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DuPont recentre ses activités

Julien Cottineau

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La chimie américaine continue de s'agiter. Après les rachats de Solutia par Eastman pour 4,8 milliards de dollars, opération finalisée au début de l'été, ou la cession des commodités de PPG à Georgia Gulf annoncée mi-juillet, c'est au tour de DuPont de frapper un grand coup. Le géant américain a signé un accord définitif avec le groupe d'investissement Carlyle pour lui céder son activité de revêtements de performance. L'opération, qui devrait être finalisée au premier trimestre 2013, est la plus importante annoncée cette année en atteignant un montant de 4,9 Mrds $ (3,92 Mrds €). Montant auquel s'ajoute 250 M$ destinés au fonds de pension que Carlyle prendra à sa charge. Au-delà des chiffres, cette cession est emblématique à plusieurs niveaux. DuPont Performance Coatings est aujourd'hui un des plus grands acteurs mondiaux des peintures automobiles et industrielles. Fondée en 1922, plus de 100 ans après la création du groupe, cette division se concentre sur les systèmes de peintures avancés, avant tout pour les transports, avec quatre segments distincts : les peintures de finition, les premières montes, les peintures liquides industrielles et les peintures en poudre industrielles. En 2011, DuPont Performance Coatings a généré des ventes de 4,3 Mrds $, en croissance de 12 % sur un an. Soit un peu plus de 11 % du chiffre d'affaires total de DuPont (38 Mrds $ l'an dernier). Pour 2012, le groupe prévoit des revenus de plus de 4 Mrds $ pour cette gigantesque entité qui recense 11 000 salariés (sur les 70 000 du groupe actuellement), avec des actifs de production sur tous les continents, et une présence directe dans 70 pays. Cette force de frappe a convaincu Carlyle de mettre le prix. Le fonds d'investissement entend accroître la croissance de cette nouvelle entité de son portefeuille dans les marchés émergents dynamiques et cruciaux pour l'industrie de l'automobile, comme au Brésil et en Chine.
« Ce recentrage ne préfigure pas une sortie de route dans le domaine de l'automobile » 

Ce recentrage stratégique de DuPont ne préfigure pas une sortie de route de l'Américain dans le domaine des produits pour l'automobile. Si le groupe se désengage des revêtements automobiles, il va largement rester présent sur le marché via ses plastiques, ses textiles et fibres, ses matériaux isolants ou encore via les biocarburants. « Nous continuerons à travailler en étroite collaboration avec les constructeurs, en appliquant nos innovations scientifiques à l'allégement du poids des véhicules, à des réfrigérants révolutionnaires et verts, à des tissus intérieurs biosourcés, à la prochaine génération de biocarburants », souligne Ellen Kullman, présidente et CEO. Preuve tangible : les ventes de matériaux avancés de DuPont pour l'industrie automobile en 2012 devraient dépasser les 3 Mrds $ de ventes. En revanche, ce désengagement s'articule plus autour de la volonté du groupe de se focaliser sur les méga-tendances qu'il privilégie comme l'alimentation et l'énergie, deux thèmes centraux liés à l'accroissement de la population mondiale. Et donc, logiquement, synonymes de plus forte croissance grâce à une demande accrue. Ellen Kullman veut ainsi privilégier la stratégie à long terme du groupe de « tirer des avantages compétitifs dans les domaines de l'agriculture, de la nutrition, des matériaux avancés et de la biotechnologie - qui présentent des opportunités de croissance et de marges importantes ». Dans cette optique, elle estime que DuPont Performance Coatings ne peut « atteindre son plein potentiel de croissance qu'en dehors de DuPont ».

 

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