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L'école des Mines de Nantes mise sur l'énergie et l'environnement

A Nantes, Dinhill On

L'École des Mines de Nantes a organisé une journée pour présenter ses activités de recherche et de formation dans le domaine de l'énergie et de l'environnement. L'occasion de présenter ses deux plateformes semi-industrielles Prever et SafeAir.

Contribuer au dynamisme économique durable du pays par la formation, la recherche et l'innovation. Telle est la mission que s'est fixée l'École des Mines de Nantes (Loire-Atlantique). Créé en 1990, cet établissement forme chaque année des ingénieurs de recherche dans deux domaines d'excellence que sont les sciences et technologies de l'information, et les sciences et technologies de l'énergie et de l'environnement.

Pour soutenir son activité de recherche, l'École des Mines de Nantes a investi dans une halle de recherches de 750 m2 pour les procédés pilotes et les bancs expérimentaux, ainsi que dans deux plateformes semi-industrielles : Prever et SafeAir. « La plateforme Prever est dédiée à l'étude de l'utilisation de déchets dans le but d'une valorisation énergétique, tandis que SafeAir s'intéresse davantage aux procédés d'amélioration de la qualité de l'air », précise Laurence Le Coq, responsable du département Systèmes énergétiques et environnement (DSEE) de l'École des Mines. Ayant coûté la bagatelle de 5 millions d'euros (1,5 M€ pour le bâtiment et 3,5 M€ d'équipements), Prever abrite des prototypes de démonstration et semi-industriels. Par exemple, on peut y trouver un pilote de laboratoire développé fonctionnant sur un procédé de pyrolyse de ressources sèches. « Ce dispositif d'une puissance de 20 KW, et capable de traiter 20 kg de déchets par heure, permet de récupérer du gaz, du charbon valorisé par gazéification ainsi que des cendres, valorisables en engrais », détaille Mouhant Tazrout, responsable de la plateforme Prever. Autre exemple de développement avec un pilote de liquéfaction hydrothermale pour la production de bitume à partir de résidus de microalgues.

« Nous menons notamment une étape de solvolyse à des conditions en-dessous du seuil supercritique (100 bar, 350 °C) », explique Mohant Ta zerout. Avant d'ajouter : « Avec ce type de procédé, il serait envisageable de produire des biocarburants pour les transports sous forme de biodiesel ou de biokérosène. Mais nous avons choisi pour l'instant de nous concentrer sur le biobitume pour des questions de rentabilité ». Enfin, Prever dispose d'un bioréacteur capable de recycler des déchets plastiques (polyéthylène, polypropylène) en carburants. Actuellement en cours de dépôt de brevet, il est basé entre autres sur des procédés de pyrolyse et condensation de gaz. « Avec ce réacteur, nous serions capables de produire un litre de carburant à partir d'un kilogramme de plastique », affirme Mohant Tazerout. Quant à la plateforme SafeAir, elle s'étend sur 150 m2 et se compose de six laboratoires dédiés à l'étude des procédés de traitement de l'air : une salle blanche, un laboratoire dédié à la microbiologie, un pour les composés toxiques et les polluants traces, un pour les nanoparticules, un pour la chimie et enfin un pour l'analyse physico-chimique. L'École des Mines mène actuellement sur SafeAir le programme de recherche Nanofluegas, qui vise à étudier l'émission de nanoparticules issues de fumées d'incinération.

 

Deux plateformes au service de deux équipes de R&D

 

Au cours de la journée de présentation des plateformes à Nantes, l'École a mis l'accent sur ses activités autour de l'énergie et de l'environnement, en présentant les recherches développées au sein du DSEE. Composé de 70 collaborateurs, il se scinde en deux équipes de R&D, comme l'indique Laurence Le Coq : « Notre département abrite deux équipes de R&D. La première travaille sur l'ingénierie de l'énergie tandis que l'autre se focalise sur l'ingénierie de l'environnement ». Dans le détail, l'équipe d'ingénieurs de l'environnement effectue des recherches sur les procédés de traitement de l'air et de purification des gaz (COV, particules toxiques, chimiques, etc.). Cette division étudie également le traitement des eaux usées (micropollution, eaux grises, etc.) ainsi que les mécanismes de transfert et d'interaction aux interfaces solide/fluide afin d'optimiser les procédés de séparation en termes de rendement et d'efficacité énergétique. « Nous effectuons des recherches sur les procédés d'élimination de polluants usuels (médias fibreux filtrants) et sur les procédés émergents (systèmes photocatalytiques à base de dioxyde de titane) », détaille Laurence Le Coq.

Quant à l'équipe Ingénierie de l'énergie, elle s'intéresse davantage aux technologies de production d'énergie : valorisation énergétique de déchets par voies thermochimiques ou biologiques, conversion énergétique des carburants ou combustibles alternatifs et enfin optimisation énergétique et environnementale des procédés de production d'énergie. « Les chercheurs de cette division travaillent aussi bien dans le prétraitement de la matière, que sur les procédés de conversion en énergie ou encore sur les procédés de traitement des émissions (gaz et particules) », indique Laurence Le Coq. Cette équipe cherche aussi à développer des systèmes énergétiques durables, via la modélisation des systèmes et l'évaluation des impacts énergétiques et environnement.

Avec ces deux plateformes, l'École des Mines de Nantes s'est dotée de moyens importants pour ses recherches dans le secteur de l'énergie et de l'environnement. Collaborant déjà avec plusieurs pays dans le cadre de l'enseignement, elle va ainsi développer davantage sa visibilité ainsi que celle de la recherche française auprès des industriels européens et internationaux.

LA RECHERCHE DE L'ÉCOLE DES MINES EN CHIFFRES

- 5 départements de recherche - 120 enseignants-chercheurs - 110 doctorants et 19 ATER ou post-doctorants - 628 publications annuelles dont 233 dans des revues scientifiques avec comité de lecture - 250 intervenants extérieurs - 7 M€ de contrats de recherche - 30 M€ de budget annuel pour l'École

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