Nous suivre Info chimie

abonné

Increase explore la chimie du végétal à long terme

La rédaction
Increase explore la chimie du végétal à long terme

François Jérôme, lauréat de la médaille de l'Innovation du CNRS 2021.

© Yves ALMECIJA / CNRS Photothèque

Né du rapprochement de laboratoires académiques avec un club d'industriels, le réseau Increase mène des recherches exploratoires, avec l'objectif d'accélérer le remplacement du carbone fossile par du carbone renouvelable. Détail avec François Jérôme, directeur adjoint du laboratoire CNRS IC2MP à Poitiers et directeur d'Increase.

Utiliser la biomasse, source de carbone renouvelable, comme matière première au détriment du pétrole, c'est le pari de la fédération de recherche Increase (International Coordination Structure for Research Project), depuis son lancement en 2016. Soutenu à ces débuts par la région Nouvelle-Aquitaine à hauteur de près de 1 million d'euros, Increase rassemble aujourd'hui huit laboratoires académiques, basés à Bordeaux, La Rochelle, Rennes, Poitiers et Toulouse, ainsi qu'un club d'industriels composé de Solvay, L'Oréal, Pennakem, ARD, Greentech et le FCBA, et piloté par Patrick Maestro, directeur scientifique de Solvay. Un partenariat gagnant-gagnant où les industriels bénéficient de l'effet « boîte à outils » des nombreuses compétences proposées par les laboratoires académiques. De leur côté, les laboratoires apprécient la possibilité de réaliser une recherche précompétitive et donc de rapatrier de nouveaux financements industriels qui leur permettent de prendre plus de risques et d'élever le niveau des recherches.

Le projet d'Increase est de faire de la recherche exploratoire. « Nous visons les dix à quinze prochaines années », résume François Jérôme, directeur adjoint du laboratoire CNRS IC2MP à Poitiers et directeur d'Increase. « Les industriels nous guident sur les verrous et où ils attendent des innovations. En revanche, on ne s'occupera pas de transfert », résume le chercheur. Le fil conducteur de tous les travaux est la substitution de matières premières fossiles par des matières premières renouvelables, dans un objectif de lutte contre le changement climatique. Un sujet que les partenaires adressent à travers la recherche de nouvelles technologies. « Par exemple, nous travaillons sur tout ce qui est activation physique à basse température des sucres, notamment par la sonochimie ou la chimie des plasmas, ou par un couplage avec la catalyse », souligne le chercheur.

Autres exemples de sujets avec le fractionnement de la biomasse et la dépolymérisation contrôlée des polysaccharides, la fonctionnalisation des oligosaccharides ou la physico-chimie des émulsions. « On ne vise ni l'énergie ni les commodités. En revanche, nous sommes sur des sujets qui touchent aux spécialités pour des applications principalement dans la cosmétique et la détergence ou, dans une moindre mesure, l'alimentaire », résume François Jérôme.

Des retombées sous forme de publications et de brevets

Et les résultats sont au rendez-vous. En quatre ans, les travaux menés ont débouché sur une trentaine de publications dans des journaux à haut indice d'impact. Une vingtaine de brevets ont également été déposés, même s'il est trop tôt pour assister aux premiers succès commerciaux.

En dehors de la recherche, l'objectif d'Increase vise aussi à promouvoir la formation des jeunes chercheurs et la diffusion de connaissances sur les thèmes de la chimie verte. À ce titre, les industriels du club sont invités à donner des cours dans les modules de master des différentes universités partenaires. La fédération de recherche organise enfin l'ISGC, un congrès scientifique majeur sur la chimie verte qui se tient tous les deux ans à La Rochelle, où l'on débat des défis futurs de la chimie.

Pour ce qui est du mode de fonctionnement d'Increase, il n'y a pas de système de cotisation pour les industriels. En revanche, ces derniers vont participer à des financements de thèses, de post-doctorats ou au montage de projets public-privé. Deux fois par an, la tenue de conseils réunit les responsables de chacun des laboratoires académiques et de chacune des entreprises. Une occasion pour les chercheurs de présenter des travaux de recherche, et pour les industriels, de guider les chercheurs sur le choix des molécules cibles, le cahier des charges du domaine, etc. ? Sylvie Latieule

Nous vous recommandons

Les clés du succès d’Afyren qui compte lever 80 M€ en Bourse

Les clés du succès d’Afyren qui compte lever 80 M€ en Bourse

Entre 70 et 80 millions d’euros, c’est le montant qu’entend lever la société de biotechnologie industrielle Afyren à l’occasion de sa mise en Bourse, sur l’Euronext Growth, à Paris.[…]

Patrick Maestro : « Nous avons besoin de bioraffineries performantes »

Entretien

Patrick Maestro : « Nous avons besoin de bioraffineries performantes »

Trois usines en 2026 pour Afyren ?

Trois usines en 2026 pour Afyren ?

PAT identifie des enzymes végétales plus sélectives

PAT identifie des enzymes végétales plus sélectives

Plus d'articles