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Isochem en dépôt de bilan

Julien Cottineau

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C'est une mauvaise nouvelle pour le secteur de la chimie fine en France. Isochem va se déclarer en cessation de paiement à la fin du mois de juin.

L'industriel, dont le siège social est implanté à Vert-Le-Petit, dans l'Essonne, déposera dans les prochains jours un dossier auprès du tribunal de commerce d'Évry pour ouvrir une procédure de redressement judiciaire. Et entamera ainsi une course contre la montre pour trouver un éventuel repreneur. Isochem a déjà amorcé des discussions avec des industriels et des investisseurs depuis le début de l'année, date à laquelle s'est considérablement assombri l'avenir de la société. Selon un porte-parole, un client pharmaceutique a mis fin à d'importants contrats en janvier. Une situation « imprévisible et imparable », a commenté cette source. D'après des témoignages syndicaux publiés dans la presse régionale et nationale, le client en question serait le laboratoire pharmaceutique américain Gilead. Lequel a toutefois démenti à l'AFP avoir résilié son contrat ni annulé des commandes.


« Isochem aurait vu s'envoler l'équivalent de 35 % de son chiffre d'affaires »


Au-delà de l'identité du donneur d'ordres, Isochem aurait vu s'envoler, avec cette annulation, l'équivalent de 35 % de son chiffre d'affaires annuel, précise un porte-parole. Un coup donc très dur pour ce spécialiste de la chimie fine dont les ventes annuelles approchent les 60 millions d'euros. Et un coup aussi très dur pour les 288 salariés répartis sur les quatre sites industriels d'Isochem en France : à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Vert-Le-Petit, et Pithiviers (Loiret), trois sites centrés sur la chimie fine pharmaceutique, et celui de Pont-de-Claix (Isère), plus focalisé sur les spécialités agrochimiques.

Ces dernières années, Isochem a dû faire face à de fortes turbulences et des difficultés financières qui ont grevé aussi bien ses ventes que réduit ses effectifs. En 2010, lors de l'acquisition de la société par le fonds d'investissement allemand Aurelius, le chiffre d'affaires dépassait les 100 M€, et les effectifs s'établissaient à 550 employés (CPH n°497). Soit des chiffres deux fois plus conséquents qu'aujourd'hui. Isochem avait été fondé en 1974 à Gennevilliers, en démarrant ses activités sur l'extraction et l'hémisynthèse de substances naturelles. L'usine de Pithiviers avait ouvert trois ans plus tard, avant un premier agrément de la Food and Drug Administration (FDA) obtenu en 1979, ce qui lui avait ouvert les portes des marchés à l'export. Ces dernières années, les ventes à l'international atteignaient d'ailleurs les 55 % pour Isochem. En 1990, la société avait rejoint le giron de la Société nationale des poudres et explosifs (SNPE), et entamé une vaste période de développement. Notamment avec les acquisitions du site de Vert-Le-Petit en 1991, puis de l'usine de Pont-de-Claix et de la société Framochem en Hongrie (intermédiaires et phosgène) en 2003. Cette période sous pavillon SNPE correspond aussi à l'élargissement considérable des activités d'Isochem dans les domaines de la phosgénation, de la nitration, des dérivés d'acides aminés ou encore de la synthèse de peptides. Sous le contrôle d'Aurelius, la situation semble avoir été moins prolifique. Framochem a été cédé en 2014, et la seule opération de croissance externe a été l'acquisition du Britannique Wychem, en 2012, spécialiste des intermédiaires pour la pharmacie (CPH n°614). En parallèle, pertes financières et restructurations ont jalonné les dernières années, même si le retour à l'équilibre financier avait été atteint l'an dernier, selon l'AFP. Mais avec la perte de ce contrat majeur, Isochem se retrouve désormais au pied du mur.

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