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Ecovio, une réponse de BASF à la loi sur la transition énergétique

Par Sylvie Latieule

Pour faire face à l'interdiction progressive des sacs et emballages plastiques et à la généralisation du tri à la source des biodéchets, BASF propose une innovation : le plastique Ecovio. À 100 % biodégradable et partiellement biosourcé, il s'adresse à un marché prêt à exploser.

Le marché des films plastiques biosourcés et biodégradables n'existe pas encore en France. Pourtant il y a fort à parier qu'il va exploser dans les tout prochains mois. En cause, la loi sur la transition énergétique avec des interdictions en série dans les sacs et emballages plastiques. Le 19 août 2015, la loi a interdit les sacs oxo-dégradables. Le 1er juillet 2016, elle a interdit les sacs de caisse à usage unique (<50 microns), quelle que soit la matière plastique. Le 1er janvier 2017, elle interdira les sacs plastique traditionnels aux rayons fruits et légumes, viande et poisson. Enfin, le 1er janvier 2020, ce sera le tour de toute la vaisselle jetable non biodégradable.

Cependant, si le consommateur pourra aisément se priver de sacs de caisse jetables au profit de sacs réutilisables en plastique plus épais ou en tissu, il aura encore besoin de solutions alternatives pour transporter ses fruits et légumes. Et c'est là que BASF intervient. Le géant mondial de la chimie est persuadé d'avoir « La » solution avec son plastique Ecovio, adapté à la production de sacs jetables. Il s'agit d'un mélange de PLA (polymère à 100 % biosourcé et biodégradable, acheté aux États-Unis) et d'Ecoflex (produit pas BASF). Ecoflex est un copolyester aliphatique-aromatique basé sur trois monomères : le 1,4-butanediol, l'acide adipique et l'acide téréphtalique. Pourtant d'origine fossile, il a cette particularité d'être à 100 % biodégradable. Du coup, pour revenir à l'Ecovio, c'est une matière plastique qui est aussi biodégradable à 100 %. En fonction de sa teneur en PLA, il peut être à 30 % biosourcé pour des applications dans les films souples ou jusqu'à 80 % biosourcé pour des applications plus rigides (par exemple, des capsules de café compatibles avec les machines Nespresso).

 

Atteindre le 100 % biosourcé

 

Cependant, la volonté de BASF est d'accroître la part de biosourcé dans Ecovio pour arriver dans quelques années jusqu'à 100 %. Dans une certaine mesure, la réglementation l'y obligera. La part de biosourcé dans les sacs devra augmenter progressivement pour atteindre au minimum 30 % en janvier 2017, 40 % en janvier 2018, 50 % en janvier 2020 et 60 % en janvier 2025.

Pour ce faire, BASF travaille sur deux axes, le pourcentage de PLA, mais aussi la part de biosourcé dans Ecoflex. On sait, par exemple, que depuis 2013, BASF a fait l'acquisition, auprès de la société américaine Genomatica, d'une licence lui permettant de produire un de ses composants, le 1,4-butanediol (BDO) par fermentation de sucre. BASF a d'ores et déjà produit des volumes commerciaux de BDO renouvelable. Et le contrat de licence l'autorise à investir dans des unités de BDO de taille mondiale jusqu'à 75 000 t/an en Amérique du Nord et en Asie du Sud.

Sur ce marché des sacs plastiques biodégradables, attendu à 30 000 t/an en France dès 2016, BASF sera challengé par d'autres acteurs qui proposent des sacs dérivés d'amidon. BASF affirme que son produit fait la différence dans sa capacité à résister à l'humidité.

Pour satisfaire ce marché en croissance en France et à l'international, BASF dispose d'une capacité de production d'Ecoflex de 75 000 t par an à Ludwigshafen dont l'investissement remonte déjà à quelques années. Aussi dans les mois à venir, le groupe devrait engager une réflexion sur l'opportunité d'une nouvelle installation. Une usine qu'Olivier Ubrich, directeur général de BASF en France, aimerait voir localisée dans l'Hexagone. « Si le marché explose, mon rôle sera de pousser pour une implantation en France », a-t-il ajouté.

Si BASF croit si fort au potentiel d'Ecovio, c'est parce qu'hormis le transport de denrées, les sacs pourraient avoir un deuxième usage tout aussi important dans la collecte de biodéchets domestiques. Outre la réduction de l'utilisation de sacs plastiques, la loi pour la transition énergétique prévoit en effet la généralisation du tri à la source des biodéchets qui regroupent les restes de repas, épluchures de légumes, sachets de thé, marc de café, essuie tout, fleurs fanées... En France, nous produisons plus de 1,5 kg de biodéchets par personne et par semaine. Le gisement national s'élève à 6 Mt et représente 36 % des ordures ménagères. Aujourd'hui, ces biodéchets sont brûlés ou mis en décharge avec les autres déchets ménagers. L'idée serait de les valoriser sous forme de compost soit au niveau domestique soit à un niveau industriel avec un retour de ces composts à l'agriculture, dans une philosophie d'économie circulaire. En France, la collecte de biodéchets ne concerne que 9 % de la population, mais de nombreuses communes et villes, dont Paris, commencent à s'interroger sur le sujet.

Avant même l'entrée en vigueur de la loi, BASF s'est donc associé à Compost+, le réseau national d'échanges entre élus et techniciens des collectivités engagées dans la collecte séparée des biodéchets, pour mener une grande campagne de sensibilisation. Une campagne qui a porté ses fruits : 1,7 million de sacs ont été distribués dans plus de 60 commerces et grandes surfaces et des consommateurs. En région PACA, l'expérimentation menée en 2015 avec le syndicat Centre Hérault a permis de montrer que 93 % des utilisateurs étaient satisfaits des sacs en Ecovio et que 56 % des consommateurs qui ne triaient pas leurs biodéchets s'étaient convertis au tri, d'après une étude de l'institut BVA. Et c'est là que l'on comprend toute la stratégie de BASF. Pour que le compostage et l'usage de ces sacs biodégradables gagnent significativement du terrain, il va falloir communiquer et éduquer les consommateurs.

Un rôle de bâtisseur pour récolter ensuite pleinement les fruits de ce nouveau marché.

QUELLES PERSPECTIVES POUR LA VALORISATION DES BIODÉCHETS À PARIS ?

Pour atteindre l'objectif posé par la loi sur la transition énergétique de généraliser le tri à la source de biodéchets d'ici 2025, la ville de Paris a adopté en février 2016 sa stratégie « zéro déchet ». La ville a décidé de généraliser le tri des biodéchets sur les sites municipaux qui produisent d'importantes quantités de biodéchets comme les cantines scolaires, les restaurants administratifs, les marchés alimentaires... Depuis avril 2016, 54 marchés parisiens se sont attaqués au tri de leurs biodéchets. Puis courant 2016, les immeubles du 2e et 12e arrondissement seront équipés de nouveaux bacs pour trier les biodéchets domestiques.

QUELQUES APPLICATIONS D'ECOVIO

- Sacs jetables pour fruits et légumes - Capsules à café - Vaisselle jetable : gobelets, pailles à boire, boîtes à sandwich - Films emballage pour le routage de magazines - Barquettes de conditionnement de fruits - Films de paillage agricoles - Accessoires pour la culture en serre - Emballages de produits vétérinaires - Films rétractables...

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