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[Spécial RSE] : France Chimie accompagne les TPE-PME dans la démarche Responsible Care®

[Spécial RSE] : France Chimie accompagne les TPE-PME dans la démarche Responsible Care®

© Aurore Fries, animatrice Responsible Care® – RSE pour France Chimie

L'initiative Responsible Care® est l'engagement RSE des entreprises de la Chimie au niveau mondial pour la gestion sûre des produits chimiques tout au long de leur cycle de vie, l'amélioration de la qualité de vie et la contribution au développement durable. Cette démarche passe par la mise en place de nouvelles actions et la reconnaissance d'initiatives déjà existantes (ISO 9 001, 14 000, 26 000...). Les progrès accomplis sont ensuite mesurés grâce à des indicateurs. France Chimie, la fédération qui représente les entreprises de la Chimie en France, conseille et propose des outils aux TPE-PME pour les aider à rejoindre la démarche et répondre ainsi aux attentes de plus en plus fortes des parties prenantes du secteur.

Aujourd'hui, la plupart des entreprises de la chimie font déjà de la RSE, sans forcément le savoir. Mais elles ne sont pas encore assez nombreuses à avoir rejoint la démarche, en particulier parmi les TPE - PME. En cause, une démarche et des outils d'application qui avaient sans doute un peu vieilli. « Jusque tout récemment, le programme s'appuyait par exemple sur un classeur de 300 pages, datant de 2003, trop long et difficile à compulser, en particulier pour les plus petites entreprises, explique Aurore Fries, animatrice Responsible Care® - RSE pour France Chimie. Ces outils obsolètes ont sans doute incité bon nombre d'entreprises à négliger cet engagement volontaire et à ne plus voir les liens inhérents entre Responsible Care et les démarches de certification de type ISO 9001, sur la mise en place de systèmes de management de la qualité, ou ISO 14001 pour la maîtrise des impacts environnementaux. »

Une démarche volontaire d'amélioration continue

Pourtant, le programme Responsible Care® est vertueux à plusieurs titres. Il permet de s'inscrire dans une démarche d'amélioration continue accélérée en partageant avec ses pairs, mais aussi de mesurer le chemin parcouru. À ce titre, les efforts déployés par les entreprises de la Chimie depuis de nombreuses années ont donné des résultats très concrets en matière de diminution des accidents de travail, de consommation de matières premières et d'énergie, de rejets dans l'environnement, de production de déchets... « L'un des enjeux du Responsible Care®, c'est de répondre aux attentes de nos parties prenantes (salariés, riverains, consommateurs, autorités...) et d'entretenir un dialogue permanent et mutuellement bénéfique », résume Aurore Fries. Un enjeu d'importance croissante pour les entreprises de la chimie qui font face à des exigences ou des demandes de plus en plus fortes de la société. C'est la raison pour laquelle France Chimie en fait l'une de ses priorités, comme l'a formulé son président de Luc Benoit-Cattin, lors de son élection en tant que président de l'organisation professionnelle France Chimie : « Inciter l'ensemble des adhérents - en particulier des PME - à s'engager davantage en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) et à mettre en oeuvre les exigences de la charte Responsible Care®. » C'est dans cette optique qu'en 2017 France Chimie a décidé de rénover les outils permettant de s'engager dans le programme Responsible Care®. Une soixantaine de parties prenantes ont alors été sollicitées pour écrire un nouveau guide d'application. Baptisé « Référentiel Responsible Care® », il a été publié en septembre 2018.

Une structuration autour de six piliers

Le point fort de ce guide est d'être construit autour de 6 chapitres qui reprennent chacun des 6 piliers du programme : développer une culture d'entreprise, protéger les personnes et l'environnement, renforcer les systèmes de gestion des produits, agir auprès de ses partenaires commerciaux, impliquer les parties investies et apporter une contribution au développement durable. Mais avant d'avoir à élaborer des plans d'actions autour de ces piliers, les entreprises sont invitées à utiliser l'outil d'autodiagnostic qui accompagne le guide. Il leur permet de s'auto-évaluer sur chacun des six enjeux sur une échelle comptant quatre niveaux : pas traité, initial, mature, expert. Le guide propose ensuite des axes d'améliorations en correspondance avec le niveau de maturité de chacun. Par ce biais, un adhérent de France Chimie a la possibilité de s'engager dans le Responsible Care® quel que soit son niveau. « Nous prenons l'adhérent où il est, de débutant à best in class, et nous l'accompagnons dans une démarche de progrès pour l'amener à l'étape d'après », assure Aurore Fries.

L'autre point fort de cette nouvelle mouture, c'est son ouverture aux parties prenantes. « La version initiale du Responsible Care® reposait principalement sur des enjeux HSE. « Ce nouveau guide a permis une ouverture sur d'autres champs avec l'implication des parties prenantes et une plus grande attention aux attentes extérieures liées aux défis sociétaux », résume Françoise Durand-Rivoire, directrice RSE et transformation digitale chez Novasep, et présidente du comité Responsible Care® de France Chimie. Elle évoque par exemple la pertinence d'une fiche consacrée à la préservation de la biodiversité. « La protection et/ou la réhabilitation de la biodiversité pourraient être des opportunités à saisir pour contribuer au développement durable et améliorer l'image d'une entreprise et ses relations avec les parties prenantes ». Déjà, un certain nombre de projets « Biodiversité et changement climatique » ont été déposés par des sociétés à l'occasion des trophées Responsible Care®.

