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JEAN-PIERRE CLAMADIEU, P-DG DE RHODIA «Les investissements vont se concentrer sur les zones à forte croissance.»

Sylvie Latieule
JEAN-PIERRE CLAMADIEU, P-DG DE RHODIA «Les investissements vont se concentrer sur les zones à forte croissance.»

© © Rhodia

L'Europe se désindustrialise lentement au profit des zones de croissance. Les grands industriels de la chimie y contribuent. Seules des activités très innovantes qui vont dans le sens du développement durable ont des chances de se maintenir.

« L'industrie chimique est un secteur industriel clé pour l'économie européenne. En France, elle emploie près de 190 000 personnes et occupe le rang de troisième secteur industriel et de premier exportateur. Mais en Europe, la croissance tourne au ralenti. On prévoit entre 0 et 2 % sur 2010, alors que l'Inde et la Chine devraient croître entre 8 et 10 % et le Brésil entre 4 et 5%. Et ce différentiel de croissance entre les pays développés et les pays dits émergents se creuse avec la crise. Par ailleurs, l'industrie chimique européenne se trouve confrontée à un problème de compétitivité. Certes, il y a le problème du coût du travail et de sa durée, mais ce n'est pas le principal handicap de notre industrie. Le vrai problème est l'accès aux matières premières et à l'énergie. En Europe, cet accès est chaque jour moins compétitif. Le deuxième élément est que l'Europe se positionne à la pointe du combat dans son ambition de devenir une économie vertueuse en matière de protection de l'environnement notamment avec la mise en place des réglementations Reach et ETS. Avant Copenhague, on pensait qu'on pouvait prendre de l'avance et être en mesure de faire converger les grandes économies mondiales vers ce modèle. Mais ce sommet a montré que le scénario de convergence prendra beaucoup plus de temps que prévu. L'Europe risque de devenir une exception, ce qui dégradera davantage sa compétitivité. La conséquence de tout cela est que les industriels de la chimie vont consacrer une part de plus en plus importante de leurs investissements de capacités dans les zones géographiques à forte croissance. Pour autant, on ne parle pas, dans nos métiers, de délocalisations. Certes, dans la pétrochimie, un risque de transfert de capacités de l'Europe vers d'autres zones, en particulier vers le Moyen-Orient, existe. En revanche sur la partie « plus aval » de la chimie, comme la chimie de Rhodia, nous ne verrons pas de réductions, ni de transferts de capacités. Nous continuerons à investir sur nos sites français et européens pour améliorer leur performance et leur compétitivité. Des sites comme Chalampé dans la production d'intermédiaires pour polyamide ou Collonges-au-Mont-d'Or dans la production de silice affichent des niveaux de performance parmi les meilleurs mondiaux. C'est ce qui permet à Rhodia, qui ne réalise que 9 % de son chiffre d'affaires en France avec 1/3 de ses capacités de production, d'être une importante base d'exportation. En ce qui concerne les nouveaux business, autour de la chimie verte ou des éco-technologies, je constate que même les marchés émergents se révèlent plus dynamiques. En 2009, la Chine est devenue le premier producteur d'automobiles dans le monde. Nos ventes de silice pour pneumatiques « verts » devraient enregistrer une croissance plus forte en Asie qu'en Europe. Aujourd'hui, nous alertons les dirigeants politiques sur le fait que l'Europe doit retrouver une dynamique de croissance et surtout préserver sa compétitivité. Nous devons également nous battre pour obtenir un accès au gaz et à l'électricité à des coûts plus compétitifs et pour améliorer nos infrastructures. »


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