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Innoveox poursuit sa montée en échelle

La jeune société a signé un accord de transfert de propriété intellectuelle avec le CNRS. L'occasion de présenter son installation de traitement.

Le marché visé par Innoveox est énorme. Jean-Christophe Lépine, p-dg de la société créée en 2008, cite le chiffre de « 477 millions de tonnes de déchets dangereux dans le monde qui ne sont quasiment pas détruits actuellement ». Avec sa technologie, Innoveox s'est positionné comme fournisseur de services pour le traitement et la valorisation des déchets industriels dangereux. La société a développé une installation basée sur l'oxydation hydrothermale en milieu supercritique et qui fonctionne en continu. « Nous traitons tout type d'effluents : des mélanges, des produits avec différentes concentrations, des émulsions, etc. », détaille Jean-Christophe Lépine. À partir de l'effluent, la première phase de préparation permet de traiter les déchets chimiques et pétrochimiques afin d'obtenir une charge organique située entre 150 et 250 g/l. « Nous pouvons recevoir des produits avec des charges organiques de 30 g/l à 700 g/l. Nous allons alors diluer avec de l'eau ou augmenter la charge organique avec l'ajout d'alcool », détaille Olivier Sadoschenko, directeur technique d'Innoveox. Vient ensuite la phase de traitement. L'effluent est monté à une pression de 250 bar puis chauffer à 376 °C puis progressivement à environ 550 °C. De l'oxygène à 250 bar est injecté. « Nous avons trois zones de contrôle de la réaction exothermique », souligne Olivier Sadoschenko. Les trois phases permettent de faire réagir et de détruire les parties organiques des solvants dangereux pour obtenir de l'eau à 99,9 %, selon le dirigeant. Il précise : « quand on s'approche de l'état supercritique, toutes les molécules se séparent et se dissolvent. Au fur et à mesure, nous ajoutons de l'oxygène. L'oxydation directe permet de détruire les déchets ». En fin de réaction, la société a mis au point un système de récupération de l'énergie. « Ce potentiel de chaleur sert à deux choses. D'abord pour l'autothermie du procédé. Dans un deuxième temps, aujourd'hui, l'énergie est évacuée par un groupe de froid mais demain, nous pourrions récupérer de la chaleur pour l'industriel », précise Jean-Christophe Lépine.

 

Une prise de participation du CNRS

 

L'objectif d'Innoveox est en effet de proposer des contrats de services avec la mise en place d'unités de traitement sur les sites industriels de ses clients. Jean-Christophe Lépine précise : « Nous sommes en négociations avec plusieurs grands groupes de la pétrochimie, de la chimie et de la pharmacie ». Dans un premier temps, l'unité d'Innoveox à Arthez-de-Béarn, d'une capacité de traitement de 100 l/h, devrait être transférée sur le site voisin de Sobegi à Lacq, dans le courant du premier trimestre 2014. La jeune société a ainsi obtenu le prix ChemStart'Up en 2013 pour un procédé mis au point avec Total R&D.

En parallèle de ces projets industriels, Innoveox a signé un accord stratégique avec le CNRS. Alors que la société a été créée autour de brevets du CNRS, l'accord conclu concerne le transfert à Innoveox de deux familles de brevets. « Il s'agit de deux brevets fondateurs qui portent sur la maîtrise de la réaction d'oxydation hydrothermale, et notamment sur la multi-injection d'oxygène au cours de la réaction », détaille le p-dg d'Innoveox. En parallèle, Fist SA, filiale du CNRS, entre à hauteur de 3 % au capital d'Innoveox, ce qui représente « un montant conséquent », selon le dirigeant. La société possède un capital de « family office et investisseurs privés » essentiellement réparti auprès d'une trentaine d'actionnaires. Innoveox enregistre un chiffre d'affaires d'environ 100 000 euros, « dû aux tests effectués pour nos clients », indique Jean-Christophe Lépine. La société souligne par ailleurs avoir testé quinze familles de déchets avec sa technologie.

Pour répondre à ces demandes, la société de quinze personnes a entamé une phase de recrutements. Si le dirigeant refuse de détailler les perspectives 2014, il souligne la « vocation » d'Innoveox « à s'étendre à l'export ». « Nous sommes en train d'avancer dans des demandes de financements pour l'international. Nous avons des demandes du Canada, du Moyen-Orient, et plus récemment de l'Inde et de la Chine », précise Jean-Christophe Lépine.

INNOVEOX EN CHIFFRES

2008 : création d'Innoveox 2011 : mise en service de la première unité industrielle 15 salariés 5 brevets mondiaux 15 familles de déchets testées Une unité de traitement de capacité de traitement de 100 l/h

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