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Edito : La Mède, c'est parti

Sylvie Latieule

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Edito : La Mède, c'est parti

Total a enfin ouvert le robinet de sa bioraffinerie de La Mède, située dans les Bouches-du-Rhône. C'est l'aboutissement d'un projet, lancé en 2015, qui a nécessité un investissement de 275 millions d'euros en vue de reconvertir une raffinerie d'hydrocarbures, produisant trop d'essence, en une plateforme tournée vers les énergies nouvelles. Au programme, une bioraffinerie de 500 000 t/an de biocarburants, une ferme solaire de 8 MW, capable d'alimenter 13 000 habitants, une unité de production d'AdBlue de 50 000  m3 /an, un additif qui permet de réduire les émissions d'oxydes d'azote des poids lourds, une plateforme de logistique et de stockage de 1,3 million de m3/an, un centre de formation sur installations réelles, accueillant 2 500 stagiaires/an.

Le biocarburant est de type HVO (huiles végétales hydrogénées), selon une technologie fournie par Axens. Il utilise 60 à 70 % d'huiles végétales et 30 à 40 % de graisses animales, d'huiles de cuisson, d'huiles résiduelles... dans une logique d'économie circulaire. Et c'est là que les ennuis commencent. Dans son mix d'huiles végétales, il y a de l'huile de palme. C'est ainsi que Total s'est vu critiqué par les producteurs français de colza et de biodiesel qui ont perçu dans ce projet une concurrence dangereuse. Dans le cadre d'un accord avec le gouvernement en mai 2018, Total s'est finalement engagé à traiter chaque année au maximum 300 000 tonnes d'huile de palme - soit moins de 50 % du volume des matières premières nécessaires - et au minimum 50 000 tonnes de colza français afin d'assurer un débouché supplémentaire à l'agriculture française.

Puis les ONG environnementalistes lui sont tombés dessus au prétexte que l'huile de palme à 100 % durable et garantie RSPO ne le serait pas. On a envie de leur rappeler que l'usage de biocarburants permet de réduire les émissions de CO2 du transport routier et aérien, ce qui joue positivement sur le changement climatique. « Lorsqu'ils sont produits à partir de matières premières durables, comme c'est le cas à La Mède, ils émettent plus de 50 % de CO2 en moins que les carburants fossiles. Notre bioraffinerie permettra de produire en France des biocarburants qui étaient jusqu'alors importés », ajoute, à juste titre, Bernard Pinatel, directeur général Raffinage-Chimie de Total.

Enfin dans le projet, il ne faut surtout pas oublier la dimension sociétale. Dans le cadre de la transformation du site, 65 % des commandes ont été passées à des entreprises locales, ce qui a représenté 800 emplois et 140 millions d'euros de chiffre d'affaires. In fine, 250 emplois directs ont été sauvés.

Entre Lacq, Carling et La Mède, il faut reconnaître que le groupe Total a déployé et déploie encore des efforts considérables pour reconvertir ces sites industriels vers des activités d'avenir davantage tournées vers le développement durable. Même s'il le fait aussi sous la contrainte réglementaire, Total a par exemple mobilisé 5 M€ pour le développement économique du territoire Fos-Etang de Berre à travers notamment le soutien d'initiatives en faveur de l'emploi, d'implantations de projets industriels et d'aides aux entreprises de sous-traitance. Un effort cinq fois plus important qu'une convention de revitalisation classique, souligne-t-il dans son communiqué.

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