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L'Achema donne un aperçu de la production chimique du futur

À Francfort (Allemagne), Dinhill On

Le salon triennal sur les équipements de procédés pour la chimie s'est tenu du 11 au 15 juin à Francfort en Allemagne. Placée sous le signe de la transformation de la production chimique, cette édition a notamment fait part des dernières tendances du secteur en matière de solutions.

Des fournisseurs qui proposent des équipements et solutions de plus en plus ancrés dans le digital, offrant de nouvelles possibilités aux chimistes. C'est ce qui ressort de la dernière édition de l'Achema qui s'est déroulée du 11 au 15 juin 2018 à Francfort (Allemagne). Cette année, plus de 145 000 visiteurs sont venus rencontrer les 3 737 exposants provenant de 55 pays. L'ensemble des personnes présentes sur le salon a également eu l'occasion d'assister aux différentes conférences organisées par la Dechema, association organisatrice de l'événement. Ainsi, plusieurs grandes tendances ont pu être observées : à savoir la digitalisation, les nouvelles méthodes de production et l'intégration plus poussée de la supply chain. La tendance à la digitalisation des procédés industriels s'est observée au niveau des conférences sur le sujet qui ont attiré avec succès un large public. C'est au cours de l'une d'entre elles que le spécialiste des gaz industriels Linde a pu faire part de sa stratégie de transformation digitale. « Depuis deux ans, nous dirigeons un projet permettant d'inscrire une grande entreprise comme la nôtre dans le numérique. Nous menons ainsi nos initiatives selon trois axes : faire de la donnée une valeur ajoutée, améliorer la productivité et la connectivité », explique Philipp Karmires, chef de la digitalisation chez Linde. De son côté, Merck KGaA mise sur la science des données pour se développer, comme l'indique James Kugler, chief digital officer au sein du groupe allemand : « Avant d'être dans le giron de Merck KGaA, la société Sigma-Aldrich conduisait une stratégie sur le digital appuyée sur deux principaux axes : l'e-commerce et la sciences des données. Voyant le potentiel du numérique sur nos propres opérations, nous avons investi dans des compétences en sciences informatiques pour mieux conduire nos projets sur la data science ». Les différents intervenants invités à s'exprimer sur le sujet sont tous unanimes : les outils digitaux transforment le business model de l'industrie chimique, en permettant de créer davantage de valeur au client.

Vers une production plus modulaire et flexible

Cette tendance de la digitalisation s'est retrouvée chez une grande partie des exposants. Dans les travées du salon, bon nombre de stands proposaient de faire découvrir leurs innovations au travers de lunettes de réalité augmentée ou virtuelle. Au niveau des fournisseurs d'équipements, la production flexible est une tendance phare qui s'est dégagée. Certains exposants ont présenté de nouveaux équipements de procédés modulaires. C'est le cas notamment de la spécialiste des turbocompresseurs Aerzen avec sa gamme Alpha Blower composée de 104 modèles différents. Ces surpresseurs modulaires à pistons rotatifs sont capables de procurer un débit de 9 000 jusqu'à 77 000 m3/h sur une plage de pressions comprise entre -800 mbar et +1 000 mbar. Un éventail de capacités obtenues rien qu'en changeant le type de piston, les rotors, ou encore la longueur des cylindres. La tendance de la production flexible se traduit également par une recrudescence des équipements dits « intelligents » capables de remonter des informations pour un ajustement en temps réel. C'est ainsi qu'Andritz, expert en équipements de séparation, a fait découvrir son système de contrôle Metris AddiQ basé sur l'Internet des objets, auquel le groupe a implémenté des packages digitaux. La société propose via ces solutions d'analyser les données recueillies sur le terrain afin de faciliter l'optimisation et la maintenance préventive. De son côté, le groupe Veolia a lancé une solution de suivi des procédés liés au traitement d'eau : AquaVista. « Il s'agit d'une prestation qui permet de gérer en temps réel l'ensemble des actifs "eau" via de l'agrégation et l'analyse de données provenant d'installations. Elle permet de diminuer les coûts opérationnels liés à la consommation énergétique, d'optimiser la production de boues et d'accroître la flexibilité du procédé en fonction de la variation de la charge des effluents à traiter », explique Ivy Latour, responsable Customer Experience et Marketing chez Veolia Water Technologies. Selon le groupe, cette solution cloud Aquavista permettrait de réduire la consommation d'énergie pour l'aération jusqu'à 25 %, celle pour le pompage interne de 75 % ainsi que l'usage de produits chimiques de 100 %.

La supply chain de plus en plus intégrée

Parmi les autres tendances entrevues à l'Achema, l'intérêt pour la supply chain chez les fournisseurs est également de plus en plus marqué. Autrefois perçue comme un aspect extérieur à la production en elle-même, la logistique est un maillon à part entière de la chaîne de valeur de la production. C'est avec cette philosophie que Yokogawa a présenté sa solution Synaptic Business Automation. Cette innovation permet de faire collaborer les différentes business units via l'agrégation et l'intégration de données. Ce qui favorise l'optimisation sur l'ensemble de la chaîne de valeur, rend plus flexibles les procédés de production et la supply chain, optimise la gestion des actifs et réduit les coûts liés aux infrastructures. Un autre volet technologique est le suivi en temps réel des produits ou échantillons à l'instar de ce qui se fait en production. Comme l'illustre la solution Denios Connect présentée par le groupe éponyme. Il s'agit d'une prestation de services permettant de surveiller les conditions d'entreposage de substances chimiques par le biais de capteurs. En outre, Denios propose d'optimiser la gestion de l'entrepôt à partir des données sur la dangerosité des produits, les contraintes des opérateurs, ou encore la configuration de la salle.

Une frontière ténue entre chimie et biotechnologie

Enfin, une dernière tendance technologique réside dans le rapprochement entre la biotechnologie et la chimie. Ainsi, la société GEA a présenté un décanteur spécial, capable d'obtenir de la glycérine de haute qualité, coproduite lors de la fabrication de biodiesel. Autre exemple avec Ekato, qui a exposé un photoréacteur agité pour la synthèse chimique. À l'aide de LED, cet équipement permet une production de composés plus efficace et sans l'usage de catalyseurs. En outre, cette édition de l'Achema a été le théâtre de nombreuses conférences sur la chimie durable. Par exemple, le chimiste Covestro a présenté ses développements dans la synthèse d'aniline 100 % renouvelable pour la fabrication de mousses polyuréthanes. Dernier cas avec le consortium européen de recherche ERA CoBioTech. Ce dernier a présenté son projet de R&D Merit visant à synthétiser de la forskoline (diterpène) à partir de micro-algues.

L'édition 2018 de l'Achema a permis de prendre conscience du rôle du digital dans le changement des business model et de la production chimique. En outre, elle a témoigné de l'amincissement de la frontière entre chimie et biotechnologie, via le prisme de la chimie durable qui fait l'objet d'un intérêt toujours plus croissant. Cela tombe bien, cette thématique s'inscrit au coeur de la prochaine édition du prochain AchemAsia prévue du 21 au 23 mai 2019. ?

L'ACHEMA EN CHIFFRES

Plus de 3 700 exposants 55 pays REPRÉSENTÉS Près de 145 000 visiteurs ENVIRON 800 CONFÉRENCES Près de 132 000 m 2 de stands

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