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L'Afrique loin des projecteurs

Julien Cottineau

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Les gigantesques projets chimiques ne se limitent ni à l'Asie, ni à l'Amérique renaissante, dopée aux gaz de schiste. Discrètement, des projets évalués à plusieurs milliards de dollars se profilent aussi en Afrique. Sur le continent, l'Afrique du Sud et le Maghreb se taillent la part du lion en terme de présence sur l'échiquier de l'industrie chimique. La troisième zone principale concerne l'Afrique de l'Ouest, où se concentrent actuellement parmi les plus grands projets, souvent sans grande publicité. Avec le développement de l'exploitation des ressources gazières dans la zone, et les besoins de l'agriculture, ce sont les développements dans les engrais qui semblent tenir le haut du pavé.
 

« Développements dans les engrais »

 

Le dernier projet phare annoncé concerne celui de Brass Fertilizer, groupe détenu par des investisseurs institutionnels et des acteurs internationaux. On y trouve en l'occurrence l'ingénieriste danois Haldor Topsoe, lequel vient de s'engager, à la tête d'un consortium danois, à participer au design et à la construction du projet central de Brass Fertilizer. Il s'agira de construire sur l'île de Brass, dans le delta du Niger au Nigeria, un complexe d'urée et de méthanol dans le cadre d'un investissement de 3,5 Mrds $. Le complexe doit être édifié en deux phases. La première, prévue pour être finalisée en 2018, consistera à construire une unité d'urée d'une capacité de 1,3 million de tonnes par an, une unité de méthanol de 1,75 Mt/an, ainsi qu'une usine de traitement de gaz alimentée directement par pipeline depuis un champ exploité par Shell. La seconde phase, envisagée cinq ans après, prévoit d'ajouter une unité d'urée de taille similaire à la première.

 

Au Cameroun, la société pétrolière Bowleven basée à Édimbourg (Écosse) a, elle, annoncé avoir reçu le feu vert définitif des autorités pour alimenter un projet national d'engrais à partir d'un bassin off-shore gazier. Le projet est mené par la Société Nationale des Hydrocarbures en partenariat avec l'Allemand Ferrostaal et consiste en la construction d'un complexe de 600 000 t/an d'ammoniac et de 700 000 t/an d'urée, précise Chemical Week. La mise en service serait entrevue pour 2017.

 

De nombreux grands autres projets de ce type sont à l'étude en Afrique. Tous ne seront pas concrétisés. Récemment, des groupes indiens ont d'ailleurs jeté l'éponge. C'est le cas de Tata Chemicals qui a finalement renoncé au printemps à s'impliquer dans un complexe au Gabon après trois ans d'hésitation. C'est le cas aussi de Rashtriya Chemicals et Fertilisers qui vient d'annoncer, selon la presse indienne, son retrait dans un projet de 1 Mrd $ pour un complexe d'engrais au Ghana, le gouvernement local ne parvenant finalement pas à garantir l'approvisionnement en gaz.

Avec plus d'un milliard d'habitants, et malgré ces projets d'envergure, le continent africain paraît pourtant encore insignifiant sur le marché mondial de la chimie. Le Cefic ne distingue pas la part africaine dans les ventes mondiales. Elle est noyée avec celle du « Reste du monde », laquelle s'élève à 1,9% sur un colossal marché de 3 127 Mrds € en 2012. Ce qui est déjà loin de la seule Amérique latine (4,6%), évidemment faible par rapport à l'Amérique du Nord (16,8%) ou l'Europe (21,5%), et à des années lumières de l'Asie (55,2%). Autre donnée notable, issue de l'OMC : la part des produits chimiques dans le total des exportations africaines de marchandises ne s'élevait qu'à 3,4% en 2012. Le continent africain est toutefois une des véritables zones de croissance dans le monde et dispose d'importantes ressources naturelles. Il serait étonnant que l'industrie chimique ne s'y développe pas plus à l'avenir.

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