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Explosions catastrophiques à Tianjin

J.C., avec agences

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Au soir du 27 août, le dernier bilan publié par l'agence chinoise Xinhua faisait état de 145 morts et de 28 disparus. Plus de 500 personnes étaient encore hospitalisées à la suite de l'incendie qui a engendré deux explosions massives, mercredi 12 août vers 23 h 30, dans la zone industrielle de Binhai, une des plateformes logistiques du gigantesque port industriel de Tianjin, dans l'est de la Chine.

Les deux explosions, dont la seconde aurait représenté l'équivalent de 21 tonnes de TNT et l'équivalent d'un séisme de 2,9 sur l'échelle de Richter, ont eu lieu dans un entrepôt de produits chimiques de l'entreprise Rui Hai International. L'intervention sur l'incendie avec l'utilisation d'eau et non de mousses spécifiques a probablement provoqué des déflagrations et des réactions en chaîne dramatiques. Parmi les victimes, les pompiers ont d'ailleurs payé un très lourd tribut avec 88 morts et encore 16 disparus. Près de 4 500 soldats et policiers ont été déployés sur la zone sinistrée pour le nettoyage et la récupération de produits chimiques. 100 000 m2 ont été isolés par des barrages de sable et de terre.

700 tonnes de cyanure de sodium

Jusqu'à présent, seulement une petite partie du cyanure de sodium aurait été récupérée, sur les 700 tonnes qui étaient présentes. Pourtant, l'entrepôt de l'entreprise Rui Hai International n'avait pas le droit d'en stocker sur place plus de 24 t en raison de sa proximité (moins de 1 kilomètre) avec des zones d'habitation et des axes routiers, d'après plusieurs médias chinois, indique l'AFP. Chemical Week rapporte que plus de 40 types de produits chimiques étaient entreposés sur le site de l'accident, notamment 800 t de nitrate d'ammonium et 500 t de nitrate de potassium. Entre octobre 2014 et juin 2015, la société a poursuivi ses activités de stockages temporaires de produits chimiques débarqués au port de Tianjin malgré le fait de ne plus avoir de licence pour ce faire. Les anciens dirigeants auraient évoqué faire comme d'autres sociétés sur la zone, à savoir continuer d'opérer en attendant le renouvellement des licences.

Douze cadres de l'entreprise, dont plusieurs avaient masqué leur identité sous des prête-noms, notamment un fils de l'ancien chef de la police du port de Tianjin ou un ancien cadre de Sinochem, ont été arrêtés dès le 13 août et sont maintenus en détention depuis, déclarés comme officiellement en état d'arrestation depuis le 27 août. Par ailleurs, 11 responsables publics, liés aux transports, aux douanes ou encore à la sécurité du travail, ainsi que le président du Port de Tianjin ont été placés sous enquête pour abus de pouvoir et négligence par le Parquet populaire suprême chinois, rapporte l'AFP.

Perturbations sur les chaînes d'approvisionnement

Sur le site sinistré, de nombreux autres entrepôts, notamment de Sinochem, et infrastructures industrielles ont été endommagés ou sont à l'arrêt, comme une usine de GSK. Le port de Tianjin, l'un des plus grands ports industriels au monde, continue ses activités mais subit et va subir pendant plusieurs semaines des perturbations sur ses chaînes d'approvisionnement. L'AFP, citant le cabinet IHS, évoquait fin août une interruption immédiate des approvisionnements en produits chimiques et plastiques, et ce pour peut-être un mois, dans le nord de la Chine. Les répercussions économiques risquent ainsi d'être conséquentes.

Sur le plan écologique et sanitaire la situation est très préoccupante également. Dans la zone confinée, des taux de cyanure dans l'eau ont été relevés jusqu'à 356 fois supérieures au seuil de tolérance. Les autorités continuent d'affirmer que les relevés en dehors de la zone ne sont pas alarmants, ni dans l'air ni dans les points d'eaux, même si des milliers de poissons échoués dans la rivière adjacente suscitent les suspicions et la colère des riverains, dont plus de 6 000 ont été évacués suite au sinistre.

Autre explosion à Zibo

Cette catastrophe, l'un des plus meurtrières dans l'industrie en Chine ces dernières années, a relancé le débat dans le pays sur la sécurité au travail, et notamment sur la bonne application des normes de sécurité industrielle. Une situation qui semble inquiétante si ce n'est alarmante. D'ailleurs, le 23 août, une explosion dans une usine chimique de Shandong Runxing Chemical Technology, produisant notamment de l'adiponitrile, a causé la mort d'une personne et blessé neuf autres à Zibo, dans l'est de la Chine. Une enquête est en cours.

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