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GUILLAUME BUCCO, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE SOLVAY EN FRANCE «Il faut réorienter sa recherche et ses business unit vers une chimie plus durable.»

Sylvie Latieule
GUILLAUME BUCCO, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE SOLVAY  EN FRANCE «Il faut réorienter sa recherche et  ses business unit vers une chimie plus durable.»

© © Solvay

L'Europe se désindustrialise lentement au profit des zones de croissance. Les grands industriels de la chimie y contribuent. Seules des activités très innovantes qui vont dans le sens du développement durable ont des chances de se maintenir.

« Au cours de ces dernières années, l'industrie chimique européenne a pris un nouveau virage. Au-delà des changements apparus au niveau réglementaire, avec l'arrivée de Reach et de la directive ETS, le débat sur le développement durable est monté en puissance et a modifié profondément notre vision stratégique et nos priorités. En tant que très gros consommateur d'énergie et de matières premières, l'industrie chimique a été amenée à s'interroger sur des thèmes comme l'épuisement des ressources naturelles, le réchauffement climatique ou le traitement des déchets. Nous pouvons répondre à ces enjeux de développement durable de manière défensive en réduisant simplement nos consommations et notre impact sur l'environnement par de meilleurs rendements. Mais nous pouvons également y répondre de manière offensive en réorientant notre recherche et nos activités de production vers des technologies en rupture allant dans le sens du développement durable. La chimie a un rôle d'autant plus important à jouer qu'elle fournit toutes les grandes industries manufacturières qui ont besoin de solutions pour répondre à ces mêmes contraintes environnementales. Elle est donc à même de produire les matériaux du futur dont l'usage permet par exemple d'exploiter les énergies renouvelables, de stocker l'électricité ou de réduire les consommations par un allègement ou une isolation des structures mises en œuvre.

Cette vision du futur, Solvay la partage avec les grands industriels de la chimie. Mais notre groupe, du fait de son histoire et de sa culture, s'inscrit sans doute davantage encore dans une action et une vision privilégiant le long terme et la pérennité. Ainsi, les membres de la famille des fondateurs comptent toujours parmi les grands actionnaires de Solvay qui a pourtant été créé il y a près de 150 ans ! Dans son portefeuille actuel, à côté de ses productions traditionnelles - PVC, soude caustique, produits fluorés, carbonate de soude et peroxyde d'hydrogène - qu'il continue de faire vivre avec la plus grande efficacité possible, Solvay a déjà pris des initiatives allant dans le sens de la durabilité. Une de nos réalisations les plus emblématiques est un pilote industriel de l'épichlorhydrine , installé à Tavaux, qui exploite une nouvelle technologique permettant de remplacer la matière première d'origine pétrolière, le propylène, par une ressource végétale : la glycérine naturelle. Dans le domaine du PVC, nous développons un projet au Brésil qui vise à remplacer l'éthylène par de l'éthanol provenant de la canne à sucre. Dans le domaine de l'énergie, nous avons en projet d'utiliser de la biomasse ou des déchets ménagers dans des unités de cogénération pour réduire l'empreinte carbone de certains de nos sites. Parallèlement, notre recherche travaille sur de grandes technologies du futur comme l'électronique organique, le photovoltaïque ou les piles à combustibles sur la base desquelles nous comptons développer de nouveaux pans d'activités. Dans les piles à combustible, nous venons par exemple d'annoncer un investissement de 5 millions d'euros à Anvers pour la construction d'une pile d'une puissance électrique de 1 mégawatt destinée à l'usage industriel. Dans le même temps, notre recherche examine le potentiel de grands domaines comme, par exemple, la chimie du végétal ou les nanotechnologies pour développer une chimie moins cyclique, à plus faible empreinte carbone et à plus forte valeur ajoutée afin d'évoluer plus rapidement dans le sens de la durabilité. »


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