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Julien Cottineau

Le projet est abandonné. Après cinq mois de recherches vaines d'un acquéreur, Ineos retire de la vente ses unités de polyéthylène haute densité à Sarralbe, en Lorraine (195 000 tonnes par an), et à Rosignano, en Italie (230 000 t/an). Le groupe a pourtant approché une centaine d'acteurs et reçu plusieurs marques d'intérêt. Mais n'a pas « trouvé d'offre qui permettait de garantir un avenir à l'usine et qui correspondait à la valeur à la hauteur de nos attentes », détaille Marc Hanquet, directeur du site de Sarralbe. Dans ces conditions, « il est donc préférable que le site continue d'évoluer au sein d'Ineos », poursuit le dirigeant pour qui « il est clair que l'environnement en Europe de l'Ouest n'est pas actuellement favorable à ce genre d'acquisition ». Le futur des deux sites semble ainsi assuré, Ineos n'ayant visiblement pas l'intention de les brader. A l'origine, la filiale Ineos Olefins et Polymers Europe projetait de se séparer de ses actifs de polyoléfines non-intégrés sur le Vieux continent et de se concentrer sur ceux intégrés à ses complexes d'oléfines. Pour autant Ineos avait précisé que les unités de Sarralbe et de Rosignano étaient toutes deux « profitables et génératrices de cash ». 

« Aucune alternative pour alimenter ses unités de polyéthylène à Sarralbe »

Reste que deux points majeurs obscurcissent l'avenir du site lorrain, qui recense 224 salariés et qui comprend également deux unités de polypropylène, d'une capacité combinée de 90 000 t/an. D'abord du côté du financement du Plan de prévention des risques technologiques (PPRT). Certes, la mise en œuvre ne semble pas pour demain. L'arrêté préfectoral n'a pas encore été publié, ce qui laisse une marge de manœuvre d'au moins cinq ans. Reste qu'il a un coût important : environ 38 millions d'euros selon la direction. Ces dernières semaines, les collectivités locales ont assuré qu'elles participeraient au financement, ce qui a rassuré les syndicats, mais sans préciser à quelle hauteur. Enfin, et c'est surtout l'ombre majeure, demeure la question de l'alimentation en éthylène de l'usine lorraine à l'avenir. Aujourd'hui, les unités sont alimentées depuis le dernier vapocraqueur en activité de Total sur le site voisin de Carling. Or le futur de cet actif isolé semble incertain, d'autant que le géant tricolore a récemment indiqué qu'il concentrerait ses efforts sur ses sites et complexes intégrés pour assurer sa croissance. La renégociation annoncée au printemps du contrat d'approvisionnement entre Ineos et Total, qui fixe pour la première fois une date limite, à savoir au 31 décembre 2015, a elle aussi contribué à alimenter l'incertitude. De son côté la direction reconnaît qu'elle doit trouver une solution avec Total car il n'existe pour l'heure aucune autre alternative pour alimenter ses unités de polyéthylène à Sarralbe. Les syndicats ne cessent, de leur côté, de s'inquiéter. Ils se demandent notamment de quels moyens réels dispose Ineos pour négocier avec Total et poursuivre au-delà de 2015. La seule alternative qu'ils entrevoient est la possibilité du fameux pipeline raccordé au réseau d'éthylène nord-européen. Mais d'une part le projet est au point mort depuis des années et d'autre part, à Sarralbe, la CGT ne plaide pas en la faveur de ce pipeline car il signerait l'arrêt de mort du vapocraqueur de Carling, signifiant ainsi la perte des emplois sur le site de Total. Du coup, la CGT craint aujourd'hui une entente des deux industriels pour mettre un terme à leurs activités respectives sur la plateforme lorraine. Un tel projet ne semble pas encore d'actualité. Mais c'est légitimement inquiétant.

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