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L'Alberta fait de l'oeil aux pétrochimistes

JulienCottineau

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L'Alberta fait de l'oeil aux pétrochimistes

© Inter Pipeline

L'Amérique du Nord ne se limite pas aux États-Unis. Dans le contexte des investissements colossaux engagés depuis plusieurs années dans la région, grâce à la révolution des gaz de schiste, le Canada rappelle qu'il existe aussi. En premier lieu, la province de l'Alberta qui, si elle n'est pas aussi imposante que le Texas ou la Louisiane pour la pétrochimie, a également de quoi faire valoir. À elle seule, elle détient 43 % des capacités canadiennes de chimie de base. Le secteur pétrochimique se pose en premier pôle industriel régional, employant 7 500 salariés et exportant pour plus de 8 milliards de dollars canadiens (CAD, 5,4 Mrds €) par an. Les capacités installées d'éthylène dépassent les 4 millions de tonnes par an grâce à quatre vapocraqueurs sur base éthane. Dow, Shell, Nova ou encore MEGlobal font partie des grands acteurs déjà sur place. L'Alberta vient ainsi de remettre à jour son programme d'incitations aux investissements en pétrochimie sur son territoire. Le 20 novembre, l'enveloppe prévue pour aider les investisseurs à s'installer a été rallongée de 600 M CAD et atteint désormais 2,1 Mrds CAD (près de 1,4 Mrd €). Cette enveloppe est constituée de crédits d'impôts et de redevances, de prêts ou encore de subventions. L'ampleur de ce programme incitatif, démarré en 2016, a tout bonnement quadruplé en seulement deux ans. Il faut dire que les perspectives sont alléchantes. Selon le gouvernement provincial, 23 projets pétrochimiques sont actuellement à l'étude en Alberta, représentant des investissements potentiels de 60,2 Mrds CAD ! À la clé : 15 500 emplois pour la construction, 1 000 pour les opérations, et 284 M CAD par an en recettes fiscales annuelles. Rachel Notley veut se battre pour récupérer « chaque dollar issu de nos ressources en pétrole et gaz ». La première ministre de l'Alberta juge que pendant des décennies « nous avons vu les emplois et les investissements traverser la frontière sud. Le temps est venu de voir les choses en grand, d'agir et d'enfin plus valoriser notre énergie à domicile ».

Un des grands avantages de l'Alberta réside dans la richesse de son sous-sol, avec de formidables réserves conventionnelles d'hydrocarbures, en particulier de gaz naturel. Le gouvernement provincial évoque un potentiel de 564 millions de barils d'éthane, de 335 Mb de propane, et de 185 Mb de butane. De plus, la province travaille sur une possible exploitation des gaz de schiste, avec de réelles promesses en termes de réserves et de facilité d'extraction. Enfin, le gouvernement local assure que les coûts opérationnels pour une usine pétrochimique en Alberta sont compétitifs par rapport aux États-Unis ou même à l'Arabie Saoudite. C'est dire ! Dans un document publié au printemps, des fourchettes indicatives de prix et de durée pour l'implantation de projets greenfield et de taille mondiale étaient détaillées. Ainsi, pour un vapocraqueur sur base éthane et des unités de dérivés en aval, il faudrait compter entre 8 et 12 Mrds CAD, et tabler sur un délai de 7 à 9 ans avant la mise en service. Pour une usine de déshydrogénation de propane (PDH), cela varierait entre 3 et 5 Mrds CAD, pour des délais de 5 à 6 ans. Actuellement, deux projets majeurs sont en cours dans l'Alberta. Le groupe énergétique canadien Inter Pipeline s'est lancé depuis deux ans dans la construction d'un complexe de PDH, pour 3,5 Mrds CAD (voir photo). Et le Canadien Pembina Pipeline travaille depuis l'an dernier avec le Koweïtien Petrochemical Industries Company (PIC) pour un autre projet de complexe de PDH (CPH n°802).. L'investissement avoisine les 4 Mrds CAD. Ces deux projets, au passage, ont déjà centralisé un quart de l'enveloppe incitative de la province.

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