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FRÉDÉRIC GAUCHET, PRÉSIDENT DU GROUPE MINAFIN «La concurrence asiatique n'est pas une véritable menace pour la chimie fine à haute valeur ajoutée.»

Juliette Badina
FRÉDÉRIC GAUCHET, PRÉSIDENT DU GROUPE MINAFIN «La concurrence asiatique n'est pas  une véritable menace pour la chimie fine à haute valeur ajoutée.»

© © Minafin

Alors que les grands de la chimie ferment des sites et multiplient les plan sociaux sur le territoire français, des sociétés de plus petite taille créent de nouveaux espoirs pour le site France. Reste qu'elles attrapent très vite le virus de la globalisation.

« Nous subissons une concurrence au niveau mondial dans le domaine de la chimie fine, mais l'Asie n'est pas une menace structurelle pour notre activité. Il est vrai que la main-d'œuvre asiatique est moins chère, mais cela ne permet pas de développer une chimie fine de haute valeur ajoutée qui nécessite du personnel hautement qualifié. Créneau sur lequel nous nous situons. Conscients de la très forte restructuration de l'industrie pharmaceutique, et de son incidence négative sur notre métier de chimie fine pharmaceutique, nous nous développons vers les métiers connexes de la santé avec Minasolve. Avec cette marque, nous nous sommes lancés début 2008 dans la production de bio-ingrédients pour l'industrie cosmétique, de la parfumerie et des arômes. Il y reste beaucoup à faire. Avec le développement depuis 2008 de notre activité américaine de chimie à partir de biomasse (produits commercialisés sous la marque Pennakem), nous avons aussi pris position sur le marché de niche de la chimie du furane. Un marché qui trouve des applications dans les domaines des sciences de la vie, des additifs pour caoutchoucs, et des solvants (biodégradables pour certains), bien résistant aux cycles économiques par la diversité de ses débouchés. La part de la matière grise est très importante dans nos différents métiers. L'Europe a donc encore de belles perspectives devant elle si elle sait rester la plus innovante. Et la vraie difficulté est plus française qu'européenne. Nous avons en effet des coûts de main-d'œuvre unitaires bien plus chers en France. Nos voisins, notamment l'Allemagne, ont un coût de salaire chargé plus bas pour temps travaillé plus élevé. Mais nous ne baissons pas les bras et nous continuons à croire en la France. Aujourd'hui, la moitié de nos salariés travaille dans l'Hexagone. Cependant, nous saurons saisir les opportunités de croissance là où elles se présenteront, y compris dans les autres pays. Il est possible que cela aboutisse à un rééquilibrage de nos effectifs en dehors de la France. Nous sommes attentifs à ce que le gouvernement français peut offrir et nous surveillons de près la menace de la taxe carbone. Notre pays ne peut pas se permettre d'avoir des réglementations franco-françaises qui réduiront encore sa compétitivité par rapport à ses voisins européens. L'Hexagone a d'énormes atouts : notamment ses écoles de chimie et sa capacité d'innovation. Il faut valoriser cette filière de la chimie fine. »


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