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First Reserve et SK Capital veulent s'offrir TPC

Julien Cottineau

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Le plus grand producteur nord-américain de butadiène penche en faveur d'une offre de reprise de 850 M$ des fonds First Reserve Corporation et SK Capital Partners. Une offre jugée toutefois sous-évaluée par certains investisseurs.

C'est peut-être le début d'un feuilleton financier. A peine annoncée, l'opération est déjà décriée par certains protagonistes. Initialement, pourtant, l'affaire paraît simple. Anciennement connu sous le nom de Texas Petrochemicals avant un changement de nom en 2010 (CPH n°496), TPC Group pourrait passer sous la coupe des fonds d'investissements américains First Reserve Corporation, spécialisé dans l'énergie, et SK Capital Partners, focalisé dans les matériaux de spécialités, la chimie et la santé. L'offre de reprise du capital de TPC se porte à 40 $ par actions, soit un montant potentiel d'environ 850 millions de dollars (environ 680 M€), dont un peu plus de 200 M$ de reprise de dettes. Cette proposition, qui représente un premium de 20 % par rapport au cours de l'action de TPC fin juillet, a été acceptée par le Conseil d'administration, qui recommande à ses actionnaires de l'accepter. Fin août, TPC annonçait que des actionnaires représentant 22 % du capital se seraient montrés satisfaits.

Sauf que la finance n'est pas un long fleuve tranquille et que des voix ont commencé de s'élever dès l'annonce publique de l'opération. Avec en ligne de mire cette offre de 40 $/action jugée par de nombreux acteurs comme sous-évaluée, voire largement sous-évaluée. L'un des plus grands actionnaires de TPC, le groupe Sandell Asset Management n'a pas hésité à parler « d'outrage » dans la presse américaine, jugeant que le premium est ridicule pour une société qui pourrait évoluer entre 55 et 57 $ par action d'ici un an. Un avis partagé par plusieurs analystes outre-Atlantique. D'ailleurs, dans la foulée de l'annonce, plusieurs cabinets d'avocats d'affaires se sont lancés dans des enquêtes suite à des plaintes de quelques membres du Conseil d'administration de TPC, rapporte Chemical Week. Les plaintes sont à l'unisson : l'offre serait sous-évaluée et les actionnaires n'obtiendraient pas une compensation adéquate.

Il faut dire que TPC sort d'une période difficile. Le groupe pourrait se relancer toutefois avec des moyens financiers. Plus grand producteur de butadiène en Amérique du Nord, leader mondial de la production de butène-1, seul producteur nord-américain de diisobutylène de grade chimique et n°2 outre-Atlantique de l'isobutylène de haute pureté, TPC dispose de positions fortes dans plusieurs domaines. Sauf que les stigmates de la crise de 2008-2009 sont encore forts. Ses capacités de production, centralisées aux Texas, sont en réalité presque deux fois plus importantes que celles actuellement en service (voir le graphique). Ces dernières années, le groupe a dû se confronter à de fortes et soudaines baisses de la demande, puis à des prix des matières premières forts. Et avec la formidable croissance de l'exploation des gaz de schistes, la proportion de C4 disponible ou qui le sera ne s'améliore pas, les opérateurs de vapocraqueurs se détournant du naphta pour l'éthane, moins générateur de C4. Devenu par ailleurs un acteur américain d'envergure pour le MTBE avec la reprise des actifs d'Huntsman à Port Neches (Texas), TPC dispose de capacités sous cocon qui nécessiterait des moyens financiers conséquents pour être remises en service. De fait, le Conseil d'administration du groupe, dépourvu de solution pour lever suffisamment d'argent pour se relancer, avait décidé d'étudier des pistes, comme celle de se vendre, pour se remettre à flots. Ce qui, vu la polémique sur le prix de l'offre actuelle d'acquisition, ne sera peut-être pas si proche.
 



Les capacités de production en service de TPC, en tonnes par an.

Source : TPC

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