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GILBERTE CHAMBAUD, DIRECTRICE DE L'INSTITUT DE CHIMIE DU CNRS « Pour améliorer la situation, nous nous efforçons de travailler au plus près avec les industriels.»

Aurélie Dureuil
GILBERTE CHAMBAUD, DIRECTRICE DE L'INSTITUT DE CHIMIE DU CNRS « Pour améliorer la situation, nous nous efforçons de travailler au plus près avec les industriels.»

© © CNRS

Louée dans la monde entier pour son haut niveau et son inventivité, la recherche française peine à transformer ce savoir en innovation. C'est tout le challenge de ces prochaines années.

« De tout temps, les chercheurs chimistes français ont été inventeurs et ils ont publié des brevets, mais la valorisation de ces inventions par l'industrie française est insuffisante. Pour améliorer la situation, nous nous efforçons de travailler au plus près avec les industriels. Notre but est d'identifier à un stade peu avancé les projets prometteurs pour pouvoir les amener ensemble à un stade de développement et d'exploitation. Les pôles de compétitivité comme Axelera et IAR, nous permettent ce type d'approche conjointe.

En termes de stratégie, la principale priorité est actuellement de faire la chimie autrement' comme nous l'imposent d'ailleurs les nouvelles réglementations telles que Reach. Nous travaillons à la conception de produits chimiques de substitution pour remplacer ceux qui sont exclus par la réglementation et nous développons aussi des outils de modélisation par exemple pour éviter les tests sur les animaux. Dans les années à venir, il y a trois domaines dans lesquels nous devons être innovants : l'énergie, l'environnement et la santé. Pour l'énergie et le développement durable, nous pouvons intervenir sur plusieurs aspects : améliorer le traitement des ressources fossiles en optimisant les catalyseurs, avoir une meilleure exploitation des ressources de la biomasse en utilisant toutes les composantes des plantes, mais aussi considérer davantage les ressources que peut nous apporter la mer, notamment les algues - ces deux derniers points impliquent de développer une chimie d'extraction. Nous continuerons aussi à travailler dans le domaine du photovoltaïque : la chimie doit concevoir et fournir des nouveaux matériaux pour capter et transformer l'énergie solaire de façon plus efficace. Nos recherches porteront aussi de façon prioritaire sur le stockage de l'énergie, notamment sur forme électrochimique, domaine dans lequel le CNRS occupe une position de leader mondial. En matière d'environnement, nous allons voir se développer de nombreuses d'activités, que ce soit en terme d'élimination ou de contrôle de la pollution, ou en l'évitant par l'emploi de produits et de techniques respectueuses de l'environnement. En ce qui concerne les matériaux qui nous entourent au quotidien, l'innovation portera principalement sur l'élaboration de matériaux dédiés à des fonctions spécifiques, plus légers, plus résistants et surtout recyclables. Dans le secteur de la santé, l'innovation en chimie concerne toujours les molécules actives du médicament, mais s'y ajoute le souci d'administrer le médicament de la façon la plus efficace possible et à la plus faible dose possible. Cela est réalisé par la mise au point d'un environnement de la molécule active qui permet de l'acheminer et ensuite de la libérer sur le site où elle doit agir. Par ailleurs, nous développons des techniques de diagnostic et d'analyses permettant de détecter des quantités de plus en plus petites, notamment des traces d'anticorps. Dans toute sa pluralité, la chimie occupe une position en amont des autres sciences car c'est elle qui élabore la matière indispensable à l'innovation et elle intervient de plus en plus activement dans la conception de produits nouveaux en collaboration étroite avec les autres disciplines comme la biologie pour la santé, le génie chimique pour les matériaux, ou la physique pour l'énergie. »


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