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Dow risque de fermer à Valbonne

Julien Cottineau

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Des répercussions de la fusion Dow-DuPont étaient à craindre en France. Surtout avec le projet de restructuration présenté en novembre, visant à réduire les coûts de 3 milliards de dollars et à préparer la séparation de DowDuPont en trois grandes entités : matériaux, agrosciences, et spécialités (CPH n°821). L'impact en France, sous réserve d'éventuelles autres mesures, concerne le site de Dow à Valbonne, au sein du technopôle Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes). Cette ancienne implantation de Rohm and Haas, ouverte en 1975 et tombée dans l'escarcelle de Dow en 2009 (CPH n°458), recense environ 130 salariés. Si rien n'est encore acté, précise la direction France de Dow, le projet porte sur une fermeture à fin 2018. De source syndicale, l'activité des laboratoires pourrait cesser au cours du troisième trimestre avant une fermeture intégrale du site, fin 2018.

Ce projet de restructuration est initié pour préparer les trois futures entités à naître du colosse DowDuPont, dans un horizon de 18 à 24 mois. À Valbonne, le site s'articule en deux parties distinctes. D'un côté, on trouve les activités de support technique et de R& D, avec un ensemble de laboratoires centrés sur les applications dans les revêtements, les additifs plastiques, les plastiques de spécialités, les produits de soin, les adhésifs ou encore les matériaux fonctionnels. De l'autre, un business center centré sur les phytosanitaires et l'agrochimie. De fait, les deux activités ne sont pas vouées à intégrer la même société en l'état actuel. La partie support technique et R&D rejoindra le futur Dow (matériaux). 71 salariés sont concernés. La direction redéploierait les postes en France ou en Suisse. La seconde partie, qui dénombre environ 60 salariés, sera intégrée à la future entité agrochimique. Là, il est question d'un transfert des postes en Europe, sans plus de précision. La direction assure que les transferts de postes seront la grande majorité des solutions proposées aux salariés du site.

Évidemment, pour les partenaires sociaux, la pilule ne passe pas. La FCE-CFDT dénonce une fermeture et un transfert « incohérents, incompréhensibles et inacceptables ». Le syndicat avance les 40 ans d'expertise du site, un faible coût d'exploitation, le Crédit impôt recherche et la renommée du technopôle Sophia Antipolis. La FCE-CFDT entend défendre une autre solution permettant un maintien du site de Valbonne : l'intégration des laboratoires et des personnels à la future entité de spécialités de DowDuPont. « À l'origine, Dow avait acquis Rohm and Haas pour diversifier ses activités vers les spécialités. Nous sommes un site de spécialités, or là, Dow veut nous garder dans le giron des commodités », fustige Yannick Chiquet. Le délégué syndical CFDT Dow Chemical entend ainsi se battre pour faire revenir les décideurs sur cette décision et voir le site être intégré dans la future entité de spécialités. Yannick Chiquet s'inquiète par ailleurs de « l'éclatement de la société Dow en France », avec cinq usines qui devraient être versés dans deux entreprises différentes. Le sort du site de Valbonne n'est peut-être pas encore scellé, cela dépendra des négociations qui s'ouvriront dès janvier.

Hasard malheureux, ce projet de fermeture frappe de nouveau Sophia Antipolis, où le groupe Nestlé a lancé, cet automne, un projet de transfert d'un site Galderma en Suisse, avec pour conséquence sociale une suppression de 400 postes sur 550 (CPH n°819). Autre malheureux hasard, une éventuelle fermeture de Dow au sein du technopôle ferait disparaître la seule activité de l'industrie chimique au sein du parc technologique.

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