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Klearia démocratise la technique de laboratoire sur puce

Dinhill On

KLEARIA EN CHIFFRES

- Création en 2012

- Effectif : 3 salariés + 1 en cours de recrutement

- Financement ANR + ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche + Oséo : 700 000 €.

- Effectif prévu en 2015 : 10 collaborateurs

- Chiffre d'affaires prévisionnel en 2015 : environ 1 million d'euros

Klearia démocratise la technique de laboratoire sur puce

Klearia est parvenu à élaborer un procédé de revêtement de ses puces pour en faire des microélectrodes.

© © Klearia

La start-up Klearia a développé une technologie innovante de laboratoire sur puce. Une innovation que la société voudrait commercialiser pour les applications de microfluidique et de chimie de synthèse.

Et si le tube à essai utilisé en laboratoire prenait la forme d'une puce électronique ? C'est ce que la start-up Klearia veut démocratiser dans les années à venir pour tous les laboratoires de R&D et d'analyse. Le MIT a identifié en 2001 le concept de laboratoire sur puce comme « l'une des 10 techniques émergentes qui vont changer le monde ». Issue du CNRS, la société créée en décembre 2012 a développé une technologie innovante de laboratoire sur puce dont la première gamme commercialisée s'appelle LabInGlass. Tout a commencé avec des travaux réalisés en 2009 au Laboratoire de photonique et de nanostructures du CNRS. « Lors de mon doctorat de physique, j'étais parvenu à fabriquer dans du verre et à basse température (100-300 °C) des puces microfluidiques, plus stables dans le temps que les autres matériaux disponibles à l'époque », raconte Clément Nanteuil, p-dg de Klearia. Avant de continuer : « Le procédé de fabrication a ensuite été breveté, et nous avons reçu un financement de 400 000 € pour faire maturer le projet, ce qui a conduit à la création de la société en 2012 ». Outre la prouesse de fabriquer les puces microfluidiques dans du verre (D263, Pyrex 7740, silice fondue, etc.), la start-up Klearia a également réussi à faire en sorte que les puces puissent intégrer un certain nombre d'instruments pour faciliter l'automatisation. En effet, elle a développé une technique compatible avec le procédé de fabrication, qui permet sur le verre de concevoir et de structurer une couche de revêtement métallique (or, platine, etc.), de diélectrique (nitrure de silicium, oxyde d'indium dopé à l'étain, etc.) ou carbonée (carbone azoté). Le dépôt de ces différents types de couches permet ainsi de faire de ces puces des microélectrodes.

De sa technologie LabInGlass, Klearia a élaboré deux types de produits : des microréacteurs et des capteurs électrochimiques. « Avec notre technologie, nous souhaitons toucher des applications de la chimie de synthèse et de l'analyse », explique Clément Nanteuil. Avant d'ajouter : « Notre gamme LabInGlass se destine en premier lieu aux laboratoires de recherche

Intensifier le procédé

 

Le principe de fonctionnement du dispositif s'appuie sur une intensification de procédé. « Nos produits LabInGlass s'apparentent à des microtubes à essais, sauf que l'on y met des microgouttelettes pour effectuer les réactions. Cela permet de diminuer le coût d'usage : pour un même coût, il est par exemple possible d'effectuer 3 à 5 fois plus de mesures ou de réactions », détaille le p-dg de Klearia. Avant d'ajouter : « Cela permet également de générer des gains en termes de sécurité, en consommation de matières premières et en rendement ».

Si en chimie de synthèse, Klearia ne cible pour l'instant que des applications pour la « chimie thérapeutique », elle sait que sa technologie peut potentiellement servir dans une multitude de secteurs sous sa forme de capteur. « En chimie analytique, notre technologie peut notamment servir pour contrôler la qualité de l'eau potable, des rejets industriels ou d'huiles destinées à l'agroalimentaire », indique Clément Nanteuil. Avant de développer : « A court terme, nous ciblons notamment le marché de l'eau. Un premier produit devrait sortir d'ici 12 à 18 mois pour suivre les traces de métaux lourds et de pesticides. Et nous prévoyons d'ici 24 mois de mettre au point un système pour détecter les polluants émergents tels que le bisphénol A ou les médicaments ». La société est lauréate 2013 du Concours national d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes en catégorie Création Développement du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et d'Oséo pour ce programme d'innovation. A plus long terme, Klearia pourrait également développer sa technologie pour les applications de diagnostic. La start-up souhaite aussi proposer des prestations de services, en établissant un bureau d'études pour les intégrateurs d'équipements. « L'objectif est de fournir la microfluidique à d'autres sociétés pour qu'elles puissent l'utiliser et intégrer cet élément à leur propre technologie », indique le p-dg de Klearia.

Pour soutenir sa croissance, la société va d'ici la fin de l'année ajouter un collaborateur supplémentaire à son équipe de trois salariés. « Notre objectif est de porter l'effectif de la société à une dizaine de collaborateurs et de générer un chiffre d'affaires de l'ordre du million d'euros d'ici à trois ans. Nous prévoyons également à cette échéance une première levée de fonds, qui servira à construire une unité de production industrielle (1 000 puces par jour) et son développement à l'international », développe Clément Nanteuil.

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