenus par le CEA.

Parmi les deux principaux marchés visés, on note la métallisation des surfaces plastiques. « Les industries comme celle de l'automobile ou de l'aéronautique essaient de réduire l'utilisation de métaux en les remplaçant par des plastiques métallisés. La méthode généralement mise en œuvre est la galvanoplastie qui requiert un amorçage électrochimique. Or les plastiques ne sont pas conducteurs. Ils utilisent des produits toxiques et chers comme le chrome hexavalent pour permettre la réaction », note Christian Maennel. Pegastech propose de remplacer les étapes d'attaque sulfochromique et d'activation par un bain de palladium, par un trempage unique dans un solvant protique comme l'eau avec un primaire d'adhésion tels que les sels d'aryles diazonium et un monomère différent du primaire d'adhésion. La société qui annonce avoir passé les tests de l'industrie automobile en termes de résistance compte des premiers contrats avec des sous-traitants de l'industrie aéronautique et automobile. Pegastech s'adresse également au marché cosmétique avec des applications dans les bouchons de flacons de parfums.


La technologie Graftfast repose sur des étapes de trempage.
copyright Pegastech

 

 

Un autre marché intéresse les équipes de Pegastech : les dispositifs médicaux. « Pour qu'un piston glisse, il faut lubrifier les surfaces. Pour les seringues médicales, les fabricants utilisent un spray avec un liquide à base de silicone. Or, cette matière n'est pas fixée sur la surface. Elle risque de passer un peu dans le traitement et également de réagir avec le principe actif », souligne Christian Maennel qui reste discret sur les applications. Le procédé de Pegastech permet de fixer la matière lubrifiante sur la surface du piston et de la seringue. « La quantité de lubrifiant peut être réduite, indique le dirigeant. Des études ont révélé qu'avec notre technique, le système relargue 50 fois moins de lubrifiant que les produits classiques. De plus, la performance du piston est améliorée d'un facteur 3. » La fonctionnalisation des matériaux ne s'arrête pas aux dispositifs médicaux. La société indique pouvoir travailler avec « tous les plastiques », même les polyamides (PA) et polysulfure de phénylène (PPS) qui « demandent un peu plus de traitement », mais également d'autres matériaux comme le bois et le verre, selon Christian Maennel. Et les fonctions apportées sont également diverses. Outre la métallisation et la lubrification, Pegastech cite l'hydrophilie et l'hydrophobie. Pour toutes ces applications, la société propose des prestations d'ingénierie pour développer la solution industrielle correspondant à l'application puis aider ses clients à l'installer dans l'usine. Pegastech commercialise ensuite les consommables. « La solution repose sur des trempages, des contrôles de temps de trempage, etc. Ensuite, nous vendons les solutions concentrées permettant les trempages par bidons de 25 litres pour les étapes de tests puis par conteneur de 1 m3 », indique le directeur général délégué.

Pour sa première année d'exercice, Pegastech devrait enregistrer un chiffre d'affaires de 500 000 euros. « Nous avions la particularité d'avoir des clients dès la formation de la société », se félicite Christian Maennel qui espère atteindre le million d'euros de résultat dès l'année prochaine et poursuivre avec « une croissance extrêmement forte les années suivantes ». Le dirigeant indique que ses clients sont « des PME qui font du traitement de surface ainsi que quelques groupes importants dans l'aéronautique et des grands groupes dans le biomédical ». Et si les industriels intéressés sont essentiellement français, Pegastech entend s'ouvrir à l'export. « Dès 2011, nous allons nous développer en Europe et notamment en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne. Nous nous appuierons sur des agents et des distributeurs. Un peu plus tard, nous irons au Japon et au États-Unis », dévoile Christian Maennel. Pour appuyer cette stratégie, la société prépare une levée de fonds d'environ 1,5 million d'euros et qui devrait être bouclée au printemps 2011. Des fonds qui permettront également de poursuivre les développements de la technologie. Le dirigeant cite de nouvelles applications grâce à l'apport de fonctions bactéricide, biocide ou anticorrosion.

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