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Industrie du Futur : « Mettre en avant l'excellence française en termes de technologie et de savoir-faire »

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

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Industrie du Futur : « Mettre en avant l'excellence française en termes de technologie et de savoir-faire »

Air Liquide est le 1er chimiste à être labellisé Vitrine technologique.

Créée en juillet 2015, l'Alliance pour l'Industrie du Futur compte désormais les chimistes dans ses rangs. L'occasion de détailler avec Tahar Melliti, directeur général de l'organisation, ses objectifs et réalisations.

Comment est née l'Alliance pour l'Industrie du Futur ?

Tahar Melliti : L'Alliance a été créée le 20 juillet 2015. Elle fait suite au 34e plan d'Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif. Revisité par Emmanuel Macron, son successeur à la tête du ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, ce plan a été élargi et intègre désormais, sous le nom Industrie du futur, des composantes comme la supply chain, la relation clients... Des acteurs industriels (organisations professionnelles), mais aussi des acteurs de la recherche technologique et académique ont décidé de s'associer pour mettre en oeuvre ce plan. À l'origine, l'Alliance comptait 11 membres qui étaient répartis dans trois collèges : les fédérations et syndicats professionnels ; les acteurs technologiques et les acteurs académiques. Aujourd'hui, nous sommes 19 membres.

 

Quels sont les axes de travail de l'Alliance ?

T.M. : Nous avons défini des axes de travail. Ils sont issus du plan initial, mais nous avons très largement élargi leur portée. Il s'agit du déploiement régional, de la mise en place de vitrines technologiques, d'amener à maturité les nouvelles technologies, de la normalisation et enfin de la formation des salariés à ces nouveaux outils industriels. Depuis le 20 juillet 2015, nous avons bien engagé nos travaux sur chacun de nos axes de travail et ce, avec des visées extrêmement concrètes et opérationnelles pour les entreprises que nous ciblons. Des premiers résultats sont d'ores et déjà visibles et concrets pour les entreprises et les salariés.

 

Votre premier axe concerne les régions. Quelles sont vos actions ?

T.M. : L'objectif est d'accélérer le changement de business model des PME, PMI et ETI. Nous travaillons main dans la main avec les conseils régionaux. Cette notion d'accompagnement dans les territoires, nous la voulons extrêmement proche des entreprises. Ce sont les régions qui lancent les appels à manifestations d'intérêt afin d'amener les PME à s'identifier pour entrer dans le processus pour un accompagnement. Début février, près de 1 200 PME et PMI étaient engagées dans le processus de diagnostics ou d'investissements destinées à accélérer leur transformation et leur modernisation. L'objectif qui avait été fixé à la création de l'Alliance était de permettre à 2 000 PME/PMI de bénéficier de ce processus d'accompagnement à l'horizon 2017. Nous serons largement au-delà !

 

Vous avez également créé la Vitrine technologique. En quoi consiste-t-elle ?

T.M. : L'objectif est de mettre en avant l'excellence française en terme de technologie et de savoir-faire, tant au niveau national qu'international. Nous voulons montrer que l'innovation est capable d'entrer dans les usines et dans l'entreprise de manière générale et que les entreprises y gagnent en efficacité industrielle. L'entreprise qui souhaite être labellisée nous envoie un dossier de candidature. Aujourd'hui, nous avons labellisé quatre projets portés par Air Liquide, Bosch, la SNCF et Daher. Bien que nous recevions de nombreuses demandes, je lance un appel fort aux PME/PMI et ETI à se faire connaître.

 

Quelles sont vos actions pour amener à maturité les technologies du futur ?

T.M. : Nous nous intéressons aux technologies qui sortent de la recherche ou de l'étape de démonstrateur. Nous avons défini sept technologies prioritaires : la fabrication additive, les nouveaux matériaux et les composites, la robotique avancée, la virtualisation de la chaîne de valeur, le monitoring et le contrôle, l'efficacité énergétique, et la place de l'homme dans l'usine. Nous constituons des consortiums d'acteurs afin de mettre en place des plateformes ou projets collaboratifs. Aujourd'hui, 12 plateformes ont été identifiées et sont en cours d'instruction à BpiFrance. En octobre 2015, le gouvernement a lancé un appel à projets de 100 M€ (Piave Industrie du Futur) pour accompagner ces développements.

 

Vous vous intéressez également à la normalisation et à la formation. Quels sont les enjeux ?

T.M. : En terme de normalisation, nous manquons de coordination entre tous les acteurs industriels, pour définir un message et le porter dans toutes les instances internationales. Enfin, le dernier volet est essentiel pour l'Alliance. C'est d'ailleurs le coeur de notre spécificité par rapport à toutes les initiatives mondiales : la place du salarié. Nous pouvons imaginer les meilleurs outils industriels de demain, ce sera compliqué si nous n'avons pas les salariés compétents pour les utiliser. Nous travaillons sur deux composantes : l'identification des nouvelles compétences pour les métiers de demain et les formations qu'il faudra mettre en oeuvre. Bien évidemment lorsque nous parlons formation, nous intégrons à la fois la formation continue des salariés d'aujourd'hui et la formation initiale pour les étudiants, futurs salariés.

 

Avez-vous identifié des problématiques liées à l'industrie chimique ?

T.M. : L'Union des industries chimiques (UIC) nous a rejoint en décembre 2015. Nous n'avons pas encore identifié concrètement des éléments spécifiquement dirigés vers elle. Les choses sont en train de se construire. Néanmoins, nous avons eu en janvier la labellisation de la Vitrine Air Liquide. C'est exemplaire d'une entreprise très largement centenaire en train de se renouveler. Avec son projet Connect, Air Liquide crée en France son premier centre d'opération et d'optimisation à distance. Connect associe les équipes des sites de production et le tissu économique local, avec plus de 10 start-up françaises. Il représente un investissement total de 20 M€ d'ici 2017.

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