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Fusions/Acquisitions/Rhodia pourrait s'opposer au rachat d'Albright & Wilson par Albemarle

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Nouveau rebondissement dans le domaine des spécialités. Alors que l'américain Albemarle lance une OPA amicale sur Albright & Wilson à 130 pence par action, valorisant le britannique à 408 millions de livres, soit 610 M d'euros, Rhodia envisage de contrer l'opération. "Nous avons eu récemment des discussions préliminaires avec les dirigeants d'Albright & Wilson, sans présenter d'offre pour l'instant", a fait savoir le groupe français qui pourrait s'engager dans une contre-OPA. Selon les analystes, Rhodia pourrait avancer une offre à 150 pence par action, valorisant Albright & Wilson à 700 M d'euros. Filiale du conglomérat Tenneco depuis 1978, puis société indépendante à la suite de son entrée en Bourse en 1995, Albright & Wilson, créée au milieu du siècle dernier pour produire du phosphore pour les allumettes, est désormais spécialisée dans les tensioactifs (36 %), les phosphates (40 %) ainsi que les dérivés du phosphore et les acryliques (24 %). En Europe, le groupe emploie 5000 personnes et possède onze usines dont deux en France, à Saint-Mihiel (Meuse) pour la production de tensioactifs et de dérivés phosphorés, et à Lavéra (Bouches-du-Rhône) dans les éthoxylés. Le rapprochement avec Albemarle qui a réussi à obtenir 19 % du capital du groupe dès le 9 mars grâce à l'apport de deux importants actionnaires, a pu surprendre les analystes, vu le faible recouvrement d'activités des deux compagnies. Un argument qui peut se tourner en leur faveur, puisque les gammes de produits s'accordent sans entrer en compétition, estime Floyd Gottwald, le président d'Albermarle. Un rapprochement avec Rhodia permettrait en revanche à l'ensemble de devenir un leader incontesté sur le marché des phosphates (entrant dans la fabrication des lessives, des détergents, des produits de traitement des métaux, et de l'alimentaire), secteur où les deux groupes sont numéros un et deux mondial. L'ensemble représenterait un chiffre d'affaires de 1355 M$ dans les phosphates (885 M$ pour Albright & Wilson et 470 M$ pour Rhodia). Il est également question de la reprise par Albright & Wilson des activités phosphates de Solutia qui sont en vente depuis le début de l'an dernier. Un tel regroupement pourrait permettre de réduire plus massivement les coûts qu'une fusion avec Albemarle mais risquerait aussi de s'attirer l'opposition des autorités chargées des questions de concurrence. En revanche, Rhodia n'est pas intéressé par l'activité du groupe britannique dans les tensioactifs pour laquelle une cession pourrait alors être envisagée. Albright & Wilson qui a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 814,9 M£, a vu ses résultats affectés à la fois par le renchérissement de la livre et la crise asiatique qui ont eu un impact négatif de 13 M£ sur les bénéfices du groupe. Son bénéfice opérationnel s'établit ainsi en recul de 13 % (à 59,7 M£) et son bénéfice imposable de 20 % (à 48,3 M£). La division des phosphates a été plus touchée que les autres en raison des pressions sur les prix et de sa forte localisation au Royaume-Uni. Pour contrer cet handicap, le groupe britannique a voulu développer sa présence en dehors de ce pays. Les actions ont été nombreuses : alliance avec Copebras pour une usine de phosphates techniques au Brésil, acquisition des activités de tensioactifs de Witco à Blue Island fin 1997 (avec un doublement de capacité prévu au cours du premier trimestre 1999), démarrage d'une capacité de phosphates alimentaires en Colombie par le biais d'un joint-venture... Du côté de l'Asie, Albright opère par l'intermédiaire de joint-ventures avec des partenaires comme Birla en Thaïlande et Salim à Singapour (dans les tensioactifs). Une autre volonté du groupe concerne les réductions de coûts, particulièrement dans le secteur des phosphates où Albright peut se prévaloir de bénéficier des coûts de production les plus bas au monde pour le PWA (purified wet phosphoric acid) grâce à des restructurations importantes. Des plans de restructuration et des suppressions d'emplois ont également touché le secteur des tensioactifs, qui doit affronter une concurrence assez forte (Henkel, RWE-DEA et Rhodia). Albright n'a pas oublié de développer les activités à plus forte valeur ajoutée, en particulier dans le secteur des dérivés du phosphore. Albermarle, de son côté, a été relativement satisfait de son activité 1998 (chiffre d'affaires de 820 M$). Présent dans les polymères, les biocides et tensioactifs, les phytosanitaires, la pharmacie et autre chimie fine et de spécialités, le groupe s'est restructuré pour se concentrer sur les spécialités depuis sa séparation d'avec Ethyl en 1994 (en 1996, il a vendu son activité d'alpha-oléfines à Amoco). Ses points forts : les produits chimiques à base de brome (notamment les retardateurs de flamme), les produits pharmaceutiques en vrac et les alkyles d'aluminium. En juin 1998, le groupe de Baton Rouge (Louisiane) a formé un joint-venture en Jordanie avec Jordan Dead Sea Industries (filiale de Arab Potash) dans les produits retardateurs de flamme dérivés du brome, du bromure de calcium et du tétrabromobisphénol-A (TBBA). S'ajoute à cela le démarrage prévu au troisième trimestre 1999 d'une nouvelle unité de TBBA dans l'Arkansas, l'ensemble portant Albemarle en tête des producteurs de brome et dérivés. Outre son activité croissante dans les catalyseurs métallocènes, le groupe a également l'intention d'obtenir des contrats plus importants dans la synthèse à façon d'intermédiaires pharmaceutiques. En 1997, Albemarle a débuté la production du principe actif du naproxen (vendu sous le nom Naprosyn), qui est venu s'ajouter aux gammes nabumetone et ibuprofen. La division de chimie fine comporte également une activité destinée au traitement de l'eau. En cas de succès, le rapprochement de ces deux sociétés pourrait conduire à des synergies dans les secteurs des produits intermédiaires pour la pharmacie et les phytosanitaires, des tensioactifs, et surtout des retardateurs de flamme. Les produits bromés qu'Albemarle fabrique notamment dans son usine alsacienne de Thann et les produits phosphorés, spécialité d'Albright & Wilson, occupent ensemble 60 % du marché mondial des retardateurs de flamme. Le paysage de la chimie de spécialités américaine est actuellement dominé par trois compagnies. Rohm & Haas, tout d'abord, qui s'est nettement démarqué des autres avec le rachat de Morton, combinant un chiffre d'affaire de 6,5 Mrds $ (dont 12 % provenant de l'activité de sel de table). Hercules, ensuite, qui se place en deuxième position grâce à la reprise de son concurrent BetzDearborn (3,5 Mrds de CA). Vient ensuite Solutia, avec presque 2,9 Mrds $. En dehors de ses meneurs, le groupe Albemarle/Albright pourrait se tailler une part honorable avec un CA dépassant légèrement les 2 Mrds $. Ce qui lui permettrait de sortir du peloton des compagnies dont le chiffre d'affaires se situe entre 1,3 et 1,9 Mrds $ : Witco (1941 M$), Nalco Chemical (1573 M$), Olin (1425 M$), Great Lakes (1394 M$), Grace (1463 M$), Ferro (1362 M$), Cytec (1444 M$)... n

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