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Intermédiaires/Rhodia cède ses activités de phénol, carbonate de soude et acide chlorhydrique en Europe

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Rhodia a cédé la plus grande partie de ses activités dans les intermédiaires de chimie de base en Europe au fonds d'investissements américain Bain Capital, qui vient par ailleurs d'acquérir les peintures de TotalFinaElf (p.12) et les films OPP de Celanese (p.6). L'accord définitif conclu avec Bain Capital concerne les activités industrielles et commerciales européennes de Rhodia dans le phénol, l'acide chlorhydrique et le carbonate de soude, qui étaient sur la sellette depuis 1997. Ces activités représentent un chiffre d'affaires annuel de 280 millions d'euros et emploient 460 personnes. Le montant de la cession de ces activités non stratégiques n'a pas été dévoilé mais il s'élèverait, selon notre confrère Le Figaro, à 150 millions d'euros auxquels il faut déduire une provision pour couvrir les retraites et un prêt accordé à Bain Capital, soit un montant net encaissé de 120 M?. " Après finalisation de cette transaction, Rhodia aura dépassé son objectif de 500 M? de produits de cessions annoncé en début d'année 2002 ", souligne le groupe français. Afin " d'assurer la continuité " au sein des activités vendues à Bain Capital, Rhodia va " conserver une participation minoritaire inférieure à 20 % " au côté de l'acquéreur " dans la structure mise en place pour regrouper les activités cédées ", précise le groupe. Ce dernier souligne que la cession de ces activités d'intermédiaires chimiques à Bain Capital s'inscrit dans le cadre de la " stratégie poursuivie par Rhodia de concentrer son portefeuille d'activités selon un modèle de développement fondé sur l'apport de solutions à forte valeur ajoutée et le croisement de ses technologies ". Déjà, en 1997, les responsables de Rhodia (à l'époque encore Rhône- Poulenc) avaient déjà indiqué que " la chimie des grands intermédiaires nécessite des investissements capitalistiques très élevés " et que le groupe préférait chercher de " bons approvisionnements sur le long terme sans être responsable de la production ". Le groupe conserve encore une petite partie de sa chimie des intermédiaires de base : son activité brésilienne de phénol, son activité toluène-diamine (à Lille, Nord), les alliages, les catalyseurs Raney (à Roussillon, Isère) et quelques fabrications pour des tiers comme le TDI (à Pont-de-Claix, Isère), pour Lyondell et le chlorure d'éthyle pour Atofina. Le principal des activités cédées concerne le phénol et ses dérivés et coproduits (cumène, acétone, hydroperoxyde de cumène, alpha-méthyl- styrène et alcool allylique). Rhodia dispose encore d'une capacité de phénol de 130 000 t/an à Paulinia au Brésil qui ne fait pas partie de la cession. La capacité européenne du groupe, située à Roussillon, atteint 105 000 t/an et représente environ 8 % du marché européen. Rhodia utilise environ 40 % de sa production de phénol notamment pour ses fabrications d'analgésiques (aspirine, paracétamol), de diphénols (utilisés dans la parfumerie) et de vanilline, mais doit commercialiser le restant sur un marché déprimé, marqué par des prix en net recul. Les principaux débouchés pour ce produit sont le bisphénol-A (pour la fabrication de polycarbonate) et les résines phénoliques. Rhodia est un acteur de petite taille, loin derrière le leader Ineos Phenol (capacité de plus de 1 Mt/an à Anvers en Belgique et Gladbeck en Allemagne depuis le rachat des activités de Degussa), le numéro deux, Enichem (480 000 t/an en Italie), et, en troisième position, l'espagnol Ertisa (370 000 t/an). Les autres producteurs européens disposent de capacités du même ordre que celle de Rhodia (130 000 t/an en Finlande pour Borealis Polymers, 130 000 t/an pour Domo Chemicals à Leuna en Allemagne et 120 000 t/an pour DSM à Botlek aux Pays-Bas). Concernant les autres produits de la branche phénol, Rhodia a mis en service à Roussillon l'an dernier son nouveau procédé de synthèse de cumène, par catalyse sur zéolithes. La fabrication de cumène, à partir du benzène et du propylène, constitue le premier maillon de la chaîne d'ateliers qui conduit, sur ce même site, à la production de phénol et d'acétone. L'acétone voit ses propriétés de solvant organique utilisées dans de nombreuses applications. Par ailleurs, c'est un intermédiaire qui est mis à contribution en chimie fine ainsi que dans l'élaboration de résines acryliques et polycarbonates. Pour sa part, l'hydroperoxyde de cumène intéresse les fabricants de peintures et de pneumatiques. Rhodia Intermédiaires commercialise également (mais ne fabrique pas) de l'alcool allylique, qui participe à l'élaboration des verres organiques, de parfums et de bains pour galvanoplastie. Du fait de sa forte réactivité, cette molécule est aussi utilisée en tant qu'agent de synthèse et de réticulant pour les polymères. Deuxième pan d'activité cédé, le carbonate de soude, géré par la filiale Novacarb de Rhodia, représente un petit tiers des activités cédées. Il est produit à La Neuveville-devant-Nancy et " concerne une capacité de 600 000 t/an de carbonate et de bicarbonate de soude ", précise Claude Esselin, responsable de cette activité au sein de Novacarb. " Rhodia consomme environ 15 % de la production, essentiellement pour la fabrication de phosphates, de silicates et de silices ", souligne C. Esselin. Concernant l'approvisionnement futur en carbonate de soude de Rhodia, " des négociations sont en cours ", précise t-on chez Novacarb. Rhodia avait déjà cédé, il y a environ cinq ans son activité américaine de carbonate de soude, située à Green River dans le Wyoming à Oriental Chemical Industries, dans le cadre d'un échange d'activités, Rhodia reprenant des unités de silices aux Etats-Unis et en Corée. Rappelons que la production américaine est basée sur l'extraction de trona naturel alors que la production européenne utilise un procédé à base de sel, de carbonate de calcium et d'ammoniac. Le leader du marché est Solvay, avec 60 % du marché européen, qui ne pouvait donc pas être candidat, en raison de la législation européenne sur la concurrence. Il existe encore en Europe quelques petits producteurs comme le britannique Brunner Mond, actuellement dans une situation financière délicate, ou l'allemand Sodachem. Les principaux concurrents sont situés aux Etats-Unis ou deux acteurs majeurs sont en vente, IMC (capacité d'environ 1 Mt/an) et American Soda qui a débuté son activité l'an dernier avec la mise en service d'une unité dans le Colorado d'une capacité d'environ 1 Mt/an mais qui tournerait à quelques 50 % de sa capacité. Dans l'acide chlorhydrique, Rhodia est en revanche un acteur européen de plus grande envergure avec 20 % du marché européen et une capacité de 90 000 t/an dont la majeure partie est produit à Pont-de-Claix. Le groupe français n'utilise qu'une petite partie de l'acide chlorhydrique produit (environ 40 %), essentiellement pour la production de chlorure de méthyle, qui entre dans la chaîne de fabrication des silicones, ainsi que pour la production de chlorure d'éthyle pour le compte d'Atofina. Rhodia devra également finaliser, comme pour ses autres intermédiaires de base, ses accords d'approvisionnement avec le repreneur. Le groupe français se situerait, sur le marché européen de l'acide chlorhydrique en deuxième position derrière Bayer, devant Ineos, Tessenderlo, Solvay et Akzo. Cyrienne Clerc

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