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Kemira sabre en France

Julien Cottineau

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Par rapport à des plans de restructuration comme celui de PSA, l'affaire ne risque pas de faire grand bruit. Et n'empêchera peut-être pas le ministre du Redressement productif de dormir. Reste que deux unités chimiques implantées en France sont en passe d'être rayées de la carte, à l'heure où la réindustrialisation du pays est louée dans tous les discours politiques. Annoncé l'été dernier, le projet mondial de Kemira baptisé « Fit for growth », qui prévoit la suppression de 600 postes sur un total de 5 181 salariés, se déploie en France. Avec force. Le projet envisage la fermeture pure et définitive de deux des trois sites français de production du chimiste finlandais. Fin juin 2013, l'usine de Sausheim (Haut-Rhin) cesserait ses activités de fabrication de produits anti-mousse, notamment pour l'industrie papetière, et de dispersants. Ces productions seraient transférées en partie sur des sites de Kemira à Swiecie, en Pologne, à Vaasa, en Finlande, et à Botlek, aux Pays-Bas. 19 emplois industriels, de la branche Kemira Chimie, et 3 postes commerciaux, de la division Kemira France, seraient supprimés. Une poignée de postes administratifs ou commerciaux seraient conservée. La seconde unité menacée est également alsacienne. A Lautebourg (Bas-Rhin), les activités de production seraient graduellement arrêtées entre le premier trimestre et la fin 2013. Ces productions de coagulants minéraux pour le traitement de l'eau et d'émulsions pour le collage du papier seraient transférées sur un site de Bayer à Dormagen, en Allemagne, pour bénéficier d'une intégration en acide chlorhydrique. Les 14 postes du site seraient intégralement voués à disparaître. Au total, environ 35 salariés de Kemira en France, sur les 80 recensés actuellement, seraient remerciés. D'autant qu'aucun projet de cession des deux usines à un éventuel repreneur n'est sur la table.

« Deux usines viables »

« Fit for growth » est avant tout destiné à améliorer la profitabilité de Kemira, lequel vise une marge d'Ebit (résultat d'exploitation) de plus de 10 %, et une croissance supérieure à 3 % dans les marchés matures et au-dessus de 7 % dans les émergents. D'ici à 2014, son plan, estimé à 85 M€, devrait permettre de réduire ses coûts annuels de 60 M€. L'amélioration de son dispositif industriel, qui contribuerait à hauteur de 50 % des économies de coûts, se concentrera essentiellement en Europe. Chez les salariés français, l'incompréhension et le sentiment de gâchis dominent. Selon eux, ces deux usines sont « viables », affirme Nicole Santoni, déléguée du personnel FO de Kemira Chimie. « Nous ne comprenons pas la stratégie du groupe, ces usines sont parfaitement rentables, avec des salariés qui disposent de la connaissance des produits et des marchés », contrairement à certains sites prévus pour accueillir ces productions, poursuit-elle. De source syndicale, Sausheim et Lauterbourg présentent des bilans comptables tout sauf honteux : respectivement 13 M€ et 10,6 M€ de chiffre d'affaires, pour des marges brutes de 5 M€ et 3,6 M€, et des frais fixes de 1,5 M€ et 1,8 M€ prévus en 2012.
 

Depuis l'annonce du projet du groupe finlandais le 19 novembre, les deux unités concernées sont bloquées et en grève illimitée. Les salariés de la troisième unité française de Kemira en France, à Pierre-Bénite (Rhône), acquise auprès d'Arkema en 2007 et qui produit des coagulants minéraux, se sont également mis en grève. Pour l'heure, les organisations syndicales ont alerté les collectivités locales. Et n'excluent pas de réveiller le ministre.

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