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L'agrochimie toujours en effervescence

L'agrochimie toujours en effervescence

Le 12 mai, le cours de l'action Monsanto s'envolait à Wall Street en raison de rumeurs de rachat. Bloomberg News venait en effet d'annoncer que Bayer envisageait de faire une offre de 40 milliards de dollars pour fusionner avec le spécialiste américain des OGM. Le groupe allemand a confirmé, le 19 mai, « des discussions privées » avec les dirigeants de Monsanto. Bloomberg News n'excluait pas une contre-offre de BASF qui serait également sur le dossier. Monsanto est le découvreur du glyphosate, matière active de l'herbicide Roundup, dont la mise sur le marché remonte à 1974. Tombé dans le domaine public depuis longtemps, c'est l'un des herbicides à large spectre les plus utilisés dans le monde, représentant environ 25 % du marché mondial des désherbants. « Fréquemment employés en agriculture, il constitue une manière simple et économique de lutter contre des mauvaises herbes qui, autrement, persisteraient pendant des années » expliquent ses partisans, regroupés au sein du GTF (groupe de travail sur le glyphosate).

Si les rumeurs disent vrai, cela signifierait que les deux groupes allemands ne seraient en rien effrayés par la confusion qui règne en Europe autour de cet herbicide, accusé de faire peser des risques sur la santé. Il est vrai que de récents rapports tendent à l'innocenter, même si ses détracteurs invoquent toujours le poids des lobbys. L'Anses a, par exemple, publié le 12 février 2016 un rapport d'expertise expliquant que le classement du glyphosate comme « cancérogène probable » n'était pas justifié. Elle avait ainsi rejoint l'avis de son homologue européen (EFSA) du 12 novembre 2015 qui avait déjà établi que le potentiel cancérogène était improbable. En attendant, l'autorisation du glyphosate en Europe expire en juin de cette année, mais sa reconduction est en cours d'examen. Ce ne sera peut-être que pour neuf ans au lieu des quinze ans espérés par les producteurs, mais le glyphosate ne disparaîtra pas de si tôt de nos champs.

Il est aussi vrai que les agrochimistes ne sont plus à une polémique près sur leurs produits. Bayer est toujours sur la sellette pour avoir inventé les insecticides de la famille des néonicotinoïdes, dont certains sont tenus responsables de l'extinction des abeilles, alors que les agriculteurs ne savent plus trop comment s'en passer. Quant à BASF, on se rappelle qu'il s'était battu pendant dix ans pour imposer en Europe sa pomme de terre OGM Amflora riche en amidon, pour finalement perdre son autorisation de mise sur le marché. Une décision qui nous a privés d'une variété de pomme de terre plus respectueuse de l'environnement. D'une part, elle aurait permis d'utiliser moins de terres arables pour obtenir la même quantité d'amidon. D'autre part, on aurait économisé l'eau et l'énergie nécessaires à la séparation de l'amidon et de l'amylose, la partie indésirable.

En ce moment, c'est donc la course au gigantisme qui fait loi. Rappelons que les Américains Dow Chemical et DuPont sont en cours de rapprochement pour tenter de faire émerger un poids lourd de la chimie de quelque 130 milliards de dollars qui pèserait 19 milliards de dollars dans les produits pour l'agriculture, c'est-à-dire phytosanitaires et semences. Quant à Syngenta, la société américaine a refusé, par trois fois, les avances de Monsanto, pour préférer se marier avec ChemChina. Les vues sur Monsanto ravivent l'effervescence qui règne en agrochimie, secteur d'autant plus stratégique qu'en 2050 il faudra nourrir 9 milliards d'humains.

 

« En ce moment, c'est la course au gigantisme qui fait loi ».

 

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