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Elkem Silicones : « Une démarche d'open innovation implique une relation de confiance et d'échange »

Propos recueillis par Sylvie Latieule Interview complète à lire sur notre site www.chimiepharmahebdo.com

En 2017, deux ans après son acquisition par le groupe norvégien Elkem, Bluestar Silicones s'est renommée Elkem Silicones, intégrant des activités chinoises. En France, Elkem Silicones opère deux sites à Roussillon et Saint-Fons où est implanté son plus grand centre de recherche. Sa particularité est d'avoir tissé des liens étroits avec l'écosystème local dans une véritable approche d'"open innovation". Détails avec Louis Vovelle, senior vice-président Innovation et R&D d'Elkem.

Chimie Pharma Hebdo : Pouvez-vous présenter brièvement la société Elkem ?

Louis Vovelle : Elkem est une entreprise d'origine norvégienne dont le siège social est basé à Oslo. Elle est a été rachetée en 2011 par la société chinoise Bluestar, qui était déjà actionnaire de Bluestar Silicones - ex-Rhodia Silicones - et d'Adisseo, leader de la nutrition animale. Derrière Bluestar, on retrouve le groupe chimique ChemChina qui réalise près de 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires. L'entité actuelle Elkem Silicones a été créée en juillet 2017 et emploie plus de 3 000 personnes à travers le monde. Elle représente l'une des 4 divisions d'Elkem.

 

Auparavant directeur de recherche de Blue-star Silicones, vous occupez aujourd'hui la fonction de senior vice-président innovation et R&D d'Elkem. Votre champ d'activité s'est élargi ?

L.V. : Il faut bien distinguer l'innovation de la recherche. L'innovation est de passer de l'invention à la création de valeur, la recherche est « juste » un des moyens de créer cette valeur. Nous intégrons donc dans l'innovation d'autres modèles que l'approche "produits et technologie", issue de la R&D. Nous sortons du cadre strict de la R&D avec une approche collaborative entre le marketing, les opérations, la communication, la R&D afin d'extraire plus de valeur par une meilleure compréhension des besoins. Après, en termes de R&D, celle sur les silicones reste quantitativement majoritaire au sein d'Elkem. Sur un total de 400 chercheurs, environ 300 se consacrent aux silicones. C'est pourquoi le centre de recherche le plus important d'Elkem reste basé à Saint-Fons, près de Lyon. Il est rattaché à une de nos plus grosses usines de production de silicones au monde. Dans ce domaine des silicones, notre effort de recherche est important. Il représente plus de 4 % du chiffre d'affaires. En dehors du "quantitatif", l'intégration permet une ouverture fantastique sur quelques axes : des projets transversaux entre les divisions afin d'optimiser la chaîne de valeur ; du partage de bonnes pratiques et des projets collaboratifs sur des thématiques telles que l'usine du futur.

Avez-vous des contacts avec l'écosystème lyonnais particulièrement fertile dans le domaine de la chimie ?

L.V. : Elkem Silicones est très investie dans l'"open innovation". Nous avons démarré en 2007, au moment de notre rachat par Bluestar. L'enjeu était alors de pérenniser notre implantation en Auvergne Rhône-Alpes et notre centre de recherche qui employait alors 95 chercheurs, contre 135 personnes actuellement. Nous avons recréé tout un réseau autour et avec nous, considérant également que l'on ne pouvait pas avoir toutes les compétences en interne. Par ailleurs, il nous a paru important de travailler en "open innovation" pour consolider le réseau régional, et surtout être forts collectivement pour répondre aux enjeux de développement durable, qu'ils soient environnementaux, sociétaux ou économiques. Contribuer à construire un environnement équilibré et performant autour de soi, c'est toute la base de l'"open innovation".

 

Il semble que vous ne placiez pas l'"open innovation" au même niveau que les partenariats classiques publics-privés...

L.V. : Mettre de l'argent dans un laboratoire pour financer une thèse, ce n'est pas de l'"open innovation". Une démarche d'"open innovation" implique une relation de confiance et d'échange pour avancer ensemble. Nous avons tissé des relations fortes depuis 10 ans avec de nombreux laboratoires de la région AuRA. L'énorme avantage de cette localisation est qu'il y a un nombre important de laboratoires de qualité et d'excellence, notamment au sein de l'université de Lyon 1. Cette excellence se trouvera d'ailleurs renforcée grâce à l'IDEX. Après, il est toujours difficile de tous les citer, mais nous avons des liens forts autour des thématiques telles que les Polymères, les Catalyses, les Procédés, la 3D, la Mécanique et les Surfaces...

 

Qu'en est-il des pôles de compétitivité ?

L.V. : Nous nous sommes investis dans les principaux pôles de compétitivité : Axelera, Techtera, Plastipolis et Lyon Biopôle. En étant notamment président de Techtera et membre du conseil d'administration d'Axelera, nous participons à l'élaboration d'une stratégie régionale pour l'international. Nous travaillons également avec quelques pépites régionales comme Processium et Activation et nous sommes partie prenante des plateformes collaboratives comme Axel'One. Les plateformes collaboratives sont des lieux d'échanges et de mutualisation des outils et des connaissances avec d'autres entreprises. Chacun donne et reçoit. Ce sont des systèmes ouverts où la parole est plus libérée que dans le cadre d'une réunion « formelle » entre deux entreprises. Ce sont des lieux qui créent de la confiance. Elkem Silicones est aussi un des membres fondateurs de LPSE (Lyon Polymer Science and Engineering) qui est né, en 2015, d'un engagement commun entre 2 laboratoires académiques (C2P2 et IMP) et 8 industriels : Arkema, Hutchinson, Nexans, Solvay, St Gobain, Toray, Total et Elkem Silicones. L'enjeu est encore une fois la création ou le renforcement de compétences en Auvergne- Rhône-Alpes et la création d'un cluster scientifique et technologique de référence autour des polymères. La base du LPSE reste le collaboratif et nous avons développé, dans un premier temps, des travaux de recherche et des thèses en commun. Nous allons désormais plus loin avec de nouveaux développements communs, notamment autour de l'Usine du Futur, de la 3D et des nouveaux matériaux plus performants et plus durables.

Elkem Silicones en bref
  • Plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2017
  • 9 sites industriels sur 4 continents
  • 3 100 employés, dont 300 collabo- rateurs en R&D 
  • 10 centres techniques et d'applications en Europe, aux États- Unis, en Amérique Latine et en Asie 
  • Plus de 12 nouvelles inventions par an et un portefeuille de plus de 1 100 brevets 
  • 20 nouveaux produits lancés chaque année

 

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