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Kem One revigoré

Julien Cottineau

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Selon Alain de Krassny, Kem One a « gagné la première étape, mais la course continue ». Bien loin d'évoquer le Tour de France qui vient de démarrer, le président du n°2 européen du polychlorure de vinyle (PVC) tourne la page des difficiles premières années de Kem One, trois ans après son sauvetage (CPH n°659). Le 29 juin, Alain de Krassny a inauguré le projet central du groupe pour sa remise sur les rails : la conversion de l'électrolyse de son complexe de Lavéra (Bouches-du-Rhône). Kem One a investi 160 millions d'euros pour ce projet indispensable. D'une part, pour la mise en conformité du site avec les règles européennes, qui ne toléreront plus les électrolyses à mercure à partir de décembre prochain. D'autre part, pour soigner la compétitivité de Kem One.


« Conversion achevée de l'électrolyse du complexe de Lavéra »
 

Techniquement, à Lavéra, les électrolyses qui utilisaient des procédés à mercure et à diaphragme ont été remplacées par la seule technologie membranaire. Soit la meilleure disponible. Les productions ont démarré en mars dernier sur le site. Les capacités, elles, sont restées inchangées. Elles s'élèvent à 320 000 tonnes par an de chlore, et à 350 000 t/an de soude. Cette conversion offre désormais plusieurs avantages. En premier lieu, le complexe va minimiser son empreinte environnementale et réduire sa consommation d'énergie de 25 % grâce au procédé membranaire moins énergivore et grâce aussi à l'optimisation des récupérations d'électricité et de vapeur. Par ailleurs, le groupe souligne que cette technologie à membrane permet d'obtenir une soude qui n'est plus salée et donc de meilleure qualité.

L'aboutissement du projet à Lavéra intervient au moment où Kem One évolue « dans un contexte plus favorable », reconnaît une porte-parole. Ces derniers mois, la reprise dans les principaux débouchés, comme la construction, l'automobile ou encore l'emballage, a permis d'améliorer la conjoncture pour le marché du PVC. Après des années de pertes, Kem One a ainsi enregistré un bénéfice net l'an passé, qui a atteint environ 15 M€. Cela tombe bien, car le groupe a plusieurs projets d'importance dans sa besace. En l'occurrence, deux idées sont à l'étude. La première concerne le site de Fos-Sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Actuellement, l'usine dispose de deux électrolyses, l'une employant un procédé à diaphragme, l'autre un procédé à membrane. Ce dernier serait toutefois un peu mois performant que celui de Lavéra. En début d'année, Kem One envisageait un investissement de 80 M€ pour remplacer l'électrolyse à diaphragme par une technologie membranaire (CPH n°792). Actuellement, le groupe réfléchit à convertir la totalité pour y implanter une technologie à hauteur de celle de Lavéra. Le périmètre du projet n'est ainsi pas encore totalement défini.

Le second projet concerne la possibilité de se doter d'un terminal d'éthylène, afin de mieux sécuriser les approvisionnements. Kem One n'a pas envie de se retrouver confronté à nouveau à un épisode comme celui survenu au printemps 2015, quand un feu de câble sur le complexe pétrochimique de Naphtachimie, la coentreprise Total/Ineos à Lavéra, avait entraîné un arrêt des productions d'éthylène et la paralysie de la plateforme (CPH n°719). Ce potentiel terminal pourrait être implanté soit à Lavera, soit à Fos. Le projet est encore à l'étude et est discuté notamment avec les partenaires et fournisseurs de Kem One. En début d'année, le groupe avait estimé que cela pourrait nécessiter un investissement de l'ordre de 70 M€. Pour l'heure, rien n'est acté. Une décision sur ce sujet devrait intervenir avant la fin de l'année. D'ici là, comme les coureurs du Tour de France, Kem One est dans la course.

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