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Dow et Evonik ont célébré les 60 ans de Lauterbourg

Par Sylvie Latieule

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Quelque 850 personnes ont participé à une journée Portes ouvertes, le 8 septembre dernier, pour fêter les 60 ans du site alsacien. Une occasion pour Dow d'annoncer un investissement de 7 millions d'euros dans un Steam Stripper, permettant d'abattre la teneur en COV de latex.

Créé en 1958 par la société Minoc, filiale de Rohm and Haas, le site chimique de Lauterbourg en Alsace a fêté ses 60 ans, le 8 septembre dernier, à travers l'organisation d'une journée Portes ouvertes à destination principalement des salariés et de leurs familles et des anciens collaborateurs. « À l'époque, cette localisation a été choisie en raison de son accès à une voie fluviale, et parce qu'il y avait un début d'installation d'une zone industrielle », explique Jean-Philippe Meyer*, directeur du site de Dow. Le site, qui se situe sur les bords du Rhin, est presque frontalier avec l'Allemagne. Puis, en 2009 et l'acquisition de Rohm and Haas par le groupe Dow, le site a été placé sous la direction de Dow France. Mais Dow n'est pas le seul acteur à opérer dans l'enceinte de l'usine. Un autre grand nom de la chimie est présent dans ces murs depuis 1996. Il s'agit de son confrère allemand Evonik, au travers de sa division Evonik Oil Additives. Tout avait commencé avec la création de Rohmax, société commune entre Rohm and Haas et Röhm GmbH. Cette dernière avait fini par être absorbée par Degussa, lui-même devenu Evonik. C'est justement pour se plonger dans cette histoire complexe du site qu'une exposition photo, rétrospective des soixante dernières années de l'usine, a été organisée. En parallèle, un espace montrant les applications des produits actuellement fabriqués a pu être proposé. Et au total, cette journée portes ouvertes a pu accueillir quelque 850 participants.

Dow propriétaire, Evonik locataire

Au fil des années, les propriétaires se sont donc succédé, et les fabrications ont changé : des résines échangeuses d'ions aux produits phytosanitaires, des esters aux polymères acryliques, mais toujours dans une perspective de croissance. Aujourd'hui, quelque 300 salariés sont employés par les deux sociétés : 250 pour Dow et 50 pour Evonik. Dow est le propriétaire du site. Evonik est locataire. Les deux groupes sont liés par un contrat de location et un contrat de services qui permet à Evonik de bénéficier de prestations de sécurité, de maintenance, de logistique, ainsi que de la fourniture d'utilités et d'énergie. Sur le site, Dow opère désormais deux lignes de production. La première ligne produit des latex acryliques, pour les marchés des vernis, des peintures décoratives, de l'imagerie digitale, de la fabrication du cuir, du papier et des textiles tissés et non-tissés... La deuxième fabrique des agents de mise en oeuvre et des modifiants-chocs pour améliorer les performances du PVC et des plastiques techniques, utilisés principalement dans l'emballage, l'automobile, le bâtiment et les biens de construction, également basés sur une chimie des acryliques. Toutes ces productions ont la particularité d'être proposées sous forme de poudre. Latex et additifs sont donc séchés par atomisation avant d'être livrés sous forme de vrac ou en GRV pour les premiers, ou sous emballage pour les seconds. À l'occasion de cet événement, les partenaires externes et le management de Dow ont par ailleurs procédé à la pose de la première pierre d'un nouvel atelier qui abritera un Steam Stripper. Par le biais d'un nettoyage à la vapeur, cet outil est destiné à réduire la teneur en COV des latex. Et il aura la capacité de traiter 40 000 tonnes par an de produits. « Cet investissement de près de 7 millions d'euros représente une évolution significative de notre capacité de production et de ses perspectives de croissance », a ajouté Jean-Philippe Meyer. Ces latex pourront ensuite entrer dans la formulation de peintures décoratives à faibles émissions, sans odeur, notamment des références qui ont la capacité de capturer et de neutraliser certains polluants de l'air intérieur.

La chimie de spécialités à l'honneur

Pour sa part, Evonik réalise sur le site deux types de productions : une production d'esters qui sont ensuite utilisés pour produire des polymères qui deviendront des additifs pour lubrifiants dans l'automobile ou l'éolien. Denis Schmitt, directeur d'Evonik à Lauterbourg, assure que les capacités et volumes de production ont doublé en vingt ans. « En 2003, un projet d'extension nous a permis de passer de 2 à 6 lignes de polymérisation. Nous avons complété notre gamme de lubrifiants avec des bases synthétiques pour engrenages d'éoliennes, des additifs pour réduire la consommation de carburant des voitures, ce qui diminue ainsi les rejets en CO2, des agents de déparaffinage, des polymères pour l'extraction pétrolière... », liste le directeur. Dans cette usine, Evonik réalise un vrai métier de chimiste de spécialités avec plus de 100 références produits, basés sur la chimie des polyalkylméthacrylates (PMMA). Chez Evonik, il n'y a pas de projet d'investissement annoncé, mais le directeur assure que les capacités sont toujours en croissance. En 2016, un projet de TPM (Total Production Management) a permis d'améliorer la production. Un projet de dégoulottage est dans les cartons pour le 1er semestre 2019.

Cette journée anniversaire a été l'occasion de rappeler les bonnes relations que Dow tisse avec sa région et son fort engagement en matière d'éducation. « Nous avons des initiatives dans nos deux sociétés à l'attention du collège de Lauterbourg et des lycées de Wissembourg », assure Jean-Philippe Meyer. Il ajoute que sa société, Dow, a noué en 2013 un partenariat mondial avec l'École européenne de chimie, polymères et matériaux (ECPM) de Strasbourg. « Depuis six ans, nous avons également développé l'apprentissage. Chaque année, nous arrivons à encadrer une dizaine d'apprentis et d'alternants, depuis l'opérateur jusqu'à un niveau de master, dans des métiers divers qu'en logistique, laboratoire, production et sécurité », a ajouté le dirigeant, qui estime que le site a encore de beaux jours devant lui. Pour Dow, les unités de Lauterbourg sont les plus importantes d'Europe pour ce type de production. Chez Evonik Oil Additives, la stratégie est de déployer une usine par continent. Avec une gamme de produits quasi-complète, Denis Schmitt explique que Lauterbourg reste assez unique dans le dispositif productif d'Evonik. ?

* Depuis cet interview, Jean-Philippe Meyer est devenu directeur du site de Wiesbaden. Il a cédé son poste à Fabrice Jerineck.

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