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Dow fait une croix sur son chlore

Julien Cottineau

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Une page de plus d'un siècle se tourne. Comptant parmi les leaders mondiaux du secteur, Dow Chemical s'apprête à se détourner des activités chlore/soude et chloro-vinyliques.

Le bloc que le géant américain met en vente, et qui regroupe aussi les activités époxy et saumure, représente 5 milliards de dollars (3,7 Mrds €) de ventes annuelles ! Soit près de 10 % de son chiffre d'affaires 2012 (56,8 Mrds $). En octobre, Dow avait annoncé qu'il comptait céder encore pour 3 à 4 Mrds $ d'actifs au cours des deux prochaines années. Finalement, le potentiel s'avère supérieur. Ces activités jugées désormais non-stratégiques sortiraient de son périmètre d'ici 12 à 24 mois. Toutes les alternatives sont explorées pour cet ensemble qui regroupe 40 unités sur 11 sites industriels dans le monde, et près de 2 000 salariés. Les activités pourraient être vendues en un seul bloc ou en plusieurs parties. Coentreprises et spin-off ne sont pas à exclure. En tout cas, Dow ne sera pas du genre à brader comme il l'a prouvé récemment en retirant sa division Additifs plastiques de la vente jugeant les offres sous-évaluées.

 

« 40 unités sur 11 sites industriels dans le monde »
 

Les actifs industriels mis sur la table sont essentiellement implantés aux États-Unis. Dow estime qu'ils sont aujourd'hui énergétiquement très intéressants grâce à la révolution des gaz de schiste. Rien que sur ses complexes de Freeport, au Texas, et de Plaquemine en Louisiane, sont concernées toutes les unités autour de la chimie du chlore. Sont même à vendre les parts de Dow dans la coentreprise avec Mitsui, laquelle construit à Freeport une unité de chlore/soude. La mise en service début 2014 conduira d'ailleurs Dow à fermer des capacités adjacentes de chlore/soude de 800 000 t/an sur le site texan. Les autres actifs en vente sont concentrés en Allemagne, sur les sites de Stade (organo-chlorés et époxy), de Rheinmuenstern et de Baltringen (époxy). Les autres sites époxy sont ceux de Gumi en Corée du Sud, de Zhangajiang en Chine, de Garuja au Brésil, de Pisticci en Italie, et de Roberta en Géorgie (États-Unis). L'autre attrait majeur de ces activités est que Dow ne peut pas se passer d'un certain nombre de ces productions en amont pour son propre aval. Et donc que toute cession engendrera des contrats d'approvisionnement qui sécuriseront d'emblée des volumes. « Ces activités nous ont servis pendant des décennies mais servent désormais des marchés que Dow quitte avec le temps, et nous devons adapter en conséquence notre intégration amont pour s'accorder avec la stratégie en aval que nous avons enclenchée depuis une dizaine d'années », justifie Andrew Liveris, p-dg de Dow. Comme il le ressasse, le dirigeant pointe du doigt la volonté du groupe de se focaliser sur les « produits et les technologies à fortes marges en aval » et qui « génèrent des revenus plus consistants que les produits cycliques de commodités ». Une stratégie que poursuit son concurrent et compatriote DuPont, engagé lui aussi dans de franches et copieuses coupes dans son portefeuille. Dow a amorcé son grand lifting dès 2008, avec l'acquisition de Rohm and Haas qui l'a clairement plus orienté vers les spécialités. Depuis 2009, il a enchaîné les cessions d'activités comptant pour un total de près de 10 Mrds $ de chiffre d'affaires (Styron cédé à Bain Capital en 2010, son polypropylène (PP) à Braskem en 2011, ses procédés de PP à Grace cette année). A force de se focaliser sur les produits pour l'agriculture ou les matériaux et plastiques de haute performance, Dow est de moins en moins un pur chimiste. D'ailleurs, Andrew Liveris réfléchit en réalité à la possibilité de supprimer Chemical dans le nom du groupe. Signe que Dow n'est pas à une coupe près.

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