Trente-cinq ans d'histoire

Pour comprendre cette évolution du Responsible Care®, il faut se replonger dans l'histoire du programme, né il y a trente-cinq ans au Canada et adopté dans les années 1990 par l'industrie de la chimie en France. Appelée un temps « Engagement de progrès » dans notre pays, cette charte mondiale a permis de poser les bases d'une démarche volontaire d'amélioration continue des pratiques des entreprises de la chimie, au départ en matière de santé, sécurité et environnement. À l'époque, la certification ISO 9001 était balbutiante. L'ISO 14001 ou l'OSHAS 18001, sur le management de la santé et de la sécurité, n'avaient même pas été élaborées. Sur ce type de sujets, le Responsible Care® a ainsi figuré pendant longtemps comme une démarche en avance sur son temps.

À l'aube du 21e siècle, c'est une nouvelle démarche volontaire qui a cependant commencé à prendre de l'ampleur : la RSE, correspondant à la mise en oeuvre dans l'entreprise des concepts de développement durable et de ses trois piliers (économie, social et environnement). Le concept est aujourd'hui global, grâce à l'initiative des Nations Unies qui ont lancé en 2000 le Pacte mondial ou Global Compact. Ce programme incite les entreprises du monde entier à adopter une attitude socialement responsable en visant la protection de l'environnement, mais, au-delà, la promotion de plusieurs principes relatifs aux droits de l'homme, en passant par le respect des normes internationales du travail ou la lutte contre la corruption. Pour cela, un langage commun a même été développé avec l'énoncé des 17 objectifs du développement durable (ODD). Ce programme mondial aurait pu sonner le glas du Responsible Care®, cher aux chimistes. Il n'en a rien été.

Une démarche RSE sectorielle

En 2010, lorsqu'a été enfin publiée une norme internationale fixant le cadre de la responsabilité sociétale des entreprises, l'ISO 26000, son annexe A a proposé une liste des initiatives volontaires et des outils déjà existants en rapport avec la responsabilité sociétale. En bonne place dans cette liste, le Responsible Care® est confirmé en tant que démarche RSE sectorielle des industriels de la chimie, en parfaite adéquation avec la certification 26000 et le programme du Pacte mondial.

D'ailleurs, si l'on reprend la liste des 17 ODD définis dans le Pacte, il est clair que la chimie est en mesure de répondre, de près ou de loin, à l'ensemble de ces objectifs. Néanmoins, compte tenu des spécificités de cette industrie, l'initiative européenne Chemistry Can, soutenue par le Cefic (fédération européenne de l'industrie chimique), a récemment proposé de mettre en exergue 6 ODD en lien plus direct avec les contributions de cette industrie (numéros 2, 3, 6, 7, 12 et 13).

Restait à rénover la charte Responsible Care® afin qu'elle puisse retrouver de l'attractivité. Car entre-temps, on a pu observer une multiplication des pratiques. « De 2010 à 2017, entre les référentiels Ecovadis, PCSI, Global Compact , Sedex..., chaque entreprise avait son cadre », rappelle Françoise Durand-Rivoire. Au niveau mondial, une nouvelle version du Responsible Care® a alors été proposée en 2014. C'est sur cette base que France Chimie s'est appuyée pour élaborer le premier guide de retranscription de la charte (version 2014) en Europe. « Le travail de la France a été avant-gardiste. Il a servi de base au Cefic, qui a repris sa structure et l'idée de l'autodiagnostic pour élaborer un guide européen », ajoute Aurore Fries. « L'intérêt pour les PME est de disposer d'un outil d'autodiagnostic et d'éléments concrets pour la structuration de leur démarche RSE. Les autres référentiels de type Ecovadis, TfS sont basés sur des évaluations de qualité documentaire », complète Françoise Durand-Rivoire.

Actionner le levier de la communication

Aujourd'hui, pour inciter un maximum d'entreprises à signer la charte (dont des PME-TPE, qui représentent plus de 90 % de ses adhérents), France Chimie met les bouchées doubles en termes de mobilisation. « Nous organisons des conférences dans les régions ainsi que des ateliers thématiques et webinars nationaux, et nous proposons toute une offre de services inclus dans l'adhésion à France Chimie », résume Aurore Fries.

Mais l'initiative la plus visible est sans doute la tenue des Trophées Responsible Care®. Organisés en région les années impaires, puis au niveau national les années paires, ces trophées encouragent les pratiques vertueuses en matière de santé, de sécurité, d'environnement et de RSE au sens large. Un événement incontournable et valorisant pour les entreprises, qui rencontre chaque année un peu plus de succès.

DÉFINITIONS

Responsabilité sociétale des entreprises, ou RSE : traduction du concept de « Corporate social responsability », qui désigne l'intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques des entreprises à leurs activités économiques et à leurs parties prenantes.

Parties prenantes ou parties intéressées : Individus, institutions ou organisations qui pourraient être impactés par les activités, les produits ou les services d'une entreprise. On y englobe de nombreux acteurs : salariés et représentants, partenaires financiers, clients, fournisseurs, sous-traitants, organisations professionnelles, pouvoirs publics, communautés locales, ONG et autres associations, médias...

Pacte mondial, ou Global Compact : initiative lancée en 2000 par les Nations Unies visant à inciter les entreprises à adopter une attitude socialement responsable en s'engageant à intégrer et à promouvoir des principes relatifs aux droits de l'homme, aux normes internationales du travail, à l'environnement et à la lutte contre la corruption.

Ecovadis : plateforme de notation de la performance sociale et environnementale des chaînes d'approvisionnement mondiales.

Together for Sustainability (TfS) : sur le modèle d'Ecovadis, 25 chimistes ont monté une opération volontaire de mutualisation des audits RSE afin de gagner du temps et éviter de multiplier les audits ; chaque audit posté dans la plateforme est alors visible par l'ensemble de ses adhérents. https://tfs-initiative.com/

 

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