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L'Anses a demandé des précisions à Osmobio

L.H.

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Trois ans. C'est le délai donné par le président français Emmanuel Macron pour développer des alternatives au glyphosate avant son interdiction dans l'Hexagone. La société Osmobio affirme dans plusieurs médias qu'elle détient déjà la solution : un herbicide à base d'actifs d'origine naturelle, dénommé « Nettoyant allées dallages », qui serait « aussi efficace que le glyphosate ». Jacques Le Verger, son fondateur, a déposé, en avril 2014, un dossier auprès de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), seul organisme habilité à délivrer une autorisation de mise sur le marché pour ce produit. « On nous a répondu qu'il était incomplet sans nous dire ce qui manquait », a déclaré Jacques Le Verger au quotidien Le Parisien, le 9 novembre 2017. Chose que l'Anses dément dans un récent communiqué : « L'Anses a en conséquence adressé à l'entreprise un courrier précisant la liste des éléments à fournir pour pouvoir démarrer la phase d'évaluation ». L'Agence rappelle que les produits de biocontrôle sont « soumis aux mêmes exigences d'évaluation des risques pour l'utilisateur et l'environnement que les produits phytopharmaceutiques contenant des substances obtenues chimiquement, car le fait d'utiliser des substances d'origine naturelle n'apporte pas de garantie d'absence de risque ».

En mars 2017, un nouveau document apportant des précisions en matière de composition et faisant référence à des essais réalisés par l'Ineris et la direction des routes de l'Ouest a été transmis à l'Anses. À la demande d'Osmobio, l'Ineris avait réalisé en 2012 des essais de toxicité et d'écotoxicité aiguë sur le produit, et n'avait pas classé le produit comme étant dangereux pour la santé humaine ou pour l'environnement. La direction des routes de l'Ouest, qui a mené une expérimentation sur différents sites, a déclaré à propos du produit d'Osmobio : « Il fait disparaître très rapidement les adventices pour plusieurs semaines et permet d'envisager un traitement limité à deux campagnes annuelles dans les secteurs où les techniques mécaniques sont inopérantes ou trop contraignantes. » Mais pour l'Anses, ce n'est pas suffisant : « Ces éléments ne correspondaient cependant pas aux éléments exigés par la réglementation et demandés depuis juin 2014. » Le cas d'Osmobio met en évidence un problème plus large, qui est celui de l'accès au marché du biocontrôle pour les TPE et les PME. « Un dispositif de soutien et d'accompagnement des TPE/PME pour la constitution des dossiers de demande d'autorisation serait souhaitable », souligne l'Anses.

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