Nous suivre Info chimie

Edito : Un Covid-19 qui grippe l’économie

Sylvie Latieule
Edito : Un Covid-19 qui grippe l’économie

© Wikipédia

Le gouvernement aurait-il été trop généreux dans l’aide qu’il apporte aux salariés et aux entreprises pour traverser la crise du coronavirus ? Le fait est que, tous secteurs confondus, il y aurait plus de fermetures d’usines que prévu. Et pour des motifs divers. Il y a l’indispensable protection des salariés, quand ce ne sont pas les salariés, eux-mêmes, qui manquent à l’appel. L’arrêt de la demande est une autre raison. Dans le domaine des peintures, Gilles Richard, directeur général de la Fipec, explique, par exemple, que l’on a tendance à fabriquer à la demande sans trop faire de stocks. Or le secteur du bâtiment est à l’arrêt. 80 % des peintres professionnels auraient suspendu leur activité. Également dans le giron de la Fipec, le secteur des encres livre, quant à lui, des produits indispensables pour le marquage des emballages alimentaires et pharmaceutiques, notamment. Sur ce segment, la demande est là. Mais l’inquiétude se porte sur l’approvisionnement en matière première, par exemple la fourniture d’alcool que l’on réoriente en partie vers la production de gel hydroalcoolique.
Aussi, la Fipec, tout comme France Chimie, relaient les communications du ministère et en appellent à la mise en place de plans de continuité. « Les procédés de l’amont de la chimie sont souvent continus et certaines de nos usines ne sont pas conçues pour faire du « go-no go » » rappelle Magali Smets, directrice générale de France Chimie. Elle assure que : « sur les sites de production comme aux sièges, les fonctions vitales de l’entreprise restent mobilisées en présentiel : que ce soient le directeur d’usine, son responsable HSE ou les techniciens et ouvriers de production ».
Pas besoin d’être un géant de la chimie pour mettre en place un plan de continuité. À sa mesure, la société de biotech industrielle Metabolic Explorer a su prendre les devants. « Nous avons pris des mesures de télétravail pour l’essentiel de nos cadres, avec des retours sur site pour assurer le maintien de nos actifs stratégiques, tels que les souches de production, ou du démonstrateur », explique Benjamin Gonzalez, président fondateur de l’entreprise. En revanche, la construction de sa première usine sur la plateforme de Carling en Moselle ralentit chaque jour davantage. Pour ce type d’entreprise, qui emploie quelque 80 personnes, le point le plus crucial reste la trésorerie pour tenir dans la durée. La société a la chance d’avoir bouclé une augmentation de capital de quelques millions d’euros, pas plus tard qu’en février.
Si les industriels de la chimie de toutes tailles tentent de faire face, ils restent tributaires d’autres secteurs comme celui de la logistique. « Les productions de la chimie en France répondent à 70 % à des marchés à l’export. Nos partenaires internationaux attendent nos productions », rappelle Magali Smets. La chimie dépend ainsi du transport routier mais également du fret ferroviaire, des grands ports… « Le caractère prioritaire de nos flux doit être entendu. Tous ces points ont été remontés aux ministères », a-t-elle ajouté.
Nous n’en sommes qu’au début de la crise et cet état des lieux, dressé le jeudi 19 mars, devrait évoluer. Néanmoins, toutes les associations du périmètre de la chimie et des matériaux nous assurent qu’elles sont mobilisées autour de deux priorités : à court terme la continuité économique et à long terme la préservation de l’outil industriel. Après la crise, il faudra être prêts à redémarrer.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Chimie

Nous vous recommandons

Solvay réduit de 20% ses effectifs dans les composites

Solvay réduit de 20% ses effectifs dans les composites

Solvay a annoncé le 15 mai l’accélération de ses plans d’efficacité au sein de son activité Composite Materials. Cette décision a été prise dans un contexte de baisse[…]

15/05/2020 | SpécialitésConjoncture
Edito Covid-19 : France et Belgique à l’unisson

Edito Covid-19 : France et Belgique à l’unisson

 Chimie en France : La crise du Covid-19 brouille la visibilité

Chimie en France : La crise du Covid-19 brouille la visibilité

La chimie américaine en baisse au mois de mars

La chimie américaine en baisse au mois de mars

Plus d'articles