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Edito : Pour des sites chimiques « clés en main »

Sylvie Latieule

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Edito : Pour des sites chimiques « clés en main »

Plateforme IndusLacq

© Toray/Lacq

L’industrie française a le vent en poupe si l’on en croit la communication ultra-positive qu’est en train de mener le gouvernement. « Pour la première fois depuis plus de 15 ans, la France crée plus d’emplois industriels qu’elle n’en détruit et ouvre ou agrandit plus de sites industriels qu’elle n’en ferme », notent les services d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances. Ainsi, la France enregistre un solde net de + 27 000 emplois industriels depuis mi-2017. Solde que le gouvernement veut conforter et amplifier sachant que 50 000 emplois industriels à tous les niveaux de qualifications et de responsabilités ne sont pas pourvus faute de candidats.
Dans l’industrie chimique, on aimerait bien réindustrialiser en attirant plus d’investisseurs étrangers, en aidant des start-up à construire leurs premières installations industrielles, en ré-enchantant certains industriels de la chimie partis investir à l’étranger. Mais les questions sur lesquelles on bute sont toujours les mêmes : où s’installer pour ne pas attirer la grogne des riverains et bénéficier d’un bon bassin d’emploi et d’une sous-traitance qualifiée ? Dans combien de temps, la production pourra-t-elle démarrer sachant que certains délais inhérents à des procédures administratives sont incompressibles. Exemple l’urbanisme, l’archéologie préventive ou la protection de l’environnement.
C’est justement pour contourner ces difficultés et faciliter les implantations industrielles qu’est aujourd’hui proposé le principe du « site industriel clés en main ». L’idée a germé d’un rapport confié au député Guillaume Kasbarian et remis en septembre 2019 au gouvernement qui a manifestement trouvé l’idée fort séduisante. S’en est suivi un appel à candidatures en novembre. Les propositions remontées par les collectivités ont ensuite été qualifiées par les services de l’État pour arriver à une liste de 12 sites industriels clés en main, dévoilée le 18 janvier. Liste qui sera complétée dans le courant de l’année 2020.
La très bonne surprise est que dans cette liste, deux sites nous sont très familiers : la plateforme marseillaise Piicto et la plateforme de Lacq avec ses parcs chimiques Induslacq et Chem’pôle 64. Pas si étonnant ! Elles font toutes deux parties des 18 plateformes Seveso référencées par France Chimie et qui s’organisent depuis plusieurs années autour de cette idée de faire du « plug and play ». S’installer sur une plateforme existante, cela permet aussi de gagner en compétitivité, via l’intégration amont aval entre acteurs, le partage d’utilités (énergies, fluides, traitement des effluents et des déchets…), de services (maintenance, gestion des stocks, logistique, sécurité…) ou encore un accès simplifié aux infrastructures (bâtiments, terrains, pilotes, laboratoires, plateau technique…)
Toutes les plateformes chimiques françaises ont donc leur place dans la liste. Chemesis, également connue sous le nom de Carling-St Avold dans le Grand Est, est justement en train d’accueillir deux sociétés innovantes de la chimie biosourcée – Metex Noovista et Afyren Neoxy – pour un investissement cumulé de 100 millions d’euros. Roussillon en Rhône-Alpes est tout autant organisée pour accueillir des tiers, comme elle a pu le faire ces dernières années avec l’Américain Hexcel, les Français Ecoat ou Cleef System. Ses acteurs historiques – Adisseo ou Seqens – n’en oublient pas pour autant de réinvestir régulièrement.

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