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KaeXa veut transformer les déchets industriels en matière première

Aurélie Dureuil

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KaeXa veut transformer les déchets industriels en matière première

KaeXa s’intéresse aux effluents industriels comme source de molécules d’intérêts

Créée en 2014, KaeXa propose de développer des matières premières pour l'industrie à partir du traitement des déchets industriels.

L'idée est séduisante : transformer les déchets industriels en molécules d'intérêts pour alimenter la production de l'usine. C'est l'objectif affiché de KaeXa. La jeune société montpelliéraine s'appuie sur l'expérience de ces fondateurs dans le domaine du traitement des effluents. « Nous avons créé la société pour développer la valorisation des déchets organiques afin de produire des synthons et de répondre à la demande de produits chimiques », témoigne Abdelkader Guellil, co-fondateur et président de KaeXa. Après la cession de sa première société de traitements des effluents industriels Akaeno, Abdelkader Guellil travaille au développement d'un premier procédé afin d'obtenir des molécules d'intérêt à partir d'effluents.
 

Dans un premier temps, la société a développé un procédé autour du lactosérum. « Il nous a fallu 18 mois pour aboutir à ce premier procédé. La difficulté a été d'identifier l'organisme capable de modifier la matière », témoigne le dirigeant de KaeXa. La société s'appuie sur sa souchothèque propriétaire afin de mettre au point « les formulations biologiques pour la transformation », indique Abdelkader Guellil. Les premiers travaux concernent le lactosérum, issus des déchets de l'industrie des fruits et des légumes. La société a ainsi mis au point un procédé pour obtenir de l'acide lactique avec en ligne de mire la production de bioplastiques et plus particulièrement de PLA. « Nous travaillons beaucoup autour des déchets de l'industrie agroalimentaire car ils sont relativement disponibles. Nous ne travaillons pas sur le lignocellulosique qui est aujourd'hui déjà très étudié », souligne le dirigeant. Il estime par ailleurs que « les déchets industriels représentent environ 25 millions de tonnes par an. Environ 50 % sont valorisables et pourtant seul 6 % sont actuellement valorisés ».
 

Après le développement d'un premier procédé, la société est en cours de rédaction de trois brevets sur les conditions opératoires, la biologie du procédé et la molécule produite à partir d'un type de déchets. La prochaine étape consistera à réaliser un démonstrateur industriel. « Nous avons la technologie pour que les industriels puissent produire une molécule à partir de leurs propres déchets. Nous avons designé le bioprocédé. Nous cherchons maintenant des fonds pour la réalisation d'un prototype industriel », précise le dirigeant. Une première levée de fonds est en cours. « Cela nous permettra également de financer le dépôt de nos trois brevets et d'étoffer l'entreprise en termes de capacité de développement et de compétences », ajoute-t-il.
 

L'objectif de la société étant ensuite de céder des licences sur sa technologie. Deux types d'industriels pourraient être intéressés, comme le confie Abdelkader Guellil. « Il y a déjà des industriels qui produisent à partir de déchets et qui ont mis en place des filières de récupération de ces matières. Ils pourraient être intéressés pour produire moins cher des molécules de base. Les chimistes peuvent aussi être intéressés pour produire les molécules dont ils ont besoin à partir des déchets de leur propre production ». La société créée en juillet 2014, poursuit ainsi ses développements pour mettre au point des procédés pour l'obtention de molécules « de C3 à C6 et des gaz », témoigne le dirigeant. Il ajoute : « Nous voulons avoir au plus vite une molécule par classe de nombre de carbone. Nous visons des molécules comme l'acide citrique, l'acide succinique... ».

 

Deux principes pour le développement de procédés

 

Pour le développement de sa gamme de procédés, la société s'est fixé « deux principes » : « de ne pas utiliser d'organisme génétiquement modifié et de mettre en évidence des actions biologiques dans des conditions opératoires permettant de diminuer les coûts de process », souligne Abdelkader Guellil. Il précise : « Aujourd'hui, compte tenu du prix du pétrole, nous ne pourrons pas produire du biosourcé, si la molécule est plus chère que celle issue du pétrole ». Pour répondre à ce défi de la maîtrise des coûts de production, la start-up mise sur « la productivité des micro-organisme en terme de capacité de transformation de déchets mais aussi sur une régulation minimale du produit, c'est-à-dire sans avoir besoin d'ajout de produits pour stabiliser le pH... », précise Abdelkader Guellil. Toujours dans cet objectif d'obtenir une compétitivité importante de ces procédés, KaeXa entend travailler sur des cocktails de micro-organismes qui pourront agir quels que soit les déchets. « Nous voulons pouvoir produire des molécules indépendamment des déchets et inversement partir d'un déchet pour obtenir plusieurs molécules différentes », indique le dirigeant.
 

La société compte actuellement quatre salariés qui sont les cofondateurs (Pascal Trubert, Abder Rochdi et Stéphane Duponchel). KaeXa a par ailleurs développé des collaborations avec l'université de Nîmes, SupAgro de Montpellier et l'INP Narbonne. Elle enregistre déjà un chiffre d'affaires, confidentiel, lié à des prestations de traitement des effluents « classiques ».

KaeXa en bref
  • Création le 1er juillet 2014 à Montpellier
  • 4 co-fondateurs
  • Une levée de fonds en cours.
  • Spécialisé sur la valorisation des effluents et déchets industriels en molécule d'intérêt.
  • Incubé à AgroValo Méditerranée (Incubateur SupAgro/INRA) et suivi par Languedoc Roussillon Incubation.

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