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Ineos construira un vapocraqueur en Europe

Julien Cottineau

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Ineos construira un vapocraqueur en Europe

© Ineos

Pour une fois, cela va arriver près de chez nous. Pour une fois, ce ne sera pas outre-Atlantique, même si le projet est aussi motivé par les gaz de schiste. Cela, c'est un gigantesque projet pour lequel Ineos va engager 2,7 milliards d'euros, soit le plus grand montant d'investissement de son histoire. Cela, c'est la construction d'un vapocraqueur en Europe. Le pétrochimiste britannique avait évoqué l'idée, il y a tout juste quelques semaines, et l'a confirmée le 3 juillet. La construction d'un vapocraqueur en Europe, ce n'était plus arrivé depuis plus de vingt ans ! En soi, c'est une révolution. Évidemment, après avoir injecté plus de 2 Mrds € ces dernières années pour bâtir un pipeline virtuel d'éthane entre l'Europe et les États-Unis via une flotte maritime (CPH n°775), Ineos va bien entendu construire un vapocraqueur sur base éthane. En termes de capacités, le groupe prévoit 1 million de tonnes par an d'éthylène, soit une capacité de taille mondiale aux standards actuels mais bien plus grande que la très grande majorité des vapocraqueurs vieillissants implantés sur le Vieux continent. Des installations en grande majorité sur base naphta, même si plusieurs opérateurs, comme Total, Sabic ou Borealis, ont investi pour en flexibiliser certaines ces dernières années.

Le projet d'Ineos associe celui du vapocraqueur à celui d'une unité de déshydrogénation de propane (PDH), qui permettra d'implanter des capacités additionnelles de 750 000 t/an de propylène. Le projet de PDH avait été lancé dès l'an dernier. Dans l'idéal, le pétrochimiste aimerait construire au même endroit. Mais ce n'est pas encore acté. Le choix du ou des sites sera officialisé assez vite, dans les prochains mois logiquement. Ineos précise qu'il privilégiera la côte nord-ouest de l'Europe. Selon les différentes informations parues dans la presse européenne, l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas seraient en tête de liste. Pas le Royaume-Uni. Un porte-parole d'Ineos nous a indiqué que ces dernières années, le groupe avait déjà investi environ 2 Mrds E outre-Manche et que cet investissement doit surtout aider le pétrochimiste pour ses productions sur la partie continentale. L'exclusion de l'option Royaume-Uni pourrait aussi peut-être s'expliquer par les doutes pesant sur la mise en place concrète du Brexit, véritable casse-tête du gouvernement britannique, et peut-être aussi par le dossier gaz de schiste au Royaume-Uni qui n'a pas vraiment avancé ces dernières années, malgré l'espoir d'importantes réserves. Mais ces deux arguments n'ont pas été avancés officiellement.

Aujourd'hui, Ineos doit acheter chaque année l'équivalent de 1 Mt d'éthylène et un peu plus encore de propylène pour alimenter ses différents complexes européens. Gerd Franken, président Ineos Olefins and Polymers North confirme que ce projet « permettra d'accroître l'autosuffisance d'Ineos pour toutes les oléfines clés et viendra soutenir toutes nos activités de dérivés et nos usines de polymères en Europe ». Cerise sur le gâteau, ce projet d'un nouveau vapocraqueur ne va pas remplacer mais bien s'ajouter au projet d'augmenter de près de 900 000 t/an les capacités européennes d'éthylène du groupe via des dégoulottages sur ses complexes de Grangemouth en Écosse et de Rafnes en Norvège. Lesquels devraient atteindre des capacités de 1 Mt/an d'éthylène chacun d'ici à environ trois ans (CPH n°805). Soit un peu au même moment de l'entrée en service du futur vapocraqueur, Ineos ambitionnant une échéance de quatre ans.

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