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JACQUES LEHRÉ, DIRECTEUR GÉNÉRAL D'ORRION CHIMIE «Un monde qui se globalise a encore plus besoin de proximité.»

Propos recueillis par Julien Cottineau
JACQUES LEHRÉ, DIRECTEUR GÉNÉRAL D'ORRION CHIMIE «Un monde qui se globalise a encore plus besoin de proximité.»

© © Orrion Chimie

Alors que les grands de la chimie ferment des sites et multiplient les plan sociaux sur le territoire français, des sociétés de plus petite taille créent de nouveaux espoirs pour le site France. Reste qu'elles attrapent très vite le virus de la globalisation.

« Une certaine chimie a sa place en Europe à court et à long termes. La question majeure reste la défense face aux concurrents chinois ou indiens. Dans un grand nombre de métiers, il n'y a pas de solutions car Chinois et Indiens sont très en avance et disposent d'une offre compétitive. Mais chaque activité a sa logique concurrentielle. Quand on regarde la pétrochimie, la logique des coûts de transport et de l'intégration avale est évidente pour les producteurs de matières premières. Pour tout ce qui relève de la très grande chimie amont, je vois difficilement ce qui pourrait amener un retour en arrière. Il n'y aura plus de grosse production pétrochimique en France. En revanche, pour les spécialités et la chimie de base moins capitalistique, c'est possible. Car plus on se rapproche de l'aval, et donc des consommateurs finaux, plus les activités ont une capacité à revenir en Europe du fait de l'importance du facteur proximité. La première défense face aux acteurs chinois et indiens, ce sont les coûts de transport. Ils ne peuvent pas toujours être compétitifs selon la nature des produits, notamment ceux à faible valeur au kilo. Pour l'acide sulfurique ou la soude, la proximité est un élément déterminant. A court terme, le coût de transport et la réactivité nécessaire à l'approvisionnement sont déterminants. C'est pour ça que l'on a investi dans les sels pharmaceutiques en France et dans une unité de regénération d'acide sulfurique en Belgique. Après cette vague de délocalisation ou d'approvisionnement auprès de fournisseurs chinois ou indien, nous pensons aussi que la tendance à moyen et long termes est à la relocalisation du fait de la montée en puissance des problématiques liées à l'empreinte carbone. Nos clients se tournent de plus en plus vers le consommateur final et vont être challengés plus fortement sur leur empreinte carbone. Le fait d'aller chercher des matières premières loin peut remettre en question leur image. Les coûts de production des pays émergents vont aussi augmenter. Si ces pays se développent, les salaires vont progresser, et ce facteur concurrentiel va donc s'amenuiser. Enfin, le monde tourne de plus en plus vite et les clients changent la formule de leurs produits non-stop. Il y a donc un vrai besoin de proximité pour être plus réactif dans l'offre et accroître la composante services. Pour un prix presque équivalent, le service va être privilégié. Un monde qui se globalise a encore plus besoin de proximité et de traitements très individualisés de chaque client. »


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