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Équipement de process : Foeth veut démocratiser le second usage sur le marché français

Sylvie Latieule
Équipement de process : Foeth veut démocratiser le second usage sur le marché français

© Foeth

Fournisseur d'équipements haut de gamme reconditionnés pour les marchés de la chimie et de la pharmacie, le groupe néerlandais Foeth pense pouvoir apporter un concours utile au mouvement de relocalisation souhaité par les pouvoirs publics français. Les machines qu'il propose présentent, en effet, un triple avantage en termes de coût, de disponibilité et de durabilité.

Avec la crise sanitaire que nous connaissons, il est apparu que la France souffrait d'une grave dépendance en matière industrielle vis-à-vis de pays tiers et souvent extra-européens. Ce problème s'est révélé particulièrement aigu dans le secteur de la santé, alors que la France souffrait déjà de graves problèmes de pénuries sur certains médicaments clés. Ainsi, industriels de la santé et gouvernement réfléchissent ensemble à la possibilité d'une relocalisation de certains pans d'activités, notamment dans le domaine de la chimie fine et de la chimie de spécialités. Reste à réinvestir dans des usines sur le territoire, alors que l'on sait que l'installation de lignes de production est toujours très capitalistique. C'est dans ce contexte que la société néerlandaise Foeth est en train de se positionner sur le marché français, car elle dispose d'un savoir-faire assez rare, la fourniture d'équipements d'occasion de haute qualité, revampés, à des prix ultra-compétitifs. « Foeth est une société néerlandaise plus que centenaire. Longtemps négociant en machines pour différents domaines, du food à la chimie en passant par l'alimentation animale et la meunerie, elle [Foeth]s'est dirigée, ces dernières années, vers le domaine des spécialités et de la chimie fine, incluant les marchés des cosmétiques et des ingrédients alimentaires. Soit un ensemble de domaines nécessitant des équipements en inox de qualité », explique Jeff Reyes, en charge du Business Development chez Foeth. Et les avantages de ces équipements de second usage sont nombreux, à commencer par leur prix. « En fonction de la marque de l'équipement, de son état, de l'année de sa fabrication..., le prix d'un équipement de second usage peut représenter entre 20 à 50 % du prix de l'équipement neuf », explique-t-il.

Plus de 4 000 machines en stock

À cela s'ajoute la disponibilité des équipements. « Nous sommes en mesure de mettre une machine à disposition dans un délai de 1 à 2 semaines », poursuit-il. Cela grâce à un stock permanent d'environ 4000 machines qui ont été réceptionnées, contrôlées, nettoyées et entreposées. Ce stock est installé à Barneveld, à 60 kilomètres au sud-est d'Amsterdam. « Le stockage est un de nos deux grands atouts. C'est ce que qui nous différencie de la concurrence. D'autant plus que nous sommes réputés pour mener des contrôles assez poussés et pour réaliser des opérations de reconditionnement de qualité », poursuit Jeff Reyes. Quoi qu'il en soit, la société Foeth ne se fournit qu'auprès d'industriels réputés qui ont suivi et maintenu leurs équipements avec attention. Les équipements proviennent principalement d'Europe, en particulier d'Allemagne, de Suisse ou de Pologne où la société s'est déjà fait un nom par le bouche-à-oreille. « Nous sommes bien connus de grands industriels de la chimie et de la pharmacie qui nous contactent, lorsque des équipements se libèrent. Nous pouvons également nous approvisionner dans des ventes aux enchères ou solliciter parfois des industriels en direct », explique le responsable du Business Development. Par ailleurs, les acheteurs de Foeth, au nombre de quatre sur les 25 collaborateurs que compte la société, ne sélectionnent que des équipements aux technologies complexes pour les procédés de synthèse, proposés par des constructeurs de renom. La société est ainsi spécialisée dans la fourniture de réacteurs, d'autoclaves, de centrifugeuses, de cuves, de mélangeurs, de sécheurs en batch ou en continu, d'échangeurs thermiques... Et le plus souvent, dans des fabrications en inox, hastelloy ou encore aciers vitrifiés ou spéciaux, qui sont particulièrement recherchés dans la chimie fine et de spécialités.

Pour autant, Jeff Reyes précise : « Nous ne sommes pas des concurrents des fabricants. Nous sommes leurs alliés. Lorsqu'une société a un besoin ponctuel ou urgent ou qu'elle n'a pas suffisamment de budget pour accéder à l'équipement neuf et/ou certaines marques, nous pouvons offrir une solution qui n'entre pas en compétition avec le neuf ». À ce titre, il assure que Foeth bénéfice d'une très bonne image de marque auprès de grands constructeurs sans aller pour autant vers la signature d'accords spécifiques. Mais cela pourrait être une étape à franchir dans le futur. « Les fabricants n'ont pas le réflexe d'informer leurs clients de cette possibilité de recourir à des équipements de second usage. Pourtant, cela permettrait parfois de conserver une marque chez un client », ajoute-t-il.

Enfin, il est un troisième argument en faveur des équipements reconditionnés, encore émergent, mais qui devrait prendre de plus en plus de place dans les années à venir. Il s'agit de la durabilité. Les ingénieurs de Foeth ont calculé que chaque machine réutilisée, qui évite donc une nouvelle production, permet d'économiser en moyenne trois tonnes de CO2. « Ce n'est pas une tendance nette, mais on voit une montée en puissance, notamment au niveau des grands industriels », précise Jeff Reyes.

Des freins à lever sur le marché français

En dépit de tous ces points positifs, le recours à des équipements de second usage n'est pas encore complètement entré dans les moeurs en France, contrairement aux pays d'Europe du Nord - Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Pologne -, ou plus au sud, à l'Espagne. « Ce qui inquiète les Français, c'est la qualité des équipements », poursuit Jeff Reyes. « Ils ont peur d'acheter une machine qui ne serait pas en assez bon état et qui pourrait « casser ». Ce qui n'est pas le cas avec les équipements que nous fournissons, car nous nous appuyons sur des machines très solides et qui sont contrôlées très sérieusement ». Et parmi les freins, la question de la traçabilité peut également se poser. Pourtant, Foeth est en mesure de garantir un suivi des équipements, avec la connaissance des fabrications antérieures. Par exemple, un client du food ne se verra pas livrer un équipement ayant contenu des antibiotiques ou des anticancéreux ! « Nous avons tout de même quelques grands industriels qui nous achètent des équipements en France, surtout pour des raisons de disponibilité et parfois de durabilité », fait savoir Jeff Reyes. Force est de constater qu'ils ne sont pas très enclins à se dévoiler.

Pour conclure, Jeff Reyes résume : « Nous cherchons à être un partenaire privilégié pour des organisations de taille moyenne à grande, qui cherchent des solutions fiables à leurs besoins ponctuels ou continus. Foeth est un partenaire en mesure de fournir des solutions globales, compétitives et de qualité dans des délais brefs, en toute sécurité, pour les secteurs de la chimie fine et de spécialités ». Cette proposition est d'autant plus pertinente que des subventions commencent à se mettre en place sur le marché pharma pour aider à la relocalisation. Le recours au second usage pourrait aider à baisser de façon significative les enveloppes budgétaires, notamment lorsque l'on parle de modernisation d'outils de production ou d'augmentations de capacités pour des médicaments aussi bon marché que des génériques, avec l'emblématique paracétamol. La solution du second usage vaut bien d'être étudiée.

FOETH EN CHIFFRES

1908 Année de création

25 collaborateurs

15 M€ de chiffre d'affaires

35 000 m2 de surface de stockage

> 4 000 Machines disponibles

 

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