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L’Amérique toujours plein gaz

Julien Cottineau

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L'ouragan Harvey n’aura pas empêché l’industrie chimique américaine de croître en 2017. Hors produits pharmaceutiques, la production aura progressé de 0,8% entre 2016 et 2017, d’après la présentation, le 8 décembre, du bilan annuel publié par l’American Chemistry Council (ACC). Mais ce chiffre reste bien en deçà des performances de la chimie européenne, dont la croissance devrait dépasser les 3% (CPH n°825), et se montre très décevant par rapport à la prévision de 3,6% annoncée il y a un an (CPH n°785). Si on peut imaginer qu’Harvey a dû tout de même avoir un impact conséquent, l’ACC n’a pas détaillé dans sa présentation les raisons de cette faible progression. Tout comme elle ne s’attarde pas sur ce qui n’a pas forcément marché. Elle préfère citer l’augmentation de 3% de la production des spécialités en 2017, tirée par la demande des secteurs des adhésifs, de l’électronique ou encore de l’extraction minière et pétrolière. Ou souligner la hausse des exportations qui devrait permettre de dégager un excédent commercial de l’ordre de 32 milliards de dollars pour 2017, toujours hors pharmacie. Cette année, les flux à l’export ont augmenté de 4,9% à 127 Mrds $, tandis que les importations n’ont progressé que de 2,8%, à 96 Mrds $.
En réalité, l’ACC préfère regarder vers l’avenir. Car les perspectives américaines sont solides : 3,7% en 2018, 3,9% en 2019, avant une petite décélération en 2020 avec seulement 3%. La chimie de base, dont la production aura finalement été simplement stable en 2017, va bientôt profiter des capacités finalisées ou en cours de finalisation. Lesquelles devraient dynamiter la croissance. Les perspectives indiquent +4,7% en 2018 et +5,2% l’année suivante !
Selon Kevin Swift, économiste en chef de l’ACC et co-auteur du bilan 2017, la « chimie américaine chevauche une reprise synchronisée mondiale ». Et de poursuivre : « la production manufacturière a effectué un tournant, les investissements augmentent, et la production intérieure de pétrole et de gaz est en plein rebond. Ce qui offre des conditions idéales pour de formidables élans d’expansion et de dépenses d’investissements ». Le positivisme américain est toujours amusant. Mais dans le cadre de l’industrie chimique, le reste du monde a cessé depuis plusieurs années de ricaner. Transcendée par les gaz de schiste, la chimie américaine surfe sur une monumentale vague d’investissements. Depuis 2010, 320 projets de production chimique ont été annoncés, engageant un total de 185 Mrds $ de promesses d’investissement. À ce jour, près de 65% de ces efforts ont été finalisés ou sont en cours de construction. Et 62% de l’enveloppe proviennent d’investissements directs étrangers. En plus des engagements financiers dans les nouveaux projets, les États-Unis ont enregistré des dépenses d’investissements traditionnels de 38 Mrds $ en 2017, en progression de 6% sur un an. Une cadence qui devrait être encore plus vigoureuse ces prochaines années, pour atteindre 48 Mrds $ en 2022.
En 2017, le chiffre d’affaires de la chimie américaine devrait s’établir à 768 Mrds $. Soit un retrait de plus de 3% en glissement annuel, conséquence probable de la conjonction des prix plus bas, d’un dollar plus faible, et peut-être d’un effet Harvey. D’après l’ACC, grâce à la croissance programmée des capacités de production sur le sol américain et avec les perspectives établies, toutes deux supérieures aux moyennes annuelles sur vingt ans, la chimie américaine devrait atteindre la barre des 1 000 Mrds $ de ventes dans les cinq prochaines années.

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