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Fertinagro et Fertiberia s'associent pour reprendre Pierre Leseur

Julien Cottineau

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Fertinagro et Fertiberia s'associent pour reprendre Pierre Leseur

Pierre Leseur compte trois sites industriels en France dont celui de Carhaix

Les filiales françaises des producteurs espagnols d'engrais ont formé la coentreprise 2F pour l'acquisition de Pierre Leseur, grossiste d'engrais et de semences basé dans le Grand Ouest. Ce projet, qui pourrait en amener d'autres en France, vise à développer les capacités et les gammes de produits de l'entreprise Pierre Leseur.

Le monde des engrais s'agite aussi en France. Certes, cette opération est très loin d'avoir l'ampleur des grandes manoeuvres mondiales comme le raid raté de PotashCorp sur K+S ou la fusion CF-OCI en cours. Mais elle pourrait être significative à long terme en France, d'autant qu'elle ne pourrait être qu'un début... L'opération concerne la reprise de Pierre Leseur, grossiste d'agrofournitures dont l'activité se concentre surtout sur les engrais (90 %), mais aussi les semences (10 %). Fondée en 1931, cette entreprise au capital familial est passée aux mains de la société 2F, une coentreprise à parts égales entre les deux filiales françaises des Espagnols Fertinagro et Fertiberia. Le montant de cette acquisition de la totalité du capital est resté confidentiel. L'objectif de 2F est de doubler d'ici à 2018 le chiffre d'affaires de Pierre Leseur, qui s'établissait à environ 25 millions d'euros en 2014, en doublant les volumes de ventes pour atteindre 120 000 tonnes par an.
 

Pour ce faire, Fertinagro et Fertiberia ont concocté un plan d'actions qui prévoit d'abord l'optimisation de la production. La volonté est d'atteindre la pleine capacité des trois sites industriels (mélanges, stockage et conditionnement) de Pierre Leseur à L'Hermitage (Ille-et-Vilaine), Carhaix (Finistère) et Folligny (Manche). Lesquels ne fonctionnent pour l'heure qu'avec une équipe de jour. Le projet porte aussi sur le développement des gammes, notamment pour des produits granulés en marque propre, pour la nutrition végétale (foliaires, solubles et microgranulés) et aussi pour l'alimentation animale. Ce qui permettrait à Pierre Leseur, dont le nom sera modifié en 2016, de renforcer sa présence sur le Grand Ouest. Un territoire stratégique puisqu'il concentre 25 % du marché français des engrais. Fertinagro et Fertiberia ambitionnent même d'écouler à l'avenir les produits de leur coentreprise au-delà du seul Grand Ouest.
 

Prototype pour le développement de deux entreprises espagnoles en France
 

Ces développements devraient conduire à des recrutements pour ce grossiste qui recense aujourd'hui 22 salariés. « À court terme nous réfléchissons à doubler les équipes commerciales en recrutant trois commerciaux », indique Jean-Luc Pradal. Le directeur général de Fertiberia France évoque aussi de possibles embauches en production. Cette acquisition est un « prototype pour le développement de deux entreprises espagnoles en France », poursuit Jean-Luc Pradal. Paul Joyeux, président du conseil de surveillance de Fertinagro et qui vient d'être nommé à la tête de 2F confirme que « d'autres cibles ont été identifiées en France » et que la coentreprise pourrait donc se lancer dans d'autres opérations de ce type en France.
 

Les deux filiales françaises ne nourrissent pas de projet de fusion, ces producteurs espagnols étant complémentaires et pas concurrents. Fertinagro, division engrais du groupe espagnol Tervalis, se revendique n°1 des fertilisants (NP, NPK, PK) en Espagne. Il dispose de capacités installées de 1 Mt/an d'engrais et de spécialités nutritionnelles, concentrées en Espagne, et d'une mine de phosphates au Sénégal. Le producteur recense 900 salariés et génère un chiffre d'affaires annuel d'environ 530 M€. En France, où il est implanté depuis 2006, Fertinagro détient dans les Landes une usine d'engrais complexes, à Misson, et d'un atelier de mélanges et de capacités de stockage dans le port de Tarnos. Il génère un chiffre d'affaires de 80 M€, et compte 120 salariés. De son côté, Fertiberia a une présence plus modeste en France, marché sur lequel il s'est implanté directement en 2013. Il y génère des ventes qui devraient atteindre 35 M€ cette année. En revanche, le groupe Fertiberia, filiale du groupe Villar Mir, se revendique n° 3 européen des engrais avec des capacités de 7,5 Mt/an. Son chiffre d'affaires a atteint 1,2 milliard d'euros l'an dernier, et il recense plus de 3 000 salariés et une vingtaine de sites essentiellement en Espagne, mais aussi au Portugal et en Algérie.

 

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