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« Il existe des outils financiers pour apprendre à vivre avec cette volatilité »

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

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« Il existe des outils financiers pour apprendre  à vivre avec cette volatilité »

Michel Portier, directeur d'Agritel.

© Agritel

Michel Portier, directeur d'Agritel, société de conseil en gestion des risques « prix » pour la filière agricole, détaille les problématiques liées à la volatilité des prix des matières premières pour l'agro-industrie.

Quelle est la demande des industriels utilisant des matières premières végétales pour la production d'ingrédients renouvelables ?

 

Depuis plus d'un an, nous voyons le nombre de demandes de l'industrie de deuxième transformation croître. Souvent, leur demande est « d'acheter pas cher ». Nous ne savons pas faire. Par contre, nous pouvons les aider à maîtriser la volatilité des prix des matières premières. Agritel est en effet une société de conseil en gestion du risque prix pour la filière agricole et agroalimentaire. Nous intervenons auprès de tous les acteurs de la filière : de l'agriculteur à l'industriel de deuxième transformation en passant par celui de la première transformation et le négociant en matières agricoles. Nous proposons des formations par exemple pour la définition d'une stratégie d'achat de matières premières. Notre deuxième activité est l'information. Via notre site internet par exemple, nous publions des analyses des marchés de matières agricoles. Enfin, ce qui représente 60 % de notre chiffre d'affaires (2,5 M€ en 2010) est le conseil.

 

Vous proposez de maîtriser la volatilité des prix. Quels sont les facteurs influençant les prix des matières premières ?

 

Jusqu'en 2002-2003, la Politique agricole commune protégeait le monde agricole. Un minimum, le prix d'intervention, et un maximum, le prix de seuil, limitaient les fluctuations. Ainsi la tonne de céréales était comprise entre 100 euros et 160 euros. Aujourd'hui, le 9 février 2011, la tonne de blé atteint 270 euros. Plusieurs facteurs interviennent sur cette hausse des prix. D'un côté, l'offre est dépendante du climat. Or le climat est de plus en plus imprévisible, ce qui augmente la volatilité. De l'autre, la demande est inélastique. En effet, elle est liée à la consommation des ménages. Or quelque soit le prix, elle est structurellement à la hausse, avec l'augmentation de la population. De plus, la demande est de plus en plus liée à la Chine. Ainsi, l'offre fluctue en fonction du climat alors que la demande croît. Il est difficile d'essayer de réguler la volatilité des prix, sauf en régulant l'offre par exemple en créant des stocks tampon de sécurité. Une autre piste, avancée par le G20 est de maîtriser la spéculation. Pourtant, je ne pense pas que la spéculation ait engendré la hausse des prix. Elle n'a fait qu'accélérer la tendance.

 

Pour la deuxième et la troisième génération de produits issus du végétal, les industriels utilisent des coproduits de la filière agricole. Qu'en est-il de l'évolution des prix de ces matières ?

 

Avec les biocarburants de deuxième génération notamment, nous constatons une très nette augmentation de la valorisation de coproduits comme la paille et les résidus de bois. La vente de ces coproduits possède un impact de plus en plus fort sur les revenus des agriculteurs. Il est donc temps de s'intéresser à la sécurisation de la volatilité de ces prix. Car de plus en plus, ces coproduits verront leur prix indexés sur celui de la matière à laquelle ils sont liés. Ainsi, le son qui est un coproduit de la meunerie affiche aujourd'hui un prix équivalent à environ 70 % de celui du blé. La volatilité des prix touche donc de plus en plus de matières, d'où la nécessité de sécuriser ses marges.

 

Comment les acteurs de la filière agro-industrielle peuvent-ils se protéger face à cette volatilité ?

 

Il existe des outils financiers pour apprendre à vivre avec cette volatilité. Il faut tout d'abord prendre conscience que nous ne pourrons pas arrêter cette volatilité des prix des matières premières agricoles, car nous ne maîtrisons ni le climat ni l'évolution de la Chine. Mais il existe des outils de sécurisation des marges. En effet, sur les marchés financiers, il est possible d'avoir des cotations à deux voire trois ans. Il faut éviter la contractualisation à un prix fixe sur plusieurs années. Par exemple, pour la filière bioéthanol, les contrats ont été établis pour un prix du blé autour de 140 €/t. Aujourd'hui, le blé vaut 270 €/t. Les agriculteurs qui ont signé des contrats avec cette filière ne sont pas contents. Il aurait fallu mettre en place des options et des outils de couverture de la hausse. Cela permet de prendre en compte la hausse structurelle des prix sans avoir de variations trop importantes et fréquentes.

 

Quels sont les paramètres à étudier pour établir de tels contrats ?

 

La décision d'achat ou de vente de matières agricoles doit reposer sur des études de la stratégie de la société. Nous proposons par exemple un logiciel, Agrinext. Il s'agit d'un outil d'aide à la décision qui permet aux acheteurs et aux vendeurs de prendre une décision, liée à l'optimisation, la sécurisation et le calcul des marges. Pour un transformateur, le premier acte de décision est de connaître le prix de revient à la vente du produit fini et la marge. La volatilité des prix a un impact moindre pour un produit fini à haute valeur ajoutée, par exemple.

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