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DuPont offre 6,3 Mrds $ pour l'acquisition de Danisco

Julien Cottineau
DuPont offre 6,3 Mrds $ pour l'acquisition de Danisco

Les activités de Danisco, en % du CA 2010 (clos le 30 avril)

© Source : DuPont

Le géant américain commence l'année en fanfare en se lançant dans une très large opération de croissance externe. DuPont offre 6,3 milliards de dollars pour le spécialiste danois des ingrédients alimentaires et des enzymes. Comptant parmi les leaders mondiaux des biotechnologies industrielles, Danisco va permettre à DuPont de se positionner sur un large segment d'avenir.

Il s'agit de la première grande opération de l'année. Ainsi que la première grande acquisition d'Ellen Kullman, deux ans après avoir été nommée à la tête de DuPont (CPH n°438). C'est même la plus grande opération dans l'industrie chimique depuis le raid de Dow sur Rohm and Haas à l'été 2008. L'offre sur Danisco se porte à 6,3 milliards de dollars (4,8 Mrds €), dont une reprise de dette de 500 M$. Techniquement, DuPont propose de racheter la totalité des actions du groupe danois pour 665 couronnes danoises (89 €) par titre, soit un bonus de 25 % par rapport au cours de l'action Danisco la veille de l'offre. Ou près de 13 fois le montant de l'Ebitda de Danisco en 2010. L'opération, qui pourrait être conclue au début du deuxième trimestre, est conditionnée par l'acquisition d'au moins 90 % du capital par DuPont. Ce qui ne devrait pas être trop compliqué puisque le Conseil d'administration du groupe danois a largement conseillé à ses actionnaires d'accepter, et que la forte dilution du capital de Danisco (les plus grands actionnaires frôlent seulement les 5 %) ôte tout risque de minorité de blocage. Un acteur comme le Néerlandais DSM, un des principaux actionnaires et aussi des principaux concurrents de Danisco, a déjà annoncé qu'il ne lancerait pas d'offre concurrente ni ne s'opposerait à la transaction.

Fort d'un chiffre d'affaires de plus de 1,8 Mrd € lors de son dernier exercice fiscal (clos en avril 2010), Danisco est un acteur de premier plan dans le domaine des biotechnologies industrielles, avec des positions de n°1 ou n°2 mondial pour l'ensemble de ses activités d'ingrédients alimentaires comme les émulsifiants, les édulcorants, ou encore les agents de textures. Sa filiale Genencor, spécialiste des enzymes industrielles, se positionne aussi comme n°2 mondial derrière l'autre Danois, Novozymes. Ellen Kullman estime que le rapprochement des deux groupes va permettre de mieux « relever les défis qui découlent de la très forte croissance démographique en particulier en termes de nourriture et d'énergie. Les biotechnologies et les ingrédients alimentaires de spécialité disposent du potentiel pour mieux substituer aux matières énergétiques fossiles des matériaux renouvelables, mieux répondre aux besoins en nourriture des économies émergentes, et générer des solutions plus durables ». L'absorption du Danois va permettre à DuPont de mieux relier ses activités. Danisco est un lien idéal entre la filiale agrochimique Pioneer Hi-Bred, acquise en 1999, et les autres spécialités chimiques de l'Américain pour les marchés des matériaux, des carburants, et des produits alimentaires et de nutrition animale. D'ailleurs, Danisco, via Genencor, et DuPont sont déjà partenaires dans l'éthanol cellulosique et ont inauguré leur première usine américaine il y a à peine un an (CPH n°496). Avec 6 800 employés dans le monde, une implantation dans plus de 23 pays et des sites de production en Europe (Danemark, France), aux Amériques (États-Unis, Brésil), et en Asie (Chine et Inde), Danisco apportera enfin un réseau dense et positionné à la fois sur les marchés matures et émergents. De quoi bien compléter le géant DuPont et en faire saliver certains. Comme Solvay par exemple. Selon la presse danoise, le groupe belge a raté le coche alors qu'il avait pourtant été le premier à lancer une offre, de 4,5 Mrds €, sur Danisco.

 

« Danisco est un lien idéal entre les différentes activités de DuPont »

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