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Discrètes majors

Julien Cottineau

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Les majors du pétrole n'ont pas l'habitude de s'épancher sur les résultats de leurs activités chimiques et pétrochimiques. Chaque hiver, à l'heure des bilans financiers annuels, les géants du secteur se concentrent plus sur leurs opérations de production et d'exploration, lesquelles, on en convient, représentent le coeur principal de leurs activités. Comme ses pairs, Total n'a pas dérogé à cette tendance à la discrétion. Mais on a connu le géant pétrochimique français plus disert sur les performances de ses activités chimiques. Pour 2017, disons le tout net, Total n'a quasiment rien détaillé.
 

Le groupe n'a dévoilé que quelques chiffres pour sa division Raffinage-Chimie sans distinguer entre ces deux activités intégrées, comme c'est son habitude depuis quelques années. Le produit des ventes s'est établi à 99,34 milliards de dollars (environ 81 Mrds €) en 2017, soit une progression de plus de 18 % sur un an. Le résultat opérationnel net ajusté a atteint 3,79 Mrds $. Ce qui marque un repli de 10 % en un an, sous l'effet combiné de l'impact de l'ouragan Harvey à la fin de l'été dans le Golfe du Mexique (CPH n°812), des travaux de modernisation de la gigantesque plateforme raffinage-chimie d'Anvers, en Belgique (CPH n°824), et de la finalisation de la cession d'Atotech (CPH n°777). Total évoque aussi des « résultats de négoce en retrait en raison de l'évolution du marché en backwardation ». Enfin, le groupe souligne une marge brute d'autofinancement de 4,76 Mrds $, en léger retrait de 2 % par rapport à 2016. Mais rien de plus.
 

C'est finalement assez décevant alors que Total, doté de capacités pétrochimiques de plus de 21 millions de tonnes par an sur la planète, a engagé l'an dernier de grands projets. En Corée du Sud, sur sa plateforme de Daesan partagée avec Hanwha, le groupe français a annoncé deux projets majeurs : d'un côté un investissement de 450 M$ pour augmenter de 30 % les capacités d'éthylène, de l'autre un effort de 300 M$ pour élever de 50 % celles de polyéthylène (CPH n°826). Aux États-Unis, Total a aussi nettement progressé l'an dernier sur son projet de vapocraqueur sur base éthane au Texas. Non seulement le groupe français oeuvre désormais avec deux partenaires, Nova Chemicals et Borealis, mais un projet d'une vaste unité de polyéthylène s'est ajouté aux ambitions, dans le cadre d'un investissement global de plusieurs milliards de dollars (CPH n°796).
 

Les autres grands acteurs ont parfois donné un peu plus d'indications que le champion français. Le leader américain ExxonMobil a fait part d'un bénéfice en recul de 2 % pour sa division Chimie, à 4,52 Mrds $, sous l'effet de marges moindres. Les bénéfices aux États-Unis se sont accrus de 16 %, à 2,19 Mrds $, principalement grâce à la réforme fiscale américaine, tandis qu'ils ont flanché de 15 % à l'international, à 2,33 Mrds $. En termes de ventes, ExxonMobil a fait part de volumes de 25,4 millions de tonnes en 2017, contre 24,9 Mt en 2016. De son côté, le géant BP a publié un bénéfice avant impôts et intérêts qui a presque triplé en 2017, à 1,08 Mrd $, pour sa division pétrochimique, soulignant une forte optimisation des marges. Sa production est passée, en parallèle, de 14,2 Mt en 2016 à 15,29 Mt en 2017. Enfin, Shell, qui s'est réjoui d'un environnement amélioré l'an dernier, a publié des bénéfices en hausse de 56 % pour ses activités chimiques, à 2,62 Mrds $, et des volumes de ventes en progression de 5 %, à 18,24 Mt en 2017.

